jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA01176 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL MARY & INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 4 juin 2021 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours et fixation du pays de renvoi.
Par un jugement n° 2104619 du 15 mars 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 3 juin 2022, M. A, représenté par Me Caroline Inquimbert, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Par un mémoire, enregistré le 13 juillet 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 6 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur la régularité du jugement :
2. Contrairement à ce que soutient le requérant, le jugement a statué, à son point 10, sur le moyen de la demande tiré de ce que la commission du titre de séjour devait être consultée.
Sur la légalité de l'arrêté :
En ce qui concerne la procédure :
3. M. A n'entrant pas, comme on le verra, dans le champ des dispositions auxquelles renvoie l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la consultation de la commission du titre de séjour prévue à cet article n'était pas requise.
En ce qui concerne l'examen de la situation et les erreurs de droit :
4. En premier lieu, M. A a lui-même indiqué, dans le formulaire de demande de titre de séjour qu'il a renseigné et signé en novembre 2020, être né le 10 février 2002. Le préfet ne s'est donc pas abstenu d'examiner la situation de l'intéressé en en déduisant qu'il avait été confié à l'aide sociale à l'enfance après l'âge de seize ans et en faisant donc application de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le préfet n'a pas commis d'erreur de droit en relevant devant le tribunal que M. A ne remplissait pas la condition, posée à l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'avoir suivi une formation qualifiante depuis au moins six mois.
6. En troisième lieu, si M. A expose qu'il est né le 10 octobre 2002 et que l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui était donc applicable, les documents reprenant cette date qui étaient joints à sa demande n'étaient pas probants, qu'il s'agisse de la traduction, non légalisée par le consul de France au Bangladesh ou par le consul du Bangladesh en France, d'un certificat de naissance comportant un tampon de l'ambassade du Bangladesh en France non signé et non daté et des tampons d'un " avocat notaire public " et du ministère des affaires étrangères à Dhaka non signés et datés des 7 et 8 mai 2018, ou du passeport délivré à Dhaka en 2019 sur la base du document précédent.
7. En quatrième lieu, s'il a omis d'examiner une condition légale de sa décision, le préfet peut soutenir devant le juge que cette condition était remplie à la date de la décision. Si ce défaut d'examen n'a pas privé l'intéressé d'une garantie procédurale et si ce nouveau motif est de nature à fonder légalement cette décision, le juge peut alors écarter le moyen tiré de l'erreur de droit commise en s'abstenant d'examiner cette condition. Tel serait le cas si M. A devait être regardé comme ayant justifié de ce qu'il relevait de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En cinquième lieu, si l'arrêté a relevé que M. A ne présentait ni un visa long séjour ni une autorisation de travail, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision sans retenir ce motif.
En ce qui concerne la vie privée et familiale :
S'agissant de la situation administrative :
9. M. A a déclaré être entré en France sans visa en juin 2018, a été confié à l'aide sociale à l'enfance en juillet 2018 et a demandé un titre de séjour en novembre 2020.
S'agissant de la formation professionnelle :
10. En premier lieu, si M. A s'est inscrit en pré-apprentissage dans un centre de formation d'apprentis du bâtiment en octobre 2019 et si la crise sanitaire ne lui a pas permis de poursuivre sa formation à partir de mars 2020, aucun justificatif du suivi des enseignements techniques avant leur interruption n'a été produit à l'instance.
11. En deuxième lieu, si M. A, changeant ainsi d'orientation professionnelle, s'est inscrit en certificat d'aptitude professionnelle " cuisine " et a bénéficié d'un contrat d'apprentissage comme commis de cuisine à partir de juillet 2020, il a signé une rupture conventionnelle mettant fin à ce contrat en octobre 2020 et il ressort de sa lettre d'avril 2021, évoquant sa mésentente avec son employeur, que cette rupture était volontaire.
12. En troisième lieu, si M. A a suivi un stage dans une entreprise de peinture en janvier 2021, cette expérience limitée à deux semaines n'a pas eu de suite.
13. En quatrième lieu, si M. A a été employé à partir de la mi-avril 2021 comme cuisinier woker dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, ce recrutement, d'ailleurs intervenu sans que l'employeur ait préalablement recherché un autre candidat sur le marché du travail, ne constituait pas par lui-même une formation.
S'agissant des autres éléments de la vie privée et familiale :
14. M. A a vécu la majeure partie de sa vie au Bangladesh où réside sa mère. Il est célibataire sans enfant.
15. Dans ces conditions, l'arrêté n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation, n'a violé ni l'article L. 435-3 ni même l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne les risques encourus en cas de retour au Bangladesh :
16. Si M. A expose que, du fait de dettes contractées par son père, il a été victime de violences et hospitalisé pendant trois semaines au Bangladesh, il n'a pas documenté son récit et n'a pas demandé l'asile.
17. En l'espèce, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation et de la violation des articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par action ou par exception, doivent être écartés.
19. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. La présente ordonnance n'implique aucune mesure d'exécution pour l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
21. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Caroline Inquimbert.
Copie en sera transmise pour information au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Douai, le 20 octobre 2022.
Le président de la 1ère chambre,
Signé: Marc Heinis
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Christine Sire
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026