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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-21LY04314

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-21LY04314

lundi 11 avril 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-21LY04314
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantTERRASSON CLEMENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. C B a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du préfet de l'Isère du 27 avril 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office à l'expiration de ce délai.

Par un jugement n° 2104138 du 6 octobre 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 30 décembre 2021, M. B, représenté par Me Terrasson, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Grenoble du 6 octobre 2021 ;

2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, à titre principal, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer, en application des dispositions de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délais et, dans l'attente, de lui délivrer en application des dispositions de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant du jugement attaqué :

- il est entaché d'une erreur, qu'il appartient à la cour de qualifier, et d'une irrégularité en ce qu'il a été jugé que les dispositions de l'article L. 1110-1 du code de la santé publique ne s'appliquaient pas à cette procédure administrative ;

- il est entaché d'une insuffisance de motivation en ce qu'il s'est abstenu de répondre au motif tiré de la violation des dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les premiers juges ont dénaturé les pièces du dossier en estimant que le préfet avait repris à son compte l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

S'agissant de l'ensemble de l'arrêté attaqué :

- il est illégal car fondé sur un avis du collège des médecins de l'OFII entaché d'une erreur de droit, d'incompétence négative et d'un défaut d'examen impartial ;

S'agissant spécifiquement de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur de droit du fait que le préfet s'est senti lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 1110-1 du code de la santé publique ;

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 décembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant kosovar né le 9 juillet 1985, est entré en France le 29 novembre 2017, selon ses déclarations, accompagné de sa femme et de leurs enfants. A a présenté une demande d'asile rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 14 janvier 2019. Du 18 novembre 2019 au 17 mai 2020, le requérant a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " parent accompagnant " au regard de l'état de santé de sa fille. Par un arrêté du 27 avril 2021, le préfet de l'Isère refusé sa demande de renouvellement de titre de séjour présentée le 23 septembre 2020, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. M. B fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

S'agissant du jugement attaqué :

3. En premier lieu, comme l'ont clairement indiqué les premiers juges, les prescriptions du code de la santé publique ne régissent pas la procédure administrative au terme de laquelle le préfet prend sa décision. Par suite, ce moyen doit être écartée.

4. En deuxième lieu, M. B soutient que les premiers juges ont omis de répondre au moyen tiré de la violation des dispositions de l'article L. 611-3 9°, entachant leur jugement d'une insuffisance de motivation. Toutefois, ce moyen étant inopérant, le tribunal administratif de Grenoble n'avait, en tout état de cause, pas à y répondre.

5. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet mentionne, dans les visas comme dans l'argumentation, les éléments justifiant de sa décision, et spécifiquement l'avis du collège des médecins de l'OFII. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que les premiers juges ont dénaturé les pièces du dossier sur ce point. Ce moyen ne peut qu'être écarté.

Sur les décisions préfectorales :

6. Sauf en ce qui concerne les moyens ci-dessus analysés, la requête de M. B se borne à reprendre l'énoncé des moyens invoqués devant les premiers juges. Ces moyens ont été écartés à bon droit par le jugement du tribunal administratif de Grenoble. Il y a lieu, dès lors, par adoption des motifs du jugement attaqué, à l'encontre desquels le requérant ne formule aucune critique utile ou pertinente, d'écarter ces autres moyens.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Lyon, le 11 avril 2022.

Le président,

Gilles Hermitte

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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