lundi 25 mars 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE03025 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Procédures contentieuses antérieures :
I°) Par une demande, enregistrée sous le n° 1904708, M. C D a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 7 février 2019 par lequel le maire de la commune de Neuilly-sur-Seine l'a placé en congé de maladie ordinaire pour la période du 1er octobre 2018 au 31 janvier 2019 et l'a rémunéré à demi-traitement pour la période du 1er au 31 janvier 2019, de désigner, en tant que de besoin, un expert afin de déterminer si les arrêts de travail à compter du 1er octobre 2018 sont imputables à l'accident de service du 5 décembre 2017, de déterminer le cas échéant la date de consolidation et son aptitude à reprendre le travail, ainsi que ses éventuelles incapacités, d'enjoindre à la commune de Neuilly-sur-Seine de prendre en charge ses congés de maladie, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de mettre à la charge de la commune de Neuilly-sur-Seine la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II°) Par une demande, enregistrée sous le n° 1904709, M. C D a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 18 février 2019 par lequel le maire de la commune de Neuilly-sur-Seine l'a placé en congé de maladie ordinaire pour la période du 1er octobre 2018 au 14 février 2019 et l'a rémunéré à demi-traitement pour la période du 1er au 14 février 2019, de désigner, en tant que de besoin, un expert afin de déterminer si les arrêts de travail à compter du 1er octobre 2018 sont imputables à l'accident de service du 5 décembre 2017, de déterminer le cas échéant la date de consolidation et son aptitude à reprendre le travail, ainsi que ses éventuelles incapacités, d'enjoindre à la commune de Neuilly-sur-Seine de prendre en charge ses congés de maladie, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de mettre à la charge de la commune de Neuilly-sur-Seine la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
III°) Par une demande, enregistrée sous le n° 1904710, M. C D a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 27 février 2019 par lequel le maire de la commune de Neuilly-sur-Seine l'a placé en congé de maladie ordinaire pour la période du 1er octobre 2018 au 14 février 2019 et du 26 février au 26 mars 2019 et l'a rémunéré à demi-traitement pour la période du 1er au 14 février 2019 ainsi que du 26 février au 26 mars 2019, de désigner, en tant que de besoin, un expert afin de déterminer si les arrêts de travail à compter du 1er octobre 2018 sont imputables à l'accident de service du 5 décembre 2017, de déterminer le cas échéant la date de consolidation et son aptitude à reprendre le travail, ainsi que ses éventuelles incapacités, d'enjoindre à la commune de Neuilly-sur-Seine de prendre en charge ses congés de maladie, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de mettre à la charge de la commune de Neuilly-sur-Seine la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
IV°) Par une demande, enregistrée sous le n° 1906579, M. C D a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 14 mai 2019 par lequel le maire de la commune de Neuilly-sur-Seine l'a placé en congé de longue maladie pour la période du 26 février au 25 août 2019, de désigner, en tant que de besoin, un expert afin de déterminer si les arrêts de travail à compter du 1er octobre 2018 sont imputables à l'accident de service du 5 décembre 2017, de déterminer le cas échéant la date de consolidation et son aptitude à reprendre le travail, ainsi que ses éventuelles incapacités, d'enjoindre à la commune de Neuilly-sur-Seine de le placer " en congé de longue maladie imputable au service " du 26 février au 25 août 2019, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de mettre à la charge de la commune de Neuilly-sur-Seine la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
V°) Par une demande, enregistrée sous le n° 2004004, M. C D a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 17 février 2020 par lequel le maire de la commune de Neuilly-sur-Seine l'a placé en congé de longue maladie pour la période du 26 août 2019 au 25 août 2020, de désigner, en tant que de besoin, un expert afin de déterminer si les arrêts de travail à compter du 1er octobre 2018 sont imputables à l'accident de service du 5 décembre 2017, de déterminer le cas échéant la date de consolidation et son aptitude à reprendre le travail, ainsi que ses éventuelles incapacités, d'enjoindre à la commune de Neuilly-sur-Seine de le placer " en congé de longue maladie imputable au service " du 26 août 2019 au 25 août 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de mettre à la charge de la commune de Neuilly-sur-Seine la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement nos 1904708,1904709, 1904710, 1906579 et 2004004 du 17 septembre 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du maire de la commune de Neuilly-sur-Seine du 27 février 2019, annulé les arrêtés des 7 et 18 février 2019, enjoint à la commune de Neuilly-sur-Seine de réexaminer la situation de M. D dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et rejeté le surplus des conclusions des parties.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2021, M. D, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement en tant qu'il a rejeté ses conclusions tendant à l'annulation des arrêtés du maire de Neuilly-sur-Seine des 14 mai 2019 et 17 février 2020 ;
2°) d'annuler ces arrêtés ;
3°) en tant que de besoin, de nommer un expert afin de déterminer si les congés de longue maladie à compter du 26 août 2019 et les arrêts de travail à compter du 1er octobre 2018 sont imputables à l'accident de service du 5 décembre 2017 ;
4°) d'enjoindre à la commune de Neuilly-sur-Seine de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie pour la période comprise entre le 26 février 2019 et le 25 août 2020 ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Neuilly-sur-Seine la somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- c'est à tort que le tribunal administratif a jugé que ses conclusions tendant à l'annulation des arrêtés des 14 mai 2019 et 17 février 2020 étaient irrecevables eu égard, notamment, à sa situation professionnelle au moment de ses demandes ;
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés ;
- ils ont été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors que la commission de réforme n'a pas été saisie ;
- les décisions refusant de reconnaître l'imputabilité au service de son congé de longue maladie sont entachées d'une erreur de droit, en ce qu'elles méconnaissent les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2023, la commune de Neuilly-sur-Seine, représentée par Me Landot, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. D le versement de la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Houllier,
- et les conclusions de Mme Janicot, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, adjoint technique principal titulaire de la commune de Neuilly-sur-Seine, fait appel du jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 17 septembre 2021 en tant que le tribunal a rejeté les conclusions de sa demande tendant à l'annulation des arrêtés du maire de Neuilly-sur-Seine du 14 mai 2019 et du 17 février 2020 le plaçant en congé de longue maladie.
2. M. D soutient que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté ses conclusions tendant à l'annulation des arrêtés des 14 mai 2019 et 17 février 2020 comme irrecevables pour défaut d'intérêt pour agir, dès lors qu'il existait des considérations particulières de nature à altérer le caractère volontaire de ses demandes de congé de longue maladie auxquelles ces arrêtés ont fait droit. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 12 février 2019, la commune de Neuilly-sur-Seine, après avoir reçu le rapport d'expertise du docteur A B concluant à l'absence de justification de l'arrêt de travail en cours, a mis M. D en demeure de reprendre son poste sous peine d'une radiation des cadres pour abandon de poste, ce courrier est postérieur à la première demande de placement en congé de longue maladie formée par l'intéressé dès le 19 septembre 2018 en raison " d'une problématique de santé ". Il ressort également des pièces du dossier qu'après avoir repris ses fonctions, M. D a été de nouveau placé en congé de maladie à compter du 26 février 2019 et que, dans ce contexte, la commune de Neuilly-sur-Seine lui a transmis, le 18 mars 2019, un dossier de demande de congé de longue maladie que M. D a rempli et transmis le 26 mars 2019, conformément aux préconisations de son médecin généraliste. Dans ces conditions, en l'absence de toute circonstance ayant été de nature à altérer la volonté de M. D et, en particulier, dès lors que ce dernier avait déjà sollicité un premier placement en congé de longue maladie dès le 19 septembre 2018, l'intéressé ne justifie pas d'un intérêt pour agir contre les décisions du 14 mai 2019 et du 17 février 2020, prises à sa demande, le plaçant en congé de longue maladie à plein traitement du 26 février au 25 août 2019, puis prolongeant ce congé pour une durée d'un an du 26 août 2019 au 25 août 2020, à plein traitement jusqu'au 25 février 2020 puis à demi-traitement à compter du 26 février 2020. Par suite, c'est à bon droit que le tribunal administratif a jugé que M. D ne justifiait pas d'un intérêt pour agir contre ces deux décisions. Dans ces conditions, les moyens qu'il soulève à l'encontre de ces décisions sont inopérants.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de désigner un expert, que M. D n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté ses conclusions tendant à l'annulation des arrêtés du 14 mai 2019 et du 17 février 2020. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Neuilly-sur-Seine, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. D demande à ce titre. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D le versement de la somme que la commune de Neuilly-sur-Seine demande sur le fondement des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Neuilly-sur-Seine présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. C D et à la commune de Neuilly-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,
M. Camenen, président assesseur,
Mme Houllier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2024.
La rapporteure,
S. HoullierLa présidente,
C. Signerin-IcreLa greffière,
C. Fourteau
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026