Texte intégral
6ème chambreVu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par trois requêtes enregistrées les 19, 20 et 21 mars 2025, M. C... D... a demandé au tribunal administratif de Marseille, en premier lieu, d’annuler la décision en date du 6 décembre 2024 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé à l’encontre de la décision du directeur de la maison centrale d’Arles du 31 octobre 2024 refusant de le classer au travail pénitentiaire, ainsi que la décision implicite née le 18 décembre 2024 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé à l’encontre de la décision du 8 novembre 2024 par laquelle le directeur de la maison centrale d’Arles a refusé de l’affecter à un poste dans les cuisines, en deuxième lieu, d’annuler la décision implicite née le 3 janvier 2025 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé à l’encontre de la décision du directeur de la maison centrale d’Arles du 22 novembre 2024 refusant de l’affecter à un poste de la régie de confection B et, en troisième lieu, d’annuler la décision du 31 décembre 2024 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé à l’encontre de la décision du directeur de la maison centrale d’Arles du 6 décembre 2024 refusant de l’affecter à un poste d’auxiliaire sport.
Par trois ordonnances nos 2503125, 2503151 et 2503221 du 23 mai 2025, le président de la 10ème chambre du tribunal administratif de Marseille a rejeté ces demandes comme irrecevables et, dans les instances nos 2503125 et 2503151, retiré à M. D..., le bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Procédure devant la cour :
I. Par une requête enregistrée le 15 juillet 2025 sous le n° 25MA02000, M. D..., représenté par la société civile professionnelle Thémis Avocats & Associés, demande à la cour :
1°) d’annuler l’ordonnance n° 2503221 du 23 mai 2025 ;
2°) d’annuler la décision du 31 décembre 2024 du directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée ne peut être regardée comme une mesure d’ordre intérieur ;
- sa demande de première instance est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d’un vice d’incompétence ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’erreur de fait ;
- elle est entachée d’erreur d’appréciation.
Par une lettre en date du 5 septembre 2025, la cour a informé les parties qu’il était envisagé d’inscrire l’affaire à une audience qui pourrait avoir lieu d’ici au 31 décembre 2026, et que l’instruction était susceptible d’être close par ordonnance à compter du 30 septembre 2025.
Par ordonnance du 30 septembre 2025, la clôture de l’instruction a été prononcée avec effet immédiat.
La demande d’aide juridictionnelle de M. D... a été rejetée par une décision du 30 octobre 2025.
II. Par une requête enregistrée le 15 juillet 2025 sous le n° 25MA02003, M. D..., représenté par la société civile professionnelle Thémis Avocats & Associés, demande à la cour :
1°) d’annuler l’ordonnance n° 2503151 du 23 mai 2025 ;
2°) d’annuler la décision implicite du 3 janvier 2025 du directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée ne peut être regardée comme une mesure d’ordre intérieur ;
- le retrait de l’aide juridictionnelle est entaché d’erreur d’appréciation ;
- sa demande de première instance est recevable ;
- la décision administrative attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’erreur de droit ;
- elle est entachée d’erreur d’appréciation.
Par une lettre en date du 5 septembre 2025, la cour a informé les parties qu’il était envisagé d’inscrire l’affaire à une audience qui pourrait avoir lieu d’ici au 31 décembre 2026, et que l’instruction était susceptible d’être close par ordonnance à compter du 30 septembre 2025.
Par ordonnance du 30 septembre 2025, la clôture de l’instruction a été prononcée avec effet immédiat.
La demande d’aide juridictionnelle de M. D... a été rejetée par une décision du 30 octobre 2025.
III. Par une requête enregistrée le 15 juillet 2025 sous le n° 25MA02005, M. D..., représenté par la société civile professionnelle Thémis Avocats & Associés, demande à la cour :
1°) d’annuler l’ordonnance n° 2503125 du 23 mai 2025 ;
2°) d’annuler les décisions du 6 décembre 2024 et du 18 décembre 2024 du directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ne peuvent être regardées comme des mesures d’ordre intérieur ;
- le retrait de l’aide juridictionnelle est entaché d’erreur d’appréciation ;
- sa demande de première instance est recevable ;
- la décision du 6 décembre 2024 est entachée d’un vice d’incompétence ;
- cette décision est entachée d’erreur de fait et d’erreur d’appréciation ;
- la décision du 18 décembre 2024 est injustifiée.
Par une lettre en date du 5 septembre 2025, la cour a informé les parties qu’il était envisagé d’inscrire l’affaire à une audience qui pourrait avoir lieu d’ici au 31 décembre 2026, et que l’instruction était susceptible d’être close par ordonnance à compter du 30 septembre 2025.
Par ordonnance du 30 septembre 2025, la clôture de l’instruction a été prononcée avec effet immédiat.
La demande d’aide juridictionnelle de M. D... a été rejetée par une décision du 30 octobre 2025.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Renaud Thielé, rapporteur,
- les conclusions de M. François Point, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 octobre 2024 et le 6 novembre 2024, M. D..., incarcéré au sein de la maison centrale d’Arles, a demandé à être classé au travail pénitentiaire puis affecté à un poste des cuisines. Ces demandes ont été rejetées par deux décisions du chef d’établissement du 31 octobre 2024 et du 8 novembre 2024, au motif, pour la première de ces décisions, que « suite aux derniers incidents qui ont eu lieu lors de [son procès devant la cour d’assises] (agression d’un gradé, trois semaines de [quartier disciplinaire], par mesure de bon ordre et de sécurité, la demande de travail n’est pas accepté » et au motif, pour la seconde, que le classement au poste des cuisines devait être refusé par voie de conséquence. Le 18 novembre 2024, M. D... a saisi le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille des recours administratifs préalables obligatoires prévus par l’article R. 412-18 du code pénitentiaire. Par une décision expresse du 6 décembre 2024 et une décision implicite du 18 décembre 2024, le directeur interrégional a rejeté ces deux recours. Le 19 novembre 2024, M. D... a demandé à être affecté à un poste de la régie « Confection B ». Cette demande a été rejetée par une décision du 22 novembre 2024 au motif qu’un autre candidat lui avait été préféré. Le 3 décembre 2024, M. D... a saisi le directeur interrégional d’un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, recours qui a été laissé sans réponse et a ainsi donné lieu à une décision implicite de rejet intervenue le 3 janvier 2025. Le 2 décembre 2024, M. D... a demandé à être affecté à un poste d’auxiliaire « Sport » pour une activité de nettoyage du gymnase et du terrain de sport de l’établissement. Par une décision du 6 décembre 2024, le directeur de la maison centrale a rejeté cette demande au motif que « la personne détenue (…) n’a pas encore été autorisée à travailler suite aux incidents qu’il a causé lors de sa translation judiciaire aux assises de Toulouse » et que « sa demande d’autorisation à travailler devrait être à nouveau étudiée à la [commission pluridisciplinaire unique] du 13 décembre 2024 ». M. D... a contesté cette décision devant le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille. Ce recours administratif préalable obligatoire a été rejeté par une décision en date du 31 décembre 2024, au motif qu’« aucune décision de refus de classement au travail pénitentiaire n’a été prise le 6 décembre 2024 », et que le recours administratif était donc irrecevable. Par trois ordonnances nos 2503125, 2503151 et 2503221 du 23 mai 2025, dont M. D... relève appel dans les instances n° 25MA02005, 25MA02003 et 25MA02000, le président de la 10ème chambre du tribunal administratif de Marseille a rejeté comme manifestement irrecevables, en premier lieu, ses demandes tendant à l’annulation des décisions du 6 décembre 2024 et du 18 décembre 2024, en deuxième lieu, sa demande tendant à l’annulation de la décision du 3 janvier 2025 et, en troisième lieu, sa demande tendant à l’annulation de la décision du 31 décembre 2024. Ces trois instances d’appel présentant des questions semblables à juger, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul arrêt.
Sur la régularité des ordonnances attaquées :
2. Aux termes de l’article L. 412-1 du code pénitentiaire : « Les activités de travail sont prises en compte pour l’appréciation des efforts sérieux de réinsertion et de la bonne conduite des personnes détenues condamnées. / Au sein des établissements pénitentiaires, toutes dispositions sont prises pour assurer une activité professionnelle aux personnes détenues qui en font la demande. A cet effet, celles-ci bénéficient de l’accès aux ressources pédagogiques nécessaires, y compris par voie numérique. / Le chef de l’établissement pénitentiaire s’assure que les mesures appropriées sont prises, en matière d’accès à l’activité professionnelle, en faveur des personnes détenues en situation de handicap. (…) ». Aux termes de l’article L. 412-5 du même code : « Chaque personne détenue qui souhaite exercer un travail en détention pour un donneur d’ordre mentionné par les dispositions de l’article L. 412-3 adresse une demande à l’administration pénitentiaire. / Cette demande donne lieu à une décision de classement ou de refus de classement au travail prise par le chef de l’établissement pénitentiaire, après avis de la commission pluridisciplinaire unique. La décision de classement précise les régimes selon lesquels la personne détenue peut être employée : service général, concession, service de l’emploi pénitentiaire, insertion par l’activité économique, entreprise adaptée, établissement ou service d’accompagnement par le travail. / Une liste d’attente d’affectation est constituée dans chaque établissement pénitentiaire. La décision de refus de classement est motivée. Cette décision est susceptible de recours. ». L’article R. 412-18 du même code dispose : « La personne détenue qui entend contester une décision de refus de classement, de déclassement, de refus d’affectation ou de fin d’affectation dont elle fait l’objet doit, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision, la déférer au directeur interrégional des services pénitentiaires préalablement à tout recours contentieux. Le directeur interrégional dispose d’un délai d’un mois à compter de la réception du recours pour répondre par décision motivée. L’absence de réponse dans ce délai vaut décision de rejet ».
3. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 412-5 et R. 412-18 du code pénitentiaire que les décisions de refus de classement constituent, quel qu’en soit le motif, des décisions susceptibles de faire l’objet d’un recours contentieux. Il se déduit des dispositions de l’article R. 412-18 que les décisions de refus d’affectation à un poste de travail constituent également des décisions susceptibles de faire l’objet d’un recours contentieux.
4. Dès lors, M. D... est fondé à soutenir que c’est à tort que, par les ordonnances attaquées, le président de la 10ème chambre du tribunal administratif de Marseille a rejeté ses demandes comme manifestement irrecevables. Il y a donc lieu pour la cour d’annuler ces ordonnances, y compris en tant qu’elles retirent à M. D... le bénéfice de l’aide juridictionnelle qui lui avait été accordée ou refuse la transmission de la demande d’aide juridictionnelle, et d’évoquer les litiges pour y statuer immédiatement.
Sur la légalité de la décision du 6 décembre 2024 :
5. Il ressort des pièces du dossier que, par cette décision, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille a rejeté le recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 31 octobre 2024 du directeur de la maison centrale d’Arles rejetant la demande de M. D..., présentée le 30 octobre 2024, tendant à être classé au travail pénitentiaire.
6. En premier lieu, le directeur interrégional adjoint, M. B... A..., signataire de la décision contestée, bénéficiait d’une délégation de signature accordée par l’article 14 de l’arrêté ministériel du 29 novembre 2024 portant délégation de signature, dûment publié le surlendemain au Journal officiel. Le moyen tiré du vice d’incompétence doit donc être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l’article L. 412-5 du code pénitentiaire : « Chaque personne détenue qui souhaite exercer un travail en détention pour un donneur d’ordre mentionné par les dispositions de l’article L. 412-3 adresse une demande à l’administration pénitentiaire. / Cette demande donne lieu à une décision de classement ou de refus de classement au travail prise par le chef de l’établissement pénitentiaire, après avis de la commission pluridisciplinaire unique. La décision de classement précise les régimes selon lesquels la personne détenue peut être employée : service général, concession, service de l’emploi pénitentiaire, insertion par l’activité économique, entreprise adaptée, établissement ou service d’accompagnement par le travail. / Une liste d’attente d’affectation est constituée dans chaque établissement pénitentiaire. La décision de refus de classement est motivée. Cette décision est susceptible de recours. ». Aux termes de l’article R. 412-8 du même code : « La décision par laquelle le chef de l’établissement pénitentiaire se prononce sur une demande de classement est notifiée par écrit à la personne détenue intéressée. / Une décision de refus de classement peut être prononcée pour des motifs liés au bon ordre et à la sécurité de l’établissement. Cette décision est motivée. ».
8. Le juge de l’excès de pouvoir exerce sur les motifs d’un refus de classement un contrôle de l’erreur de droit, de l’erreur de fait, de l’erreur manifeste d’appréciation et du détournement de pouvoir.
9. Si M. D... « conteste formellement avoir eu un comportement inapproprié lors de son audience », il ne remet pas sérieusement en cause les faits précis qui lui sont imputés, et qui tiennent à l’agression d’un agent gradé des services pénitentiaires lors de sa translation judiciaire aux assises de Toulouse. Le moyen tiré de l’inexactitude matérielle des faits qui fondent la décision en litige ne saurait dès lors être accueilli.
10. Par ailleurs, la circonstance que les faits en cause se sont déroulés en-dehors du centre de détention est sans incidence sur la légalité de la décision contestée, qui se fonde sur le comportement agressif de M. D... révélé notamment par la violence dont il a fait preuve à cette occasion.
Sur la légalité de la décision implicite du 18 décembre 2024 :
11. Par cette décision, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille a implicitement rejeté le recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 8 novembre 2024 du directeur de la maison centrale d’Arles rejetant la demande de M. D... tendant à être affecté à un poste des cuisines.
12. Compte tenu de la légalité de la décision de refus de classement au travail pénitentiaire opposée à M. D..., le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille a pu valablement, par voie de conséquence, confirmer le refus d’affectation de l’intéressé sur le poste sollicité. Le moyen tiré de l’erreur de droit entachant la décision ne peut donc qu’être écarté.
Sur la légalité de la décision implicite du 3 janvier 2025 :
13. Le 19 novembre 2024, M. D... a demandé à être classé sur un poste de la régie « Confection B ». Cette demande a été rejetée par une décision du 22 novembre 2024 au motif qu’un autre candidat lui avait été préféré. Le 3 décembre 2024, M. D... a saisi le directeur interrégional d’un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, recours qui a été rejeté par une décision implicite intervenue le 3 janvier 2025.
14. En premier lieu, M. D... ne peut utilement invoquer l’insuffisante motivation de la décision du 22 novembre 2024, à laquelle s’est totalement substituée la décision implicite du 3 janvier 2025, dont M. D..., par ailleurs, n’a pas sollicité la communication des motifs en application de l’article L. 232-4 du code des relations entre le public et l’administration.
15. En second lieu, aux termes de l’article R. 412-9 du code pénitentiaire : « La décision d’affectation est prise par le chef de l’établissement pénitentiaire au regard du choix opéré par le donneur d’ordre et sous réserve des motifs liés au bon ordre et à la sécurité de l’établissement. Cette décision est formalisée par la signature du contrat d’emploi pénitentiaire. La décision du chef de l’établissement pénitentiaire refusant l’affectation est motivée et notifiée au donneur d’ordre et à la personne détenue intéressée ».
16. La décision du 3 janvier 2025 rejette une demande d’affectation, et non une demande de classement au travail pénitentiaire. Elle pouvait donc être prise, non seulement pour un motif lié au bon ordre et à la sécurité de l’établissement, mais également au regard du choix opéré par le donneur d’ordre. M. D... n’est dès lors pas fondé à soutenir que cette décision, qui confirme un refus opposé au motif qu’un autre candidat lui a été préféré, serait entachée d’erreur de droit ou d’appréciation au regard de l’article R. 412-8 du code pénitentiaire, qui était inapplicable.
Sur la légalité de la décision du 31 décembre 2024 :
17. Le 2 décembre 2024, M. D... a demandé à être affecté à un poste d’auxiliaire « Sport » pour une activité de nettoyage du gymnase et du terrain de sport de l’établissement. Par une décision du 6 décembre 2024, le directeur de la maison centrale d’Arles a rejeté cette demande au motif que « la personne détenue (…) n’a pas encore été autorisée à travailler suite aux incidents qu’il a causé lors de sa translation judiciaire aux assises de Toulouse » et que « sa demande d’autorisation à travailler devrait être à nouveau étudiée à la [commission pluridisciplinaire unique] du 13 décembre 2024 ». Le 14 décembre 2024, M. D... a saisi le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille d’un recours administratif préalable obligatoire qui a été rejeté par la décision contestée, en date du 31 décembre 2024, au motif qu’« aucune décision de refus de classement au travail pénitentiaire n’a été prise le 6 décembre 2024 », et que le recours administratif était donc irrecevable.
18. En premier lieu, pour les motifs exposés au point 6, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de la décision du 31 décembre 2024 doit être écarté.
19. En deuxième lieu, l’absence de décision de refus de classement prise par le directeur d’établissement constitue un motif de fait, en soi suffisant pour satisfaire à l’exigence de motivation prévue par l’article R. 412-9 précité du code pénitentiaire. Le moyen tiré du défaut de motivation doit donc être écarté.
20. En troisième lieu, en se bornant à critiquer les motifs de la décision initiale du 6 décembre 2024, sans critiquer celui de la décision du 31 décembre 2024 qui s’y est substituée, M. D... n’apporte aucune contestation sérieuse de la légalité de cette dernière décision.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. D... n’est pas fondé à soutenir que les décisions de refus de classement ou d’affectation qui lui ont été opposées sont illégales. Ses conclusions à fin d’annulation doivent donc être rejetées, ainsi que, par voie de conséquences, ses conclusions tendant à l’application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : Les ordonnances nos 2503125, 2503151 et 2503221 du 23 mai 2025 du président de la 10ème chambre du tribunal administratif de Marseille sont annulées.
Article 2 : Les demandes présentées par M. D... devant le tribunal administratif de Marseille, ainsi que le surplus de ses conclusions d’appel, sont rejetés.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. C... D... et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée au directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille.
Délibéré après l’audience du 3 novembre 2025, où siégeaient :
- M. David Zupan, président,
- M. Renaud Thielé, président assesseur,
- Mme Célie Simeray, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 24 novembre 2025.