jeudi 14 avril 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 456610 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:456610.20220414 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | CABINET ROUSSEAU ET TAPIE |
Vu la procédure suivante :
La société à responsabilité limitée Logis de Berri, M. A B et Mme D I ont demandé au tribunal administratif de Poitiers de condamner le département des Deux-Sèvres à leur verser la somme de 284 007,42 euros en réparation du préjudice qu'ils estiment avoir subi en raison du refus illégalement opposé par ce département à la demande de la jeune H G de bénéficier d'un contrat jeune majeur. Par un jugement n° 1702899 du 9 mai 2019, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté cette demande.
Par un arrêt n° 19BX020322 du 12 juillet 2021, la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté l'appel formé par la société Logis de Berri et autres contre ce jugement.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 septembre et 13 décembre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Logis de Berri, M. B et Mme I demandent au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) de mettre à la charge du département des Deux-Sèvres la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
le code de l'action sociale et des familles ;
le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Agnès Pic, maître des requêtes en service extraordinaire,
- les conclusions de Mme Marie Sirinelli, rapporteure publique ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, au cabinet Rousseau, Tapie, avocat de la Société Logis De Berri, de M. B et de Mme I et à la SCP Gaschignard, avocat du département des Deux Sevres ;
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que la société Logis de Berri, ainsi que ses gérants, M. B et Mme I, ont, le 22 septembre 2017, demandé au département des Deux-Sèvres de les indemniser, à hauteur de 284 007,42 euros, du préjudice financier qu'ils estiment avoir subi en raison du refus illégal de ce département d'accorder un contrat " jeune majeur " à la jeune H G, née le 6 septembre 1994, qui avait été confiée à l'aide sociale à l'enfance de Paris à compter du 16 février 2010 par décisions successives du juge des enfants et placée, à la demande du département de Paris, auprès du lieu de vie et d'accueil qu'ils gèrent, avec son enfant C J, après sa naissance le 15 juillet 2010. Par un jugement du 9 mai 2019, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté les conclusions de la société Logis de Berri, M. B et Mme I tendant à la réparation par le département des Deux-Sèvres de ce préjudice. La société Logis de Berri, M. B et Mme I se pourvoient en cassation contre l'arrêt du 12 juillet 2021 par lequel la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté leur appel contre ce jugement.
2. En vertu des dispositions de l'article R. 811-1 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs statuent en premier et dernier ressort : "1° Sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, mentionnés à l'article R. 772-5, y compris le contentieux du droit au logement défini à l'article R. 778-1 ".
3. L'action indemnitaire de la société Logis de Berri et autres relève des litiges relatifs aux " prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale ", au sens de l'article R. 811-1 du code de justice administrative. Par suite, le tribunal administratif de Poitiers a statué en premier et dernier ressort sur la demande de première instance des requérants. La cour administrative d'appel de Bordeaux était dès lors incompétente pour statuer sur leurs conclusions tendant à l'annulation du jugement du 9 mai 2019 du tribunal administratif de Poitiers.
4. Les requérants sont, par suite, fondés à demander l'annulation de l'arrêt du 12 juillet 2021 de la cour administrative d'appel de Bordeaux, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de leur pourvoi dirigés contre cet arrêt, et il y a lieu de regarder les conclusions présentées par les requérants contre le jugement du 9 mai 2019 comme un pourvoi en cassation dirigé contre ce jugement, faisant à ce titre l'objet de la procédure d'admission des pourvois en cassation. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur ce fondement par le département des Deux-Sèvres, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance de cassation relative à l'arrêt du 12 juillet 2021 de la cour administrative d'appel de Bordeaux.
5. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
6. Pour demander l'annulation du jugement qu'ils attaquent, la société Logis de Berri et autres soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- le tribunal administratif a dénaturé les faits de l'espèce en jugeant qu'ils ne démontraient pas en quoi le département des Deux-Sèvres, lorsqu'il a pris sa décision du 15 mai 2013 refusant à Louise G le bénéfice d'un contrat jeune majeur, aurait commis une erreur d'appréciation à l'origine de leur préjudice ;
- il a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant qu'il résultait de celles-ci que le Logis de Berri avait déjà perçu une indemnisation du département en tant que tiers de confiance pour la prise en charge de Kiara J pendant toute la période pour laquelle l'indemnisation est demandée.
7. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : L'arrêt du 12 juillet 2021 de la cour administrative d'appel de Bordeaux est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département des Deux-Sèvres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le pourvoi de la société Logis de Berri et autres contre le jugement du 9 mai 2019 du tribunal administratif de Poitiers n'est pas admis.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée Logis de Berri, première dénommée, pour l'ensemble des requérants, et au département des Deux-Sèvres.
Délibéré à l'issue de la séance du 24 mars 2022 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Damien Botteghi, conseiller d'Etat et Mme Agnès Pic, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteure.
Rendu le 14 avril 2024.
La présidente :
Signé : Mme Gaëlle Dumortier
La rapporteure :
Signé : Mme Agnès Pic
La secrétaire :
Signé : Mme E F
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026