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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY01566

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY01566

lundi 18 juillet 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY01566
TypeOrdonnance
Recoursfiscal
Avocat requérantCMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE LYON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

La SARL Tara a demandé au tribunal administratif de Lyon de prononcer le remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) d'un montant de 108 095 euros au titre du mois de mars 2020 et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2005231 du 22 mars 2022, le tribunal administratif de Lyon a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 18 mai 2022, la SARL Tara, représentée Me Devis, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Lyon en date du 22 mars 2022 ;

2°) de lui accorder le remboursement demandé ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les dispositions du b du 4° de l'article 261 D du code général des impôts ne subordonne pas la taxation des prestations qu'il vise à la condition qu'elles soient réalisées de manière continue ;

- les dispositions du b du 4° de l'article 261 D du code général des impôts ont pour objet de soumettre à la TVA les locations saisonnières assorties de services para-hôteliers qui entrent en concurrence avec les établissements à caractère hôtelier, sans qu'il y ait lieu de tenir compte de la périodicité des locations saisonnières dès lors qu'il ne s'agit pas d'opérations occasionnelles ressortant du simple exercice du droit de propriété par son titulaire, agissant, dès lors à titre privé ;

- c'est à tort que le tribunal administratif a considéré que, pour sa villa de Ramatuelle, elle n'exerçait pas une activité de mise à disposition d'un local meublé à titre onéreux et de manière habituelle soumise à la TVA au sens des dispositions de l'article 261 D du code général des impôts et qu'elle ne se trouvait pas en situation de concurrence potentielle avec les établissements hôteliers ;

- c'est à tort que le tribunal administratif a considéré que, pour son chalet situé à Megève, le tribunal a considéré qu'elle ne justifiait pas avoir été en mesure de proposer la fourniture d'au moins trois des quatre services visés au b du 4° de l'article 261 D du code général des impôts.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. La société Tara est propriétaire d'une villa à Ramatuelle et d'un chalet à Megève qu'elle offre à la location. Estimant qu'elle ne pouvait être assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée pour ces opérations de location, l'administration fiscale a rejeté sa demande de remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée déposée au titre de la période du mois de mars 2020, d'un montant de 108 095 euros. La société Tara a contesté cette décision et demandé au tribunal administratif de Lyon le remboursement de ce crédit de taxe sur la valeur ajoutée. Elle relève appel du jugement du 22 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté cette demande.

3. L'administration et le jugement attaqué n'ayant pas fondé le rejet de la demande de remboursement sur un tel motif, la requérante ne peut utilement faire valoir que les dispositions du b du 4° de l'article 261 D du code général des impôts ne subordonne pas la taxation des prestations qu'il vise à la condition qu'elles soient réalisées de manière continue.

4. L'administration et le jugement attaqué n'ayant pas fondé le rejet de la demande de remboursement sur un tel motif, la requérante ne peut utilement faire valoir que les dispositions du b du 4° de l'article 261 D du code général des impôts ont pour objet de soumettre à la TVA les locations saisonnières assorties de services para-hôteliers qui entrent en concurrence avec les établissements à caractère hôtelier, sans qu'il y ait lieu de tenir compte de la périodicité des locations saisonnières dès lors qu'il ne s'agit pas d'opérations occasionnelle ressortant du simple exercice du droit de propriété par son titulaire, agissant, dès lors à titre privé.

5. Les autres moyens susvisés ont été écartés à bon droit par le jugement attaqué, dont il y a lieu d'adopter les motifs.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SARL Tara est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de la SARL Tara est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Tara et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Lyon, le 18 juillet 2022.

Le premier vice-président,

François Bourrachot

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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