LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-25NT02205

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-25NT02205

jeudi 11 septembre 2025

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-25NT02205
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge des référés
Avocat requérantKOUKEZIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. B... D... et Mme A... C..., son épouse, ont demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler les arrêtés du 10 avril 2025 par lesquels le préfet
d’Ille-et-Vilaine a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d’une durée d’un an.

Par un jugement nos 2503292, 2503293 du 15 juillet 2025, le tribunal administratif de Rennes a annulé ces arrêtés.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 13 août 2025, le préfet d’Ille-et-Vilaine demande à la cour de prononcer le sursis à l’exécution de ce jugement du 15 juillet 2025 :

Il soutient que :
c’est à tort que le tribunal a accueilli le moyen tiré de l’erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet qui n’a pas qualifié d’exceptionnels, au sens de l’article L 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les éléments invoqués par les époux D... ;
- la demande de première instance ne peut qu’être rejetée.


Par un mémoire enregistré le 29 août 2025, M. B... D... et Mme A... C..., son épouse, représentés par Me Koukezian, concluent :

au rejet de la requête du préfet d’Ille-et-Vilaine,
à ce que soit mis à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent qu’aucun moyen n’est fondé.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la demande d’aide juridictionnelle présentée le 29 août 2025 par Mme E... ;
- la requête n° 25NT02201 par laquelle le préfet d’Ille-et-Vilaine demande l’annulation du jugement du 15 juillet 2025.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Brisson a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. et Mme D..., ressortissants russes, sont entrés irrégulièrement sur le territoire national le 13 mai 2013. Leurs demandes d’asile ont été rejetées par la Cour nationale du droit d’asile le 17 février 2016 tout comme leurs demandes de réexamen par cette même Cour les 31 janvier 2017, 15 mai 2018, 22 juin 2020 et 20 novembre 2023. Par des arrêtés du 10 avril 2025, le préfet a rejeté leurs demandes d’admission exceptionnelle au séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et leur a fait interdiction de retour sur le territoire pendant une durée d’un an. Aux termes du jugement attaqué du
15 juillet 2025 le tribunal administratif de Rennes a annulé ces décisions. Le préfet
d’Ille-et-Vilaine demande qu’il soit sursis à l’exécution de ce jugement.

Sur la demande d’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d'urgence, (…) l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. (…) ». Aux termes de l’article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi : « L’admission provisoire peut être accordée dans une situation d’urgence, (…). L’admission provisoire est accordée par (…) le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l’intéressé, soit d’office si celui-ci a présenté une demande d’aide juridictionnelle ou d’aide à l’intervention de l’avocat sur laquelle il n’a pas encore été statué ».

Mme E... a déposé le 29 août 2025, une demande d’aide juridictionnelle auprès du bureau d’aide juridictionnelle près la cour administrative d’appel. En raison de l’urgence, alors qu’il n’a pas encore été statué sur cette demande, il y a lieu d’admettre Mme E... au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions à fin de sursis à exécution :

Aux termes de l’article R. 811-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement. ».

En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par le préfet n’apparait sérieux et de nature à justifier outre l’annulation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d’annulation accueillies par le jugement attaqué. Il s’ensuit que les conclusions à fin de sursis à exécution présentées par le préfet d’Ille-et-Vilaine ne peuvent qu’être rejetées.

Sur les frais du litige :

Mme E... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire. En l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. et Mme D... de la somme de1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.


DECIDE :

Article 1er : Mme E... est admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête du préfet d’Ille-et-Vilaine est rejetée.

Article 3 : L’Etat versera à M et Mme D... la somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B... D..., à Mme A... C... épouse D... et au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet d’Ille-et-Vilaine.




Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2025

La présidente-rapporteure Le greffier


C. BRISSON R. MAGEAU


La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions