jeudi 7 avril 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-19VE00934 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET PEYRICAL & SABATTIER ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A D a demandé au tribunal administratif de Montreuil de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 599,64 euros correspondant au paiement de vingt-huit heures supplémentaires effectives, assortie des intérêts au taux légal à compter du 1er juillet 2013 pour quatre heures supplémentaires et des intérêts au taux légal à compter du 1er septembre 2013 pour vingt-quatre heures supplémentaires, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 183,76 euros au titre des deux jours de carence prélevés à tort, avec intérêts au taux légal à compter du 1er mai 2013, de condamner l'Etat à lui verser les sommes relatives au maintien de la nouvelle bonification indiciaire à compter de septembre 2011, soit 30 points d'indice par mois, ainsi qu'au versement du complément des sommes dues par mois au titre de l'indemnité de résidence à compter de septembre 2011, d'ordonner la capitalisation des intérêts et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1803045 du 28 décembre 2018, le tribunal administratif de Montreuil a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions de la demande tendant au remboursement de la somme de 183,76 euros, a condamné l'Etat à verser à Mme D la somme de 547,54 euros au titre de quatorze heures supplémentaires effectives consacrées à la réalisation de fiches pédagogiques, assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 décembre 2017 et de la capitalisation des intérêts, a condamné l'Etat à lui verser les intérêts sur la somme de 183,76 euros du 3 janvier au 1er août 2018, a mis à la charge de l'Etat le versement à Mme D F la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus des conclusions de sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 15 mars 2019 et le 27 octobre 2021, Mme D, représentée par Me D, avocate, demande à la cour :
1°)d'annuler ce jugement en tant qu'il n'a pas fait droit à une partie de sa demande ;
2°)de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 599,64 euros correspondant au paiement de vingt-huit heures supplémentaires effectives, assortie des intérêts au taux légal à compter du 1er juillet 2013 pour quatre heures supplémentaires et des intérêts au taux légal à compter du 1er septembre 2013 pour vingt-quatre heures supplémentaires, et de la capitalisation des intérêts ;
3°)de condamner l'Etat à lui verser la somme de 183,76 euros au titre des deux jours de carence prélevés à tort, avec intérêts au taux légal à compter du 1er mai 2013 et de la capitalisation des intérêts ;
4°)de condamner l'Etat à lui verser les sommes correspondantes à 30 points de nouvelle bonification indiciaire (NBI) et à l'indemnité de résidence depuis le mois de septembre 2011, avec capitalisation des intérêts ;
5°)de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-le mémoire en défense du ministre est irrecevable car tardif et signé par une autorité incompétente et doit être écarté des débats ; l'administration doit être réputée avoir acquiescé aux faits en application de l'article R. 612-6 du code de justice administrative ;
-la minute du jugement attaqué n'a pas été signée par le président, le magistrat rapporteur et le greffier ;
-ce jugement n'analyse pas ses conclusions en violation de l'article R. 741-2 du code de justice administrative ;
-il est insuffisamment motivé ;
-il est entaché d'erreurs de fait, de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
-elle a rédigé vingt-huit fiches techniques et pédagogiques et non quatorze comme l'a jugé à tort le tribunal administratif et doit être rémunérée sur la base de vingt-huit heures supplémentaires effectives ;
-elle a fait l'objet de deux prélèvements injustifiés de deux jours de carence pour la journée du 4 février 2012 qui n'ont pas été remboursés, en particulier sur le bulletin de paie de juin 2018 ;
-c'est à tort que l'administration a substitué rétroactivement en mars 2013 aux 30 points d'indice de la NBI une indemnité ECLAIR qui lui est moins favorable ; elle pouvait conserver la NBI si elle y trouvait avantage ; en réalité, en tenant compte de l'indemnité de résidence, le maintien de la NBI est plus avantageux ; le maintien de sa NBI à compter de septembre 2011 malgré la publication du décret du 12 septembre 2011 est créateur de droits ; la prescription a été interrompue par sa demande du 23 décembre 2017 ; la prescription résultant de la loi du 31 décembre 1968 n'a pas été invoquée devant le tribunal par l'administration ; elle ne pouvait être soulevée d'office et ne peut être soulevée en appel ; la NBI a été maintenue sur les bulletins de paye jusqu'en juillet 2012 ; elle ne pouvait faire l'objet de modifications rétroactives à compter de septembre 2011.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions relatives aux jours de carence ;
- les conclusions relatives à la NBI sont tardives ;
- il est seulement dû à la requérante quatorze heures supplémentaires.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
-la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
-la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
-la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
-le décret n° 2011-1101 du 12 septembre 2011 ;
-le décret n° 2019-889 du 27 août 2019 ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Camenen,
-les conclusions de Mme Sauvageot, rapporteure publique,
-et les observations de Me D, pour Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, professeur certifié bi-admissible d'anglais, affectée au collège Romain Rolland à Clichy-sous-Bois depuis le 1er septembre 2000, puis au collège Paul Eluard de Montreuil à compter du 23 mai 2017, a saisi le tribunal administratif de Montreuil d'une demande tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser diverses sommes qu'elle estimait lui être dues. Elle fait appel du jugement du 28 décembre 2018 en tant que le tribunal administratif de Montreuil a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions relatives aux prélèvements injustifiés de deux jours de carence et n'a que partiellement fait droit au surplus des conclusions de sa demande.
Sur la recevabilité du mémoire en défense :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 811-10 du code de justice administrative : " () Sauf dispositions contraires, les ministres intéressés présentent devant la cour administrative d'appel les mémoires et observations produits au nom de l'Etat. / Les ministres peuvent déléguer leur signature dans les conditions prévues par la réglementation en vigueur ". Aux termes de l'article R. 811-4-10 du même code résultant de l'article 1er du décret du 27 août 2019 relatif aux compétences des recteurs en matière de règlement juridictionnel et transactionnel des litiges : " Par dérogation aux dispositions de l'article R. 811-10, le recteur d'académie présente devant la cour administrative d'appel les mémoires et observations en défense produits au nom de l'Etat lorsque le litige est né d'une décision relevant des dispositions de l'article D. 222-35 du code de l'éducation, sous réserve des affaires dans lesquelles des conclusions d'appel incident sont présentées au nom de l'Etat ".
3. D'une part, les dispositions de l'article 1er du décret du 27 août 2019 sont applicables aux requêtes enregistrées devant les cours administratives d'appel à compter du 1er septembre 2019. La requête de Mme D ayant été enregistrée le 15 mars 2019, le ministre est compétent pour présenter des observations en défense devant la cour. D'autre part, Mme C B, signataire du mémoire en défense enregistré le 6 octobre 2021, a reçu délégation pour signer tous actes au nom du ministre par une décision du 4 août 2021, publiée au journal officiel de la République française le 21 août 2021. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que le mémoire en défense du ministre doit être écarté des débats faute d'avoir été présenté par une autorité compétente.
4. En second lieu, en vertu de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, lorsqu'une des parties appelées à produire un mémoire dans le cadre de l'instruction n'a pas respecté le délai qui lui a été imparti à cet effet, le président de la formation de jugement du tribunal administratif ou de la cour administrative d'appel peut lui adresser une mise en demeure. Aux termes de l'article R. 612-6 du même code : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
5. Si le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse n'a pas observé le délai qui lui avait été assigné par la mise en demeure adressée en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, cette circonstance ne fait pas obstacle à la prise en compte de son mémoire en défense. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que ce mémoire devrait être écarté des débats en raison de sa tardiveté.
Sur la régularité du jugement attaqué :
En ce qui concerne les irrégularités communes à l'ensemble du jugement attaqué :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative : " Dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience ".
7. Il ressort de l'examen de la minute du jugement attaqué que cette décision est revêtue de la signature du président, du rapporteur et du greffier d'audience, comme le prévoient les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité du jugement en raison du défaut de signature de la minute manque en fait et doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 741-2 du code de justice administrative : " La décision () contient le nom des parties, l'analyse des conclusions et mémoires ainsi que les visas des dispositions législatives ou réglementaires dont elle fait application. "
9. Le jugement attaqué comporte l'analyse des conclusions de Mme D. Par suite, le moyen tiré de ce que ce jugement serait irrégulier faute d'avoir analysé les conclusions de la requérante doit être écarté.
10. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué est insuffisamment motivé en ce qu'il ne répond pas aux moyens pertinents soulevés par la requérante est dépourvu de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
11. Enfin, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué serait entaché d'erreurs de fait, de droit et d'erreur manifeste d'appréciation se rattache au raisonnement suivi par le tribunal administratif et est sans incidence sur sa régularité.
En ce qui concerne le non-lieu à statuer sur les conclusions tendant au remboursement des jours de carence :
12. Mme D a demandé au tribunal administratif de condamner l'Etat à lui verser la somme de 183,76 euros à raison d'une journée de carence, le 4 février 2012, ayant fait l'objet par erreur d'un double précompte sur son traitement. Dans ses écritures en défense devant le tribunal, le recteur de l'académie de Créteil a notamment produit un certificat administratif et un état liquidatif de rappel ou retenue indemnitaire confirmant l'existence de cette erreur et indiquant que cette somme devait être remboursée à l'intéressée. Le recteur a ultérieurement produit le bulletin de paie de Mme D du mois de juillet 2018 faisant effectivement apparaître le remboursement de la somme de 183,76 euros précomptée à tort. La preuve de ce versement est suffisamment établie par cette pièce. Dans ces conditions, cette somme ayant été versée à Mme D en cours d'instance, ses conclusions devant le tribunal avaient perdu leur objet. Ainsi, Mme D n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant au versement de la somme de 183,76 euros.
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions relatives à la nouvelle bonification indiciaire :
13. En premier lieu, il ressort de l'examen du jugement attaqué que le tribunal administratif n'a pas rejeté les conclusions de Mme D relatives à la nouvelle bonification indiciaire au motif relevé d'office qu'elles se heurtaient à la prescription quadriennale mais en raison de leur tardiveté. En relevant d'office cette irrecevabilité, après en avoir averti les parties, le tribunal n'a pas entaché le jugement attaqué d'irrégularité.
14. En second lieu, pour rejeter comme tardives les conclusions de Mme D tendant au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire, le tribunal administratif a relevé que Mme D avait demandé à conserver le bénéfice de cette bonification par un courrier du 28 novembre 2012 ayant donné naissance à une décision implicite de rejet le 29 janvier 2013, que l'intéressée avait réitéré sa demande par un courrier du 15 mars 2013 resté sans réponse et qu'en conséquence, " le délai de recours contentieux contre le refus de maintien de la nouvelle bonification indiciaire était expiré à la date à laquelle Mme D a présenté une nouvelle demande contre cette décision de refus ".
15. Mme D soutient que ses conclusions indemnitaires sont recevables au motif que seules les règles de prescription résultant de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics sont applicables, ses bulletins de paye ne constituant pas une décision. Elle fait également valoir que la nouvelle bonification indiciaire a été maintenue sur ses bulletins de paie jusqu'en juillet 2012 et qu'aucune décision supprimant cette indemnité ne lui a été adressée. Elle soutient enfin que l'administration ne pouvait retirer une décision créatrice de droits et que cette suppression est contraire aux dispositions de l'article 9 du décret du 12 septembre 2011 instituant une indemnité spécifique en faveur des personnels enseignants, des personnels de direction, des personnels d'éducation et des personnels administratifs, sociaux et de santé exerçant dans les écoles, collèges, lycées pour l'ambition, l'innovation et la réussite ainsi qu'à la circulaire du recteur de l'académie de Créteil du 12 avril 2012. Toutefois, par cette argumentation, Mme D ne conteste pas le motif d'irrecevabilité retenu par le tribunal administratif, fondé sur la tardiveté de ses conclusions résultant de l'expiration du délai de recours contentieux contre la décision implicite rejetant sa demande du 28 novembre 2012 tendant au maintien de la nouvelle bonification indiciaire. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté comme irrecevables ses conclusions relatives à la nouvelle bonification indiciaire.
Au fond, sur les conclusions relatives au paiement des heures supplémentaires effectives :
16. En premier lieu, aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
17. Si une mise en demeure de produire des observations en défense dans un délai d'un mois a été adressée sans succès au ministre de l'éducation nationale le 18 septembre 2019 et si le mémoire en défense n'a finalement été enregistré au greffe de la cour que le 6 octobre 2021, jour de la clôture de l'instruction fixée par une ordonnance du 8 septembre 2021, l'administration ne peut cependant être réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête de Mme D.
18. En second lieu, Mme D sollicite la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 1 559,64 euros pour l'élaboration de vingt-huit fiches réalisées en 2013 pour le site du ministère de l'éducation nationale.
19. Il résulte de l'instruction, en particulier d'un courriel du 30 mai 2013, qu'il a été proposé à Mme D de réaliser des fiches sur des jeux à vocation pédagogique. Ce courriel indiquait que les volontaires seraient rémunérés à hauteur d'une heure supplémentaire effective " par jeux testé ". Si, à la suite de cette proposition qu'elle a acceptée, Mme D a réalisé vingt-huit fiches pour l'administration, il résulte notamment du tableau récapitulatif qu'elle a produit, qu'elle n'a testé que quatorze jeux, chacun d'eux ayant donné lieu à l'élaboration d'une fiche pédagogique et d'une fiche technique. Par suite, eu égard aux termes de la promesse contenue dans le courriel précité, Mme D n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif a condamné l'Etat à la rémunérer seulement sur la base de quatorze heures supplémentaires effectives.
20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a seulement condamné l'Etat à lui verser des intérêts sur la somme de 183,76 euros du 3 janvier au 1er août 2018 et à lui verser la somme de 547,54 euros, assortie des intérêts à compter du 26 décembre 2017 et de la capitalisation des intérêts.
Sur les frais liés à l'instance :
21. Ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, verse une somme à Mme D au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A D et au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Créteil.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,
M. Camenen, président assesseur,
M. Toutain, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2022.
Le rapporteur,
G. CAMENENLa présidente,
C. SIGNERIN-ICRE
La greffière,
M. ELa République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026