mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01918 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | COSTE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2105612 du 27 janvier 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 25 mai 2022, le 12 juillet 2022, M. A, représenté par Me Coste, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 27 janvier 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2021 de la préfète de la Gironde ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, ou à défaut, d'enjoindre à la préfète de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai avec délivrance d'une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui restituer son extrait d'acte de naissance et la copie de celui-ci dans un délai de huit jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 435-3 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale.
En ce qui concerne la décision fixant un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle s'en remet à son mémoire déposé en première instance.
M. A a obtenu l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B C,
- et les observations de Me Coste, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien qui déclare être né le 1er janvier 2002, est entré en France le 14 avril 2018 et a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Gironde par une ordonnance du 25 juillet 2018. Il a sollicité, le 18 janvier 2020, son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 13 septembre 2021 la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté du 13 septembre 2021.
Sur la décision de refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. "
3. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. A sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de la Gironde s'est fondée, notamment, sur l'absence de caractère probant des documents d'état civil présentés à l'appui de sa demande et sur le fait que la situation de l'intéressé ne présentait pas de caractère exceptionnel au sens des dispositions précitées.
4. Aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. () ". Selon les dispositions de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
5. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
6. Au soutien de sa demande de titre de séjour, M. A a produit un extrait d'acte de naissance et une copie d'acte de naissance. La préfète de la Gironde a remis en cause la véracité de ces documents en se fondant sur un rapport d'analyse défavorable du service de la fraude documentaire de la direction zonale de la police aux frontières qui, après avoir relevé que l'extrait d'acte de naissance ne comportait pas d'altération frauduleuse au niveau des mentions biographiques, que son formalisme était conforme et que le cachet humide présentait de sérieuses garanties d'authenticité, a indiqué que cet acte aurait dû présenter des bords prédécoupés en sa partie gauche et non des bords déchirés, ce qui traduirait une volonté d'imitation, et que le tampon apposé sur cet acte comportait une faute de frappe ayant conduit à inscrire le mot "tribunat " au lieu du mot " tribunal ". Ce service a ajouté que cet extrait d'acte de naissance n'aurait pas dû être délivré par l'adjoint au maire mais par le maire lui-même, s'agissant du centre principal et non d'un centre secondaire de la commune de naissance. Toutefois, ces seuls éléments ne permettent pas de priver cet extrait d'acte de naissance de toute force probante compte tenu de la conformité de l'ensemble des mentions et du formalisme de cet acte. Il en résulte que M. A est fondé à soutenir que la préfète de la Gironde ne pouvait rejeter sa demande de titre de séjour au motif que les documents d'état-civil qu'il avait produits étaient entachés de fraude.
7. La préfète, a également mentionné dans la décision contestée que l'intéressé avait été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance et avait bénéficié d'un contrat jeune majeur lui permettant de suivre une formation. Elle a indiqué qu'au regard de tous les éléments, la situation de M. A ne présentait pas de caractère exceptionnel de nature à justifier son admission au séjour, ajoutant que l'intéressé ne démontrait pas l'intensité et la stabilité de ses liens privés, familiaux et sociaux en France et qu'il n'était pas dépourvu de liens avec son pays d'origine où résidait son père. Il ressort à cet égard des pièces du dossier M. A s'est inscrit en CAP d'agent polyvalent de restauration et produit des attestations favorables de clients et de la gérante du restaurant qui a renouvelé son contrat d'apprentissage. Toutefois, il est constant qu'il n'a pas obtenu son diplôme en juin 2021, en raison de l'obtention de notes inférieures à la moyenne dans toutes les matières, qu'elles soient générales ou professionnelles, à l'exception de l'éducation physique et de l'entretien des locaux et du matériel, et qu'il n'établit pas ni même n'allègue avoir obtenu son diplôme après sa réinscription au titre de l'année 2021-2022. Par ailleurs, le requérant ne justifie pas de l'intensité des liens qu'il aurait tissés en France et n'établit pas l'existence d'un quelconque obstacle à ce qu'il retourne dans son pays d'origine, où réside à tout le moins son père. Il en résulte que la préfète de la Gironde aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif. Par suite le moyen tiré de ce que la décision lui refusant un titre de séjour a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article de L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A, présent sur le territoire français depuis avril 2018, a bénéficié d'une prise en charge par l'aide sociale à l'enfance en qualité de mineur isolé. Toutefois, l'intéressé, qui s'est inscrit en CAP agent polyvalent de restauration au titre des années 2019 à 2022, ne justifie pas avoir obtenu de diplôme et ne se prévaut d'aucune attache familiale en France. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où vivent notamment son père et son frère. Dans ces conditions, et alors même que le requérant bénéficie d'un contrat d'apprentissage au titre de l'année 2021-2022 et présente des attestations favorables de son employeur, la préfète de la Gironde n'a pas, en prenant la décision en litige, commis d'erreur dans l'appréciation de la situation personnelle de l'intéressé et n'a ainsi pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
10. Il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.
Sur la décision fixant un délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".
12. Le délai de trente jours accordé à un étranger pour exécuter une obligation de quitter le territoire français correspond au délai de droit commun susceptible d'être accordé en application de l'article L. 612-1 du code précité, visé par l'arrêté contesté. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait expressément demandé au préfet à bénéficier d'une prolongation de ce délai. Par suite, le moyen tiré de ce que, en raison de sa réinscription au titre de l'année 2021-2021 à la préparation du CAP agent polyvalent de restaurant, il devait bénéficier d'un délai de départ plus important ne peut qu'être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 septembre 2021. Sa requête doit, par suite, être rejetée en toutes ses conclusions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. D A, à Me Magali Coste et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera délivrée à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Florence Demurger, présidente,
Mme Karine Butéri, présidente-assesseure,
Mme Caroline Gaillard, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 décembre 2022.
La rapporteure,
Caroline C
La présidente,
Florence DemurgerLa greffière,
Catherine Jussy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026