jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1904386 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 septembre 2019 et le 7 janvier 2020, la société à responsabilité limitée 2AU Jean-Marc Thieffin, représentée par son gérant, par la société d'avocats Plénot, Suarès, Blanco, Orlandini, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler l'ordre de recouvrer d'un montant de 873,13 euros émis le 27 décembre 2011 par le président directeur général de l'Agence de services et de paiement, signifié le 13 mars 2019.
Elle soutient que :
- le montant de 873,13 euros n'est pas dû à l'Agence de services et de paiement en application des dispositions de l'article R. 5134-69 du code du travail dès lors que les aides perçues au titre de l'aide à l'insertion professionnelle ne font pas l'objet d'un reversement à l'organisme en cas de rupture du contrat de travail au cours de la période d'essai ;
- la créance d'un montant de 873,13 euros est prescrite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2019, l'Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- la requête est irrecevable dès lors que la requérante n'est pas représentée par un avocat ;
- la créance est fondée, dès lors qu'elle est relative à des aides versées postérieurement à la rupture du contrat unique d'insertion ;
- elle n'est pas prescrite.
Par une ordonnance du 3 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 28 juin 2021.
Par une ordonnance du 30 août 2022, l'instruction a été rouverte et la clôture d'instruction a été fixée au 14 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,
- les conclusions de M. Herold, rapporteur public,
- et les observations de Me Gadd, représentant la SARL 2AU Jean-Marc Thieffin.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) 2AU Jean-Marc Thieffin a conclu avec Pôle emploi pour le compte du conseil général des Alpes-Maritimes un contrat unique d'insertion en faveur de Mme A le 21 juin 2010. La SARL 2AU Jean-Marc Thieffin a toutefois rompu ce contrat de travail à compter du 20 décembre 2010, au cours de la période d'essai de la salariée. La société requérante s'est vue signifier par voie d'huissier, le 13 mars 2019, un ordre de recouvrer exécutoire émis par le directeur général de l'Agence de services et de paiement le 27 décembre 2011 et certifié exact le 19 février 2019. Par la présente requête, elle demande au tribunal l'annulation de l'ordre de recouvrer qui lui a été signifié le 13 mars 2019.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'autre part, il résulte des dispositions des articles L. 313-1 et D. 131-13 du code rural et de la pêche maritime que l'Agence de services et de paiement est un établissement public administratif placé sous la tutelle des ministres chargés de l'agriculture et de l'emploi. Toutefois, il ne résulte pas de ces dispositions que les ministres de tutelle sont investis d'un pouvoir hiérarchique sur cet établissement public. Dès lors, aucun recours hiérarchique contre les décisions rendues par l'Agence de services et de paiement ne saurait être accueilli par les ministres de tutelle.
4. Si l'Agence de services et de paiement fait valoir que la requête est tardive dès lors que l'exercice d'un recours hiérarchique auprès du ministre du travail n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux de deux mois, il résulte toutefois de l'instruction que la signification du titre exécutoire indiquait, dans la rubrique " voies de recours ", qu'un recours hiérarchique pouvait être introduit dans le délai de deux mois auprès du ministre chargé du travail. C'est conformément à ces indications erronées que la SARL 2AU Jean-Marc Thieffin a formé un recours hiérarchique le 7 mai 2019, reçu par le ministre du travail le 9 mai 2019, soit dans le délai de deux mois de la décision attaquée notifiée le 13 mars 2019. Dès lors, l'Agence de services et de paiement ne saurait lui opposer la circonstance que c'est à tort qu'elle a exercé un recours hiérarchique et, partant, la tardiveté de sa requête, enregistrée le 4 septembre 2019. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de ce que la requête serait tardive doit être écartée.
5. En second lieu, la fin de non-recevoir tirée du défaut de ministère d'avocat requis par les dispositions de l'article R. 431-2 du code de justice administrative doit être écartée dès lors que la société requérante a régularisé ses conclusions en les présentant le 13 août 2021 par le ministère de la société d'avocats Plénot, Suarès, Blanco, Orlandini.
Sur les conclusions à fin de décharge :
6. Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ". Et aux termes de l'article 2244 du même code : " Le délai de prescription ou le délai de forclusion est également interrompu par un acte d'exécution forcée ".
7. Il résulte de l'instruction que l'Agence de services et de paiement a eu connaissance de l'existence de sommes versées indûment à la société requérante au plus tard le 27 décembre 2011, date de l'émission de l'ordre de recouvrer, et du montant de cet indu le 16 février 2012, date à laquelle elle a été informée de la rupture du contrat de travail. Ainsi, à la date de notification du titre exécutoire litigieux, soit le 13 mars 2019, la prescription quinquennale des créances réclamées par l'Agence de services et de paiement était acquise depuis, au plus tard, le 16 février 2017. Par ailleurs, l'Agence de services et de paiement n'établit pas avoir, entre le 16 février 2012 et le 16 février 2017, accompli d'actes d'exécution forcée ayant eu pour effet d'interrompre le délai de prescription. En particulier, si elle fait valoir qu'elle a adressé à la société requérante, le 19 avril 2012, une mise en demeure de s'acquitter de sa dette, ce courrier ne constitue pas un acte d'exécution forcée. En outre, la mise en demeure que l'Agence de services et de paiement allègue avoir adressée à la SARL 2AU Jean-Marc Thieffin le 4 juillet 2017 est en tout état de cause postérieure au 16 février 2017 et n'aurait donc pas pu avoir eu pour effet d'interrompre la prescription. Il suit de là que la société requérante est fondée à soutenir que la créance dont le recouvrement est poursuivi par l'ordre de recouvrer émis le 27 décembre 2011 certifié exact le 19 février 2019 et notifié le 13 mars 2019 est prescrite en application des dispositions de l'article 2224 du code civil.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen soulevé au soutien de la requête, que la SARL 2AU Jean-Marc Thieffin doit être déchargée de l'obligation de payer la somme de 873,13 euros mise à sa charge par l'ordre de recouvrer émis à son encontre par le directeur général de l'Agence de services et de paiement le 27 décembre 2011 et notifié le 13 mars 2019.
D E C I D E :
Article 1er : La SARL 2AU Jean-Marc Thieffin est déchargée de l'obligation de payer la somme de 873,13 euros (huit-cent-soixante-treize euros et treize centimes) mise à sa charge par l'ordre de recouvrer émis le 27 décembre 2011 par le directeur général de l'Agence de services et de paiement et notifié le 13 mars 2019.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée 2AU Jean-Marc Thieffin et à l'Agence de services et de paiement.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mear, présidente,
Mme Kolf, conseillère,
M. Cherief, conseiller,
Assistés de Mme Sussen, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
S. KOLF
La présidente,
signé
J. MEARLa greffière,
signé
C. SUSSEN
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026