mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-24TL00072 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET FONTAINE & FLOUTIER ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme E B, Mme C B, M. G B, M. D B et M. H B ont demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler l'arrêté n° PC 84109 21 C0003 du 9 juillet 2021 par lequel le maire de Saint-Hippolyte-le-Graveyron a délivré à la société civile immobilière PAC un permis de construire pour la réfection d'une toiture d'un bâtiment avec construction d'une toiture terrasse, pose de panneaux photovoltaïques et réhausse d'un mur d'habitation.
Par un jugement n° 2102914 du 12 décembre 2023, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 9 janvier 2024, les consorts B, représentés par Me Fontaine, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du maire de Saint-Hippolyte-le-Graveyron du 9 juillet 2021 ;
3°) de mettre à la charge de la partie perdante une somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir en tant que voisins immédiats du projet en litige ;
- leur requête n'était pas tardive dès lors que la notification du recours contentieux a été accomplie conformément à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et que les justificatifs utiles ont été communiqués en première instance ;
- le dossier de demande de permis de construire était incomplet dès lors, d'une part, que l'imprimé Cerfa n'a pas été régulièrement complété et méconnaît en conséquence les dispositions des articles R. 431-5 et R. 431-6 du code de l'urbanisme et, d'autre part, que les pièces jointes étaient également insuffisantes ;
- le dossier de demande de permis de construire est entaché de multiples inexactitudes matérielles et révèle le caractère frauduleux de la demande déposée par la société civile immobilière PAC ;
- alors que le projet de construction se situe dans le périmètre de protection d'un immeuble classé ou monument historique et que les lieux avoisinants présentent un caractère et intérêt certains, le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article A11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le projet autorisé par le permis de construire concerne un terrain situé en zone inondable et n'est assorti d'aucune mesure permettant d'assurer le respect des dispositions du règlement du plan de prévention des risques d'inondation bassin sud-ouest du Mont Ventoux ;
- le permis de construire attaqué a été délivré par la commune alors que des infractions ont été commises au titre des travaux effectués sur la parcelle (Ano)cadastrée A n° 919(/Ano)au sens des articles L. 480-4 et L. 610-1 du code de l'urbanisme et L. 562-5 du code de l'environnement et que le jugement n° 2102914 du 12 décembre 2023 rendu par le tribunal administratif de Nîmes a enjoint au maire de Saint-Hippolyte-le-Graveyron de dresser un procès-verbal les constatant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Par un arrêté n° PC 84109 21 C0003 du 9 juillet 2021, le maire de Saint-Hippolyte-le-Graveyron (Vaucluse) a délivré à la société civile immobilière PAC un permis de construire en vue de la réfection d'une toiture avec construction d'une toiture terrasse, pose de panneaux photovoltaïques et réhausse d'un mur d'habitation sur un bâtiment situé sur les parcelles située au lieu-dit F. Par la présente requête, les consorts B font appel du jugement du 12 décembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Nîmes a rejeté leur demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou un permis de construire, d'aménager ou de démolir. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. ".
4. Lorsque l'auteur d'un recours entrant dans le champ d'application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'a pas justifié en première instance de l'accomplissement des formalités de notification requises alors qu'il a été mis à même de le faire, soit par une fin de non-recevoir opposée par le défendeur, soit par une invitation à régulariser adressée par le tribunal administratif, il n'est pas recevable à produire ces justifications pour la première fois en appel.
5. Il ressort des pièces du dossier que les consorts B ont formé un recours contentieux, enregistré au greffe du tribunal administratif de Nîmes le 8 septembre 2021, contre l'arrêté n° PC 84109 21 C0003 du 9 juillet 2021 par lequel le maire de Saint-Hippolyte-le-Graveyron a délivré à la société civile immobilière PAC un permis de construire. Les intéressés ont été invités, par courrier du greffe du tribunal administratif de Nîmes en date du 26 novembre 2021, à produire la preuve de la notification de leur recours contentieux auprès de l'auteur de la décision contestée et du titulaire de l'autorisation dans un délai de quinze jours, dans le but de régulariser leur requête, au regard des dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Les consorts B ont produit d'une part, les copies de lettres de notification adressées à la commune de Saint-Hippolyte-le-Graveyron, à la société civile immobilière PAC et à M. A B, datées du 8 septembre 2021 et faisant référence au permis de construire n° PC 84109 21 C0003 du 9 juillet 2021 et mentionnant l'introduction d'un recours à son encontre devant le tribunal administratif. D'autre part, ils ont produit les certificats de dépôt de lettres recommandées adressées à ces trois destinataires. Cependant, le cachet de la Poste apposé sur chacun de ces certificats et sur la preuve de dépôt des plis adressés à la commune de Saint-Hippolyte-le-Graveyron, à la société civile immobilière PAC et à M. A B, indique la date du 10 octobre 2021. Or, le délai de quinze jours impartis par l'article R. 600-1 à compter de la date d'enregistrement de la requête expirait le 23 septembre 2021. Dans ces conditions, les consorts B n'ont pas justifié du respect de l'obligation de notification de leur demande de première instance à l'auteur de la décision attaquée et au titulaire de l'autorisation délivrée, ce qui avait pour effet de rendre leur demande irrecevable. En l'absence de production des justifications demandées devant le juge de première instance, ils ne sont pas recevables à produire, pour la première fois en appel, les justificatifs de la notification à la commune de Saint-Hippolyte-le-Graveyron et à la société civile immobilière Pac de leur recours contentieux. Dès lors, les appelants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté leur demande.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel des consorts B est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ainsi que par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête d'appel des consorts B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E B, Mme C B, M. G B, M. D B, M. H B, et à Me Charles Fontaine.
Copie en sera adressée pour information à la commune de Saint-Hippolyte-le-Graveyron, à la société civile immobilière PAC et M. A B.
Fait à Toulouse, le 26 mars 2024.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026