mercredi 18 juin 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-25BX00369 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | DAURELLE |
Vu la procédure suivante :
Procédures contentieuses antérieures :
M. B C et Mme A D ont demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler les arrêtés du 26 novembre 2024 par lesquels la préfète des Deux-Sèvres a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et leur a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Par les jugements no 2403453 et 2403454 du 10 janvier 2025, la magistrate désignée du tribunal administratif de Poitiers a rejeté leurs demandes.
Procédures devant la cour administrative d'appel :
I- Par une requête, enregistrée le 10 février 2025 sous le n° 25BX00369, M. C, représenté par Me Daurelle, demande à la cour :
1°) de lui accorder provisoirement le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 10 janvier 2025 ;
3°) d'annuler l'arrêté de la préfète des Deux-Sèvres du 26 novembre 2024 ;
4°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de mettre en oeuvre sans délai la procédure d'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a été contraint de fuir son pays d'origine avec sa conjointe et leur enfant afin de protéger leur intégrité physique et qu'il travaille sous contrat à durée indéterminée à l'abattoir de Neuvy ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi :
- elles sont dépourvues de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- la décision d'obligation de quitter le territoire français n'est pas justifiée ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant compte tenu de l'intensité de son insertion dans la société française et des conséquences de la mesure d'éloignement ;
S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le risque de fuite n'est pas établi ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que rien ne justifiait qu'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans soit prononcée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par une décision n° 2025/000556 du 27 mars 2025, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. C.
II- Par une requête, enregistrée le 10 février 2025 sous le n° 25BX00371, Mme D, représentée par Me Daurelle, conclut, pour ce qui la concerne, aux mêmes fins que la requête 25BX00369, par les mêmes moyens.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par la décision n° 2025/000558 du 27 mars 2025 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. C et Mme D, ressortissants géorgiens nés respectivement les 25 septembre 2001 et 27 septembre 2001, sont entrés en France le 27 décembre 2021, selon leurs déclarations, accompagnés de leur enfant. Ils ont présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 8 juin 2022, puis confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 27 octobre 2022. Par des arrêtés du 27 décembre 2022, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Poitiers du 28 février 2023, la préfète des Deux-Sèvres a refusé de les admettre au séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Puis par deux arrêtés du 12 avril 2024, cette même autorité préfectorale a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire pendant une durée d'un an. Par deux arrêtés du même jour, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Poitiers du 17 avril 2024, la préfète des Deux-Sèvres les a assignés à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Le 27 mai 2024, les requérants ont sollicité leur admission exceptionnelle au séjour. Par des arrêtés du 26 novembre 2024, la préfète des Deux-Sèvres a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et leur a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Puis par deux autres arrêtés du même jour, la préfète des Deux-Sèvres les a assignés à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. C et Mme D relèvent appel des jugements du 10 janvier 2025 par lesquels la magistrate désignée du tribunal administratif de Poitiers a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation des arrêtés portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et leur interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Sur la jonction :
3. Les requêtes nos 25BX00369 et 25BX00371 concernent les membres d'une même famille et amènent à juger des mêmes questions. Il y a lieu, par suite, de joindre ces deux requêtes afin qu'il soit statué par une seule ordonnance.
Sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
4. M. C et Mme D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par les décisions nos 2025/000556 et 2025/000558 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux du 27 mars 2025. Par suite, leurs conclusions tendant à obtenir l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. M. C et Mme D reprennent dans des termes similaires leurs moyens de première instance visés ci-dessus, sans critiques utiles des jugements. Ils n'apportent en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge, qui a suffisamment et pertinemment répondu aux moyens invoqués. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par la magistrate désignée du tribunal administratif de Poitiers.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'aide juridictionnelle provisoires présentées par M. C et Mme D.
Article 2 : Les requêtes de M. C et Mme D sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et Mme A D.
Une copie sera adressée pour information à la préfète des Deux-Sèvres.
Fait à Bordeaux, le 18 juin 2025.
La présidente de la 1ère chambre
Evelyne Balzamo
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
2, 25BX00371
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026