vendredi 14 octobre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT02579 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique |
| Avocat requérant | GUILBAUD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B et Mme A B ont demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 30 décembre 2021 du ministre de l'intérieur, la décision du 2 février 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Islamabad (République islamique du Pakistan) leur refusant la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour, en vue de solliciter l'asile en France ainsi que la décision du 11 avril 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de délivrer les visas sollicités.
Par un jugement n° 2200511, 2204671 du 7 juin 2022, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision du 2 février 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ainsi que la décision du 11 avril 2022 du ministre de l'intérieur, a enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer un visa de long séjour à M. et Mme B et a rejeté le surplus des conclusions des demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 5 août 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande à la cour de prononcer, en application des dispositions des articles R. 811-15 et suivants du code de justice administrative, le sursis à exécution de ce jugement en tant qu'il a annulé la décision du 2 février 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ainsi que la décision du 11 avril 2022 du ministre de l'intérieur et lui a enjoint de faire délivrer un visa de long séjour à M. et Mme B.
Le ministre soutient que :
- le tribunal administratif a entaché son jugement d'une erreur d'appréciation ;
- en l'absence de disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant la délivrance d'un visa dont l'objet serait de permettre aux intéressés d'entrer en France dans le but d'y solliciter l'asile, il revient à l'autorité diplomatique ou consulaire d'apprécier dans chaque cas particulier, l'opportunité de délivrer à un ressortissant étranger résidant dans un pays tiers un visa d'entrée en France ;
- les demandeurs qui résident au Pakistan n'ont pas justifié eux-mêmes de la réalité des menaces dont ils feraient l'objet en Afghanistan ;
- ces menaces ne sont pas établies, il existe des divergences entre les déclarations de M. D B lors de sa demande d'asile et le questionnaire retourné à l'autorité consulaire par M. C B et Mme A B ;
- il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C B et Mme A B ne seraient pas parvenus à faire renouveler leurs visas ni qu'ils auraient saisi l'une des instances du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Pakistan ;
- les seules difficultés de logement alléguées par les intéressés étaient liées à l'expiration de leur visa en janvier 2022 ;
- la précarité de leur situation depuis cette date n'est pas établie ;
- la circonstance que Mme A B serait enceinte qui est sans rapport avec l'objet des visas sollicités, n'est ou outre, pas établie ;
- ni le risque d'éloignement des intéressés vers l'Afghanistan ni les risques qu'ils encourent au Pakistan ne sont établis.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire enregistrés les 9 septembre et 4 octobre 2022, M. C B et Mme A B, représentés par Me Guilbaud, concluent au rejet de la requête, à ce qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours et à la condamnation de l'Etat au versement à Me Guilbaud, qui renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, de la somme de 2 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent qu'aucun des moyens soulevés par le ministre n'est fondé.
Vu :
- la requête n°22NT02578 enregistrée le 5 août 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a demandé l'annulation du jugement n° 2200511, 2204671 du 7 juin 2022 du tribunal administratif de Nantes ;
- les autres pièces du dossier.
M. C B a été maintenu au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 septembre 2022.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Buffet, présidente-rapporteure ;
- les observations de Me Guilbaud, avocat de M. C B et Mme A B.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-25 du code de justice administrative, " Les affaires sont jugées soit par une chambre siégeant en formation de jugement, soit par une formation de chambres réunies, soit par la cour administrative d'appel en formation plénière, qui délibèrent en nombre impair. / Par dérogation à l'alinéa précédent, le président de la cour ou le président de chambre statue en audience publique et sans conclusions du rapporteur public sur les demandes de sursis à exécution mentionnées aux articles R. 811-15 à R. 811-17 ".
2. Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ".
Sur les conclusions à fin de sursis à exécution :
3. Aucun des moyens soulevés par le ministre n'est de nature, en l'état de l'instruction, à justifier l'annulation du jugement attaqué dans la mesure sollicitée. La requête tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement dans cette mesure doit, par suite, être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent arrêt n'appelle pas d'autre mesure d'exécution que celle déjà prononcée par les premiers juges. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction visées ci-dessus ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Guilbaud de la somme de 1 000 euros dans les conditions prévues à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : La requête à fin de sursis à exécution du ministre de l'intérieur et des outre-mer est rejetée.
Article 2 : Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. C B et Mme A B sont rejetées.
Article 3 : L'Etat versera à Me Guilbaud la somme de 1000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à M. C B et Mme A B, et à Me Guilbaud.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.
La présidente- rapporteure
Catherine BUFFET
La greffière,
Karine BOURON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026