vendredi 2 septembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX00410 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP BREILLAT DIEUMEGARD MASSON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler les arrêtés du 3 décembre 2021 par lesquels la préfète de la Vienne a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a assigné à résidence pendant cent quatre-vingts jours.
Par un jugement n° 2103159 du 7 janvier 2022, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 4 février 2022, M. B, représenté par la SCP Breillat, Dieumegard, Masson, demande à la cour :
1°) de lui accorder le bénéficie de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le jugement du 7 janvier 2022 ;
3°) d'annuler les arrêtés de la préfète de la Vienne du 3 décembre 2021 ;
4°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne, à titre principal de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois, sous la même astreinte ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui -même dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne les deux arrêtés :
- la délégation de signature accordée à la secrétaire générale est extrêmement large et ne permet pas de s'assurer que Mme A aurait été habilitée à prendre les décisions en litige ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée en l'absence d'éléments relatifs à l'existence de circonstances humanitaires, et sa durée de deux ans n'est pas motivée, ce qui ne démontre pas la prise en compte de l'ensemble des critères prévus par la loi ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il réside en France depuis six ans, qu'il a été placé sous tutelle et conserve des liens avec sa tutrice et des membres du conseil de famille, qu'il a travaillé en alternance dans le cadre d'un CAP de carreleur mosaïste et noué des liens amicaux, et qu'il a obtenu deux titres de séjour en qualité de travailleur temporaire, de sorte que le centre de ses intérêts se situe en France ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- elle est insuffisamment motivée en l'absence d'éléments sur la perspective raisonnable d'un éloignement, ce qui révèle un défaut d'examen approfondi de sa situation ;
- elle méconnaît les articles L. 732-1, L. 732-4 et L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'obligation de se présenter trois fois par semaine à 8 heures au commissariat de police est disproportionnée au regard du but poursuivi.
Par une décision n°2022/002370 du 3 mars 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-642 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 20 septembre 2021, la préfète de la Vienne a rejeté la demande de titre de séjour de M. B, ressortissant guinéen, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours a fixé le pays de renvoi. Puis, par deux arrêtés du 3 décembre 2021, la préfète a prononcé à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a assigné à résidence dans le département de la Vienne pendant cent quatre-vingts jours, avec obligation de se présenter au commissariat de Poitiers les lundis, mercredis et vendredis à 8 heures. M. B relève appel du jugement du 7 janvier 2022 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande d'annulation des arrêtés du 3 décembre 2021.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. (). "
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Par une décision n° 2022/002370 du 3 mars 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle est devenue sans objet.
Sur la légalité des arrêtés du 3 décembre 2021 :
4. En premier lieu, les dispositions de l'article 43 du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements permettent au préfet de donner délégation de signature en toutes matières au secrétaire général, lequel, en vertu de l'article 45 du même décret, exerce de droit la suppléance du préfet en cas d'absence ou d'empêchement. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 27 août 2021 par lequel la préfète de la Vienne a donné délégation à Mme Pin, secrétaire générale de la préfecture, afin de prendre toutes les décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Vienne, serait " extrêmement large " et ne permettrait pas de s'assurer de l'habilitation de Mme A à prendre les arrêtés contestés.
5. En second lieu, M. B reprend en appel, en termes similaires et sans critique utile du jugement, l'ensemble des autres moyens visés ci-dessus, invoqués en première instance. Il n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune pièce nouvelle à l'appui de ces moyens, auxquels la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Poitiers a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, de les écarter par adoption des motifs retenus par la première juge.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur la demande de M. B tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B. Une copie sera adressée pour information au préfet de la Vienne.
Fait à Bordeaux, le 2 septembre 2022.
La présidente-assesseure de la 2ème chambre
Anne Meyer
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026