mardi 21 juin 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 452739 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:452739.20220621 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | Z |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ROCHETEAU, UZAN-SARANO |
Vu la procédure suivante :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Grenoble de condamner la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Grenoble à lui verser la somme de 28 530 euros outre intérêts de droit à compter du 12 mai 2016, capitalisés, en indemnisation des préjudices qu'il soutient avoir subis en raison de l'absence de cotisation de l'établissement public, pris en qualité d'employeur, à la tranche T2 du régime de retraite complémentaire de l'ARCO. Par un jugement n° 1605013 du 20 décembre 2018, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
Par un arrêt n° 19LY00714 du 18 mars 2021, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté l'appel formé par M. B contre ce jugement.
Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 19 mai et 19 août 2021 et 11 mars 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;
3°) de mettre à la charge de la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense et un nouveau mémoire, enregistrés les 25 janvier et 14 juin 2022, la CCI de Grenoble conclut au rejet du pourvoi et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de M. B et autres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que les moyens du pourvoi ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 2010-853 du 23 juillet 2010, notamment le III de l'article 40 ;
- le statut du personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie ;
- le règlement intérieur de l'assemblée des chambres françaises de commerce et de l'industrie, des chambres de commerce et de l'industrie de région, des chambres de commerce et de l'industrie territoriales et des groupements inter-consulaires, approuvé le 5 mars 1997 et modifié, en dernier lieu, par délibération de la commission paritaire nationale adoptée le 5 mars 1997, approuvé par arrêté du 25 juillet 1997 du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie ;
- le règlement de prévoyance sociale et de retraite du personnel administratif des chambres de commerce homologué par arrêté ministériel du 25 mai 1956, modifié, en dernier lieu, le 17 décembre 2001 ;
- le code de justice administrative ;
Vu la décision n° 452737 du 10 juin 2022 du Conseil d'Etat, statuant au contentieux.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 122-12 du code de justice administrative : " Le président de la section du contentieux, les présidents adjoints de cette section, les présidents de chambre et les conseillers d'Etat mentionnés au quatrième alinéa de l'article R. 122-7 peuvent, par ordonnance : () 6° Statuer sur les requêtes relevant d'une série, qui, sans appeler de nouvelle appréciation ou qualification de faits, présentent à juger en droit des questions identiques à celles tranchées ensemble par une même décision du Conseil d'Etat statuant au contentieux ou examinées ensemble par un même avis rendu par le Conseil d'Etat en application de l'article L. 113-1 ".
2. Ce pourvoi fait partie de la même série et présente à juger les mêmes questions que celles sur lesquelles le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, s'est prononcé par la décision n° 452737 du 10 juin 2022.
3. Le premier alinéa de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics dispose que : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis () ". Aux termes de l'article 3 de la même loi : " La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l'intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance ou de la créance de celui qu'il représente légalement ".
4. En jugeant que, le droit de créance dont se prévaut M. B étant né en 2009, année au cours de laquelle la pension avait été liquidée, son préjudice pouvait être connu dans toute son étendue et que la publication des textes règlementaires lui permettait d'obtenir en temps utile de son employeur l'indemnisation de la minoration de sa pension et qu'il lui appartenait d'en prendre l'initiative, s'il s'y croyait fondé, au plus tard, le 31 décembre 2013, M. B ne pouvait utilement faire valoir qu'en raison des caractéristiques de ce régime et des informations dont il disposait il devait être regardé comme ayant légitimement ignoré l'existence de sa créance, au sens de l'article 3 précité de la loi du 31 décembre 1968, la cour administrative de Lyon a commis une erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêt attaqué.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la CCI de Grenoble la somme de 3 000 euros à verser à M. B, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de M. B qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
O R D O N N E :
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Article 1er : L'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 18 mars 2021 est annulé.
Article 2 : L'affaire est renvoyée à la cour administrative d'appel de Lyon.
Article 3 : La chambre de commerce et d'industrie de Grenoble versera à M. B une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. A B et à la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble.
Copie en sera adressée à la ministre de la santé et de la prévention.
Fait à Paris, le 21 juin 2022.
Le conseiller d'Etat désigné : G. Pellissier
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention, en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :
N. Pelat
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2410256
**Sujet principal** : Demande d'annulation du refus de la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre de séjour. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lyon (7ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal donne acte du désistement de la requête de la demanderesse. Ce désistement est prononcé car, ayant annoncé un mémoire complémentaire dans sa requête sommaire, elle ne l'a pas produit dans le délai légal de quinze jours. **Textes appliqués** : L'article R. 911-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit la sanction du désistement en cas de non-production d'un mémoire complémentaire annoncé dans le délai imparti.
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03088
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