mardi 14 janvier 2025
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-24NT03425 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B et la SCI Del Monte ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nantes de prescrire, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise en vue de déterminer l'importance des nuisances sonores subies par M. B en raison des événements organisés ou autorisés par la commune de Pornic sur la place du Môle ainsi que les préjudices subis.
Par une ordonnance n° 2314240 du 18 novembre 2024, la juge des référés du tribunal administratif de Nantes a rejeté leur demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2024, M. B et la SCI Del Monte, représentés par Me Sanson, demandent à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du 18 novembre 2024 de la juge des référés du tribunal administratif de Nantes ;
2°) de prescrire, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise en vue de déterminer l'importance des nuisances sonores subies par M. B en raison des événements organisés ou autorisés par la commune de Pornic sur la place du Môle ainsi que les préjudices subis.
Ils soutiennent :
- que la juge des référés a excédé ses compétences car la demande au fond déposée devant le tribunal administratif de Nantes n'avait qu'un objet limité qui rend toujours utile une expertise judiciaire sur le surplus, d'autant qu'une nouvelle action ultérieure pourrait être engagée ;
- que l'ordonnance attaquée est insuffisamment motivée ;
- qu'une expertise acoustique est utile ; les troubles sonores importants et récurrents, en provenance de la place du Môle et directement liés aux évènements organisés par la commune, ont fait naître un différend susceptible de donner lieu à une demande préalable puis à un nouveau recours de plein contentieux ;
- que M. B est victime d'un dommage dont la carence du maire de Pornic dans l'exercice de ses pouvoirs de police administrative est à l'origine ; la règlementation acoustique applicable est méconnue ; il est porté atteinte à la tranquillité publique ; la commune n'a pris aucune mesure pour mettre un terme à ces manquements.
La commune de Pornic n'a pas présenté de défense dans le délai qui lui a été imparti.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision du président de la cour administrative d'appel de Nantes désignant M. Derlange, président assesseur, en application de l'article L. 555-1 du code de justice administrative, pour statuer en appel sur les décisions des juges des référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et la SCI Del Monte ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nantes de prescrire, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise en vue de déterminer l'importance des nuisances sonores subies par M. B en raison des événements organisés ou autorisés par la commune de Pornic sur la place du Môle, ainsi que les préjudices subis. Par une ordonnance du 18 novembre 2024, la juge des référés du tribunal administratif de Nantes a rejeté leur demande. Ils relèvent appel de cette ordonnance.
Sur la régularité de l'ordonnance attaquée :
2. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés. ".
3. Il ressort des motifs de l'ordonnance attaquée que la juge des référés du tribunal administratif de Nantes, qui n'était pas tenue de répondre à tous les arguments de M. B et de la SCI Del Monte, a suffisamment exposé les raisons pour lesquelles elle estimait que la demande d'expertise qu'ils sollicitaient ne présentait pas un caractère d'utilité et devait, ainsi, être rejetée. Par suite, le moyen tiré de ce que l'ordonnance attaquée serait insuffisamment motivée doit être écarté.
Sur le bien-fondé de l'ordonnance attaquée :
4. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes de l'article R. 532-1 du même code : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
5. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective, d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
6. D'une part, dès lors que l'office du juge des référés au titre de l'article R. 532-1 du code de justice administrative implique uniquement d'apprécier l'utilité de la mesure sollicitée et qu'il résulte de l'article L. 511-1 du code de justice administrative qu'il n'est pas saisi du principal, il ne lui appartient pas de trancher la question de la responsabilité de la commune de Pornic dans la survenance des préjudices subis le cas échéant par M. B et la SCI Del Monte. Par suite, ceux-ci ne peuvent utilement soutenir qu'ils sont victimes de fautes commises par la commune de Pornic ou son maire, ni même qu'ils auraient subi un préjudice anormal et spécial.
7. D'autre part, alors qu'ils justifient déjà de plusieurs expertises acoustiques et que le caractère bruyant des lieux en cause, où sont organisées régulièrement des manifestations publiques n'est pas contesté, les requérants, en faisant simplement état de la possibilité d'un futur litige avec la commune sur ces nuisances sonores, qui serait porté à terme devant le tribunal administratif de Nantes sur des éléments de fait différents de celui dont il est déjà saisi, ne se prévalent d'aucune circonstance particulière qui serait de nature à conférer à la mesure qui est demandée au juge des référés d'ordonner un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le juge du fond, saisi de sa demande, pourra décider, le cas échéant, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction.
8. Par suite, M. B et la SCI Del Monte ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que la juge des référés du tribunal administratif de Nantes a rejeté leur demande d'expertise.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B et de la SCI Del Monte est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la SCI Del Monte et à la commune de Pornic.
Fait à Nantes, le 14 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
S. Derlange
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026