Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société par actions simplifiée François Assurances Gold Santé a demandé au tribunal administratif de Montpellier de prononcer la réduction des rappels de taxe sur les salaires qui lui ont été réclamés au titre des années 2016 et 2017.
Par un jugement n° 2202621 du 4 mars 2024, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2024, la société François Assurances Gold Santé, représentée par Me Barrionuevo, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 4 mars 2024 du tribunal administratif de Montpellier ;
2°) de prononcer la réduction des rappels de taxe sur les salaires qui lui ont été réclamés au titre des années 2016 et 2017 ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu’elle apporte la preuve que les indemnités versées à son président, qui ne présentaient pas un caractère forfaitaire, correspondaient à des remboursements de frais kilométriques et non à des salaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2024, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par la société appelante n’est pas fondé.
Par une ordonnance du 16 septembre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 16 octobre 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Lafon,
- et les conclusions de Mme Fougères, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée François Assurances Gold Santé, qui exerce une activité de courtage en assurance, fait appel du jugement du 4 mars 2024 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à la réduction des rappels de taxe sur les salaires qui lui ont été réclamés au titre des années 2016 et 2017. Ces impositions procèdent de la prise en compte, dans l’assiette de la taxe, de sommes versées au président de la société en tant que remboursements d’indemnités kilométriques, qui ont été regardées par le service comme des compléments de rémunérations.
Sur le bien-fondé du jugement :
2. Aux termes du 1 de l’article 231 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : « Les sommes payées à titre de rémunérations aux salariés (…) sont soumises à une taxe égale à 4,25 % de leur montant évalué selon les règles prévues à l’article L. 136-2 du code de la sécurité sociale (…). Cette taxe est à la charge des entreprises et organismes qui emploient ces salariés (…) ». L’article L. 136-2 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable, dispose que : « I.- La contribution est assise sur le montant brut des traitements, indemnités, émoluments, salaires, allocations, pensions y compris les majorations et bonifications pour enfants, des rentes viagères autres que celles visées au 6 de l'article 158 du code général des impôts et des revenus tirés des activités exercées par les personnes mentionnées aux articles L. 311-2 et L. 311-3 (…) ». Aux termes enfin de l’article L. 311-3 du même code : « Sont notamment compris parmi les personnes auxquelles s'impose l'obligation prévue à l'article L. 311-2 (…) : / (…) / 23° Les présidents et dirigeants des sociétés par actions simplifiées et des sociétés d'exercice libéral par actions simplifiées (…) ». Il résulte de ces dispositions que l’assiette de la taxe sur les salaires est constituée, notamment, des allocations forfaitaires pour frais versés par les redevables aux présidents et dirigeants de sociétés par actions simplifiées.
3. Il résulte de l’instruction que l’examen du compte 62512 « voyages et déplacements » ouvert dans les écritures de la société François Assurances Gold Santé a permis de constater l’existence de remboursements, versés à son président, d’indemnités kilométriques se présentant sous la forme d’une dotation mensuelle régulière de 2 900 euros, assortie de compléments en 2016. L’administration fiscale, sans remettre en cause la réalité des déplacements effectués à partir du véhicule personnel de ce dernier, a relevé, à partir des justificatifs produits, que ces remboursements ne correspondaient pas au coût des kilomètres réellement parcourus. En se bornant à produire des « fiches clients », quelques factures d’autoroute et des pages d’agenda, qui tendent à confirmer la réalité de déplacements professionnels, ainsi que des extraits du compte 62512 retraçant des écritures de régularisation des indemnités kilométriques opérées au cours des années 2011 et 2012, la société appelante ne justifie pas suffisamment que les versements en litige, indépendamment du fait qu’ils auraient été calculés selon le barème kilométrique publié par l’administration, correspondaient aux frais effectivement exposés par son dirigeant. Dans ces conditions, c’est à bon droit que le service a considéré qu’ils étaient constitutifs d’une allocation forfaitaire pour frais et les a réintégrés dans l’assiette de la taxe sur les salaires due par la société François Assurances Gold Santé.
4. Il résulte de ce qui précède que la société François Assurances Gold Santé n’est pas fondée à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l’Etat, qui n’est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de quelque somme que ce soit sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société François Assurances Gold Santé est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société par actions simplifiée François Assurances Gold Santé et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Occitanie.
Délibéré après l’audience du 15 janvier 2026, où siégeaient :
M. Faïck, président,
M. Lafon, président-assesseur,
Mme Lasserre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2026.
Le rapporteur,
N. Lafon
Le président,
F. FaïckLa greffière,
E. Ocana
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,