lundi 22 août 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA01349 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler les deux arrêtés du préfet de la Seine-Maritime des 21 septembre et 24 novembre 2021 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour en France pendant deux ans.
Par un jugement n° 2104481 du 11 février 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2022, Mme B, représentée par Me Djehanne Elatrassi-Diome, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir ces arrêtés ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
La requérante a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 24 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la motivation :
2. Conformément aux articles L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et L. 613-1 et L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les deux arrêtés ont énoncé, dans leurs considérants ou dans leurs dispositifs, les motifs de droit et de fait qui ont fondé leurs différentes décisions.
En ce qui concerne la procédure devant le collège de médecins :
3. D'une part, le rapport médical a été établi conformément au modèle prévu à l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 auquel renvoie l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si des rubriques n'ont pas été renseignées, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette circonstance soit imputable au rapporteur, la requérante ne s'étant pas présentée à la convocation pour un examen médical et ne s'étant pas excusée et son médecin traitant n'ayant pas donné certaines informations, ou qu'elle ait exercé une influence sur le sens de l'avis du collège de médecins.
4. D'autre part, l'avis du collège de médecins comportait les informations prévues à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 auquel renvoie l'articles R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la commission du titre de séjour :
5. Mme B n'entrant pas dans le champ des dispositions auxquelles l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile renvoie, comme on le verra, la consultation de la commission du titre de séjour que cet article prévoit n'était pas requise.
En ce qui concerne le droit d'être entendu :
6. Lorsqu'il demande un titre de séjour, l'étranger peut fournir à l'administration tous motifs, précisions et justifications utiles, peut ensuite compléter sa demande et ne saurait ignorer, en accomplissant cette démarche, qu'il peut être éloigné en cas de refus. Le droit d'être entendu, posé à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, est ainsi déjà satisfait avant un refus de titre de séjour avec éloignement et n'implique donc pas que l'intéressé soit mis à même de présenter des observations avant cet éloignement.
En ce qui concerne l'examen de la situation :
7. Il ressort de la motivation des deux arrêtés que leurs auteurs ont procédé, pour toutes leurs décisions, à un examen sérieux et particulier des éléments relatifs à la situation de la requérante alors portés à leur connaissance.
En ce qui concerne la compétence :
8. Les auteurs des deux arrêtés, le directeur des migrations et de l'intégration et l'adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement de la préfecture, bénéficiaient d'une délégation de signature, suffisamment précise, sur le fondement de l'article 43 du décret du 29 avril 2004 et d'un arrêté du 9 septembre 2021 signé par le préfet et régulièrement publié.
En ce qui concerne l'incompétence négative :
9. Il ressort du troisième alinéa de la troisième page de l'arrêté que le préfet ne s'est pas cru lié par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
En ce qui concerne l'état de santé :
10. D'une part, si Mme B est suivie pour des pathologies associant diarrhée, phlébite, embolie pulmonaire, épilepsie, cavernome porte, sepsis sur pyélonéphrite, atteinte hépatique, kystes ovariens et rénaux et affection neurologique, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé en juillet 2021 que l'intéressée pourrait voyager sans risque vers la Géorgie et y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.
11. D'autre part, si la requérante expose que la substance active de l'un des médicaments qui lui sont prescrits en France, le clobazam, est inscrite dans la liste III annexée à la loi géorgienne sur les stupéfiants, les substances psychotropes, les précurseurs et l'aide narcologique, il résulte des articles 4 et 5 de cette loi que les substances utilisées à des fins médicales auxquelles celle liste se réfère font l'objet d'un contrôle allégé en Géorgie et n'y sont donc pas indisponibles.
12. En tout état de cause, il n'est démontré ni qu'une prise en charge médicale ne comprenant pas ce médicament pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni que d'autres médicaments à effets équivalents ne seraient pas disponibles en Géorgie.
13. Dans ces conditions, l'arrêté n'a pas violé les articles L. 425-9 et L. 611-3, 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la vie privée et familiale :
S'agissant de la situation administrative :
14. Mme B est entrée irrégulièrement en France en juillet 2019. Sa demande d'asile, déposée en août 2019, a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en septembre 2019. Elle n'a pas exécuté une obligation de quitter le territoire français d'octobre 2019, même après la décision de la Cour nationale du droit d'asile confirmant le rejet de la demande d'asile en janvier 2020, et s'est maintenue irrégulièrement en France jusqu'à l'abrogation de cette obligation de quitter le territoire français en novembre 2020.
S'agissant des autres éléments de la vie privée et familiale :
15. Mme B, née en 1973, a vécu la majeure partie de sa vie en Géorgie où résident ses trois enfants majeurs. Elle a été interpellée et placée en garde à vue le 23 novembre 2021 pour vol à l'étalage avec son mari. Celui-ci fait aussi l'objet d'une mesure d'éloignement.
16. Dans ces conditions, l'arrêté n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation y compris au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas violé les articles L. 423-23 et L. 612-7 du même code et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne les risques encourus en cas de retour dans le pays d'origine :
17. La requérante n'a émis aucune critique à l'encontre des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile qui ont rejeté sa demande d'asile. Dès lors et compte tenu de ce qui a été dit aux points 10 à 13, l'arrêté n'a pas violé les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
18. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.
19. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. La présente ordonnance n'implique aucune mesure d'exécution pour l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
21. La demande présentée par la requérante et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Djehanne Elatrassi-Diome.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Douai, le 22 août 2022.
Le président de la 1ère chambre,
Signé: Marc Heinis
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Christine Sire
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026