lundi 26 septembre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT02397 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ROURE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C A a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 21 juin 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté son recours, hiérarchique formé contre la décision du préfet du Rhône du 18 décembre 2018 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation.
Par un jugement n° 1909513 du 3 juin 2022, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2022, M. C A, représenté par Me Roure, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nantes du 3 juin 2022 ;
2°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 21 juin 2019 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui accorder la nationalité française dans un délai de 15 jours compter de la notification de l'arrêt intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en retenant qu'il n'avait pas durablement fixé le centre de ses attaches en France, alors qu'il y réside depuis 2007, que ses enfants y résident également et que son épouse a entamé les démarches pour régulariser sa situation, le ministre a commis une erreur de droit ;
- la décision contestée s'appuie sur une procédure pénale qui été classée sans suite et concerne des faits anciens, son casier judiciaire en Bolivie et en France est vierge ;
- il réside et travaille en France depuis quinze ans, il y est parfaitement intégré et a été mobilisé durant la période du covid19.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. C A, ressortissant bolivien, relève appel du jugement du 3 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 21 juin 2019 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation.
3. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". L'article 48 du décret du 30 décembre 1993 dispose que : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ".
4. En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant.
5. Pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation de M. C A, le ministre de l'intérieur et des outre-mer s'est fondé, d'une part sur la circonstance que le requérant ne pouvait être regardé comme ayant fixé durablement le centre de ses attaches familiales en France dès lors que sa conjointe était en situation irrégulière sur le territoire français, et d'autre part sur la circonstance que l'intéressé a fait l'objet d'une procédure pour escroquerie le 28 février 2015.
6. En premier lieu, M. C A, qui ne conteste pas la matérialité des faits mentionnés dans la décision contestée, soutient qu'ils ne pouvaient être pris en compte par le ministre dès lors que la procédure pénale relative à ces faits a été classée sans suite. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de l'avis de classement sans suite établit par le procureur de la République le 5 novembre 2015, que les faits qui lui sont reprochés ont donné lieu à un classement sans suite motivé par le fait que des poursuites pénales auraient été non proportionnées ou inadaptées au regard du préjudice causé, et non pour un défaut d'établissement de l'infraction. Par suite, eu égard à son large pouvoir d'appréciation dont il dispose pour accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, le ministre était fondé à prendre en compte les faits précédemment évoqués, qui n'étaient ni anciens à la date de la décision contestée ni dépourvus d'une certaine gravité, pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation de M. C A, alors même que le casier judiciaire de l'intéressé serait vierge en France et en Bolivie. Il résulte de l'instruction que le ministre de l'intérieur et des outre-mer aurait pris la même décision de rejet s'il n'avait retenu que ce seul motif.
7. En deuxième lieu, les circonstances selon lesquelles M. C A vit et travaille en France depuis quinze ans, y est parfaitement intégré et été mobilisé durant la période de la Covid 19 en raison de sa profession, sont sans incidence sur la légalité de la décision contestée, eu égard au motif qui la fonde.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C A est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée, y compris en ce qu'elle comporte des conclusions à fin d'injonction sous astreinte et des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C A.
Une copie sera transmise pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nantes, le 26 septembre 2022.
J. FRANCFORT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
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Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
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04/05/2026