mercredi 29 juin 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT01153 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ZOLEKO TSANE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours formé contre la décision des autorités consulaires françaises à Yaoundé du 23 mai 2019 refusant de lui délivrer un visa de court séjour.
Par un jugement n° 1914316 du 15 juillet 2020, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, a enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer un visa de court séjour à M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification de son jugement et a mis à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A a demandé le 19 septembre 2020 au tribunal administratif de Nantes d'enjoindre au ministre de l'intérieur, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir, de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1914316 du 15 juillet 2020 et plus précisément de lui délivrer un visa de court séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Par une décision du 14 juin 21 le président du tribunal administratif de Nantes a procédé au classement administratif de la demande sur le fondement de l'article R. 921-5 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 24 juin 2021, faisant suite à la contestation de cette décision de classement, le président du tribunal administratif de Nantes a, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de statuer sur la demande d'exécution de M. A.
Par un jugement n° 2106978 du 16 février 2022, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la demande de M. A.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 13 avril 2022, M. B A, représenté par Me Zoleko, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nantes du 16 février 2022 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, d'une part, de lui délivrer, en exécution du jugement n°1914316 du 15 juillet 2020, un visa de court séjour suivant sa période de disponibilité, à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, d'autre part, de procéder au versement sur le compte CARPA de l'instance, de la somme de 1200 euros mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le jugement du 15 juillet 2020, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-le visa qui lui a été délivré le 8 mars 2021, valable jusqu'au 8 juin 2021, ne peut être regardé comme répondant à l'exigence d'exécution loyale du jugement du 15 juillet 2020 dès lors qu'il avait clairement indiqué au consulat qu'étant indisponible avant le 15 mai 2021, il souhaitait voyager en période estivale et que ce visa a été émis en période de restrictions des déplacements liées à la crise sanitaire mondiale ; par ailleurs, le jugement à exécuter ne pouvait prévoir, à la date à laquelle il a été rendu, les conséquences de la pandémie sur les voyages en 2021 ;
-la somme due au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, fixée par le jugement du 15 juillet 2020, n'a pas été versée en dépit de la présentation des justificatifs nécessaires au ministre de l'intérieur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents de formation de jugements des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant camerounais, a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 23 mai 2019 des autorités consulaires françaises à Yaoundé refusant de lui délivrer un visa de court séjour. Par un jugement n° 1914316 du 15 juillet 2020, le tribunal a annulé la décision attaquée, a enjoint au ministre de l'intérieur, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de délivrer à M. A le visa de court séjour sollicité dans le délai de deux mois et a mis à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Le ministre de l'intérieur n'a pas contesté le jugement du tribunal administratif, qui est devenu définitif. M. A relève appel du jugement du 16 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à ce que soient ordonnées les mesures qu'implique l'exécution du jugement du 15 juillet 2020.
3. En premier lieu, dans ses conclusions présentées devant le tribunal administratif, M. A s'est borné à demander l'exécution du jugement du 15 juillet 2020 de ce tribunal en tant qu'il enjoignait au ministre de lui faire délivrer un visa. Les conclusions présentées devant la cour et tendant à ce qu'il soit enjoint au ministre de procéder au versement sur le compte CARPA de l'instance de la somme mise à sa charge par le jugement sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont nouvelles en appel et par suite irrecevables. Au demeurant, les dispositions de l'article L. 911-9 du code de justice administrative permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que l'Etat est condamné à lui verser, à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit.
4. En second lieu, il résulte de l'instruction que les autorités consulaires à Yaoundé ont délivré le 8 mars 2021 à M. A, en exécution du jugement du 15 juillet 2020 du tribunal administratif de Nantes, un visa de court séjour d'une durée de quatre-vingt-dix jours. Si M. A soutient que les voyages étaient rendus impossibles par la crise sanitaire liée au Covid 19 durant la période de validité du visa et qu'il avait indiqué aux services consulaires qu'il souhaitait obtenir un visa valable au cours de la période estivale, ni cette impossibilité ni la circonstance qu'il aurait présenté des demandes pour d'autres dates ne ressortent des pièces du dossier. Au demeurant, l'administration se déclare prête à répondre favorablement à une éventuelle nouvelle demande. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le jugement du 15 juillet 2020 du tribunal administratif de Nantes n'aurait pas été exécuté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée, y compris en ce qu'elle comporte des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 29 juin 2022.
J. FRANCFORT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026