jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1905212 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FARRUGIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 octobre 2019, la société Sorobat, représentée par son gérant en exercice, ayant pour avocat Me Farrugia, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juin 2019 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis à sa charge les contributions spéciale et forfaitaire prévues par les articles L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la décision du 9 septembre 2019 rejetant son recours gracieux;
2°) de prononcer la décharge totale des sommes mises à sa charge au titre des contributions spéciale et forfaitaire ;
3°) à titre subsidiaire de prononcer la décharge partielle des sommes mises à sa charge au titre des contributions spéciale et forfaitaire ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions des 28 juin et 9 septembre 2019 sont entachées d'incompétence ;
- ces décisions méconnaissent les droits de la défense ;
- il n'est pas établi qu'il existait une relation de travail avec M. A ;
- il y a lieu de procéder à une minoration du montant des contributions mises à sa charge ;
- elle peut bénéficier des dispositions du 1° du II de l'article R. 8253-2 du code du travail ;
- aucune autre infraction n'a été retenue à son encontre, notamment aucune infraction au code de la route ; le parquet de Draguignan a procédé à un classement sans suite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2020, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 3 octobre 2022 par une ordonnance du 14 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cherief, conseiller ;
- les conclusions de M. Herold, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un procès-verbal établi le 29 janvier 2019 par les services de l'escadron départemental de sécurité routière du Var, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a adressé le 28 février 2019 à la société Sorobat un courrier l'invitant à présenter ses observations éventuelles avant que lui soit notifiée une décision mettant en œuvre les dispositions de l'article L. 8253-1 du code du travail, du fait de l'emploi d'un travailleur étranger, démuni d'un titre l'autorisant à exercer une activité salariée, et les dispositions de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du fait de l'emploi d'un salarié démuni de titre l'autorisant à séjourner sur le territoire national. Par une décision du 28 juin 2019, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a appliqué à la société requérante, d'une part, la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 18 100 euros et, d'autre part, la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour un montant de 2 124 euros. Le recours gracieux formé par la société Sorobat contre la décision du 28 juin 2019 a été rejeté par une décision du 9 septembre 2019. Par la présente requête, la société requérante demande au tribunal d'annuler les décisions du 28 juin et du 9 septembre 2019 et de prononcer la décharge totale des sommes mises à sa charge au titre des contributions spéciale et forfaitaire ou, à titre subsidiaire, de prononcer la décharge partielle de ces sommes.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code, dans sa rédaction applicable aux faits de l'espèce : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat et est au moins égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12 et, en cas de réitération, à 25 000 fois ce même taux. / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de liquider cette contribution () ". Aux termes de l'article L. 8271-17 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Outre les inspecteurs et contrôleurs du travail, les agents et officiers de police judiciaire, les agents de la direction générale des douanes sont compétents pour rechercher et constater, au moyen de procès-verbaux transmis directement au procureur de la République, les infractions aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger sans titre de travail et de l'article L. 8251-2 interdisant le recours aux services d'un employeur d'un étranger sans titre. " Aux termes de l'article R. 8253-6 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration décide de l'application de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 et notifie sa décision à l'employeur ainsi que le titre de recouvrement ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable au litige et dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 822-2 : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine () L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de fixer le montant de cette contribution () ".
4. En premier lieu, par deux arrêtés préfectoraux du 1er février 2019 et du 3 juillet 2019, régulièrement publiés au bulletin officiel du ministère de l'intérieur, Mme B C, cheffe du pôle du service juridique et de suivi du contentieux et signataire des décisions en litige, a reçu délégation du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à l'effet, notamment, de signer tous les actes, décisions et correspondances relevant du champ de compétences du service juridique et contentieux. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions litigieuses sont entachées d'incompétence ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, en application des articles L. 211-2 et L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, la décision par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration inflige une contribution spéciale et une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine à un employeur, lesquelles constituent une sanction, doit être motivée et est soumise au respect d'une procédure contradictoire. En application de l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les mesures mentionnées à l'article L. 121-1 à caractère de sanction ne peuvent intervenir qu'après que la personne en cause a été informée des griefs formulés à son encontre et a été mise à même de demander la communication du dossier la concernant ".
6. Par ailleurs, aux termes de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 : " Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution ". Cette disposition implique notamment qu'aucune sanction ayant le caractère d'une punition ne puisse être infligée à une personne sans que celle-ci ait été mise à même de présenter ses observations sur les faits qui lui sont reprochés. Le principe des droits de la défense s'impose, toutefois, aux autorités disposant d'un pouvoir de sanction sans qu'il soit besoin pour le législateur d'en rappeler l'existence. S'agissant des mesures à caractère de sanction, le respect du principe général des droits de la défense suppose que la personne concernée soit informée, avec une précision suffisante et dans un délai raisonnable avant le prononcé de la sanction, des griefs formulés à son encontre et puisse avoir accès aux pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus, à tout le moins lorsqu'elle en fait la demande.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la société Sorobat a demandé la communication du procès-verbal par un courrier reçu le 15 mars 2019 à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Ce dernier produit à l'appui de son mémoire en défense un mail du 19 mars 2019, antérieur à la décision attaquée, informant la société Sorobat qu'une copie des documents de la procédure intégrale de gendarmerie n° 31725/00117/2019 du 29 janvier 2019 lui était envoyée en annexe. Si la société requérante fait valoir qu'elle a demandé, en vain, à l'administration la communication des éléments qui ont fondé la décision litigieuse, elle n'établit par aucun élément précis et circonstancié qu'elle n'aurait pas reçu ces documents, qui ont été de nouveau annexés à la décision du 9 septembre 2019 rejetant son recours gracieux ni, au demeurant, que ces documents ne contenaient pas le procès-verbal demandé ou que ce dernier ne mentionnait pas les éléments fondant les sanctions litigieuses. Par suite, et alors et alors que la société Sorobat ne pouvait utilement se prévaloir des stipulations de l'article 6 § 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaît les droits de la défense doit être écarté.
8. En troisième lieu, il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre une décision mettant à la charge d'un employeur la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail de vérifier la matérialité des faits reprochés à l'employeur et leur qualification juridique au regard de ces dispositions. La contribution que ces dispositions instituent ne peut être légalement infligée qu'aux personnes ayant embauché, conservé à leur service ou employé un ou plusieurs travailleurs étrangers démunis de titre les autorisant à exercer une activité salariée sur le territoire français. Cette condition n'est remplie que s'il est établi, au regard des éléments produits tant par l'administration que par le requérant, l'existence d'un lien salarial entre l'employeur et le ressortissant étranger dépourvu d'autorisation de travail qu'il emploie, caractérisé notamment par un lien de subordination.
9. Il résulte de l'instruction que, pour considérer qu'il existait un lien salarial entre la société requérante et M. A, l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est fondé sur les constatations effectuées, lors d'un contrôle routier réalisé le 29 janvier 2019, par les services de l'escadron départemental de sécurité routière du Var et retranscrites dans les procès-verbaux d'audition établis le même jour. Il résulte de ces constations que M. A, ressortissant tunisien en situation irrégulière, était, lors de ce contrôle, assis aux côtés de M. D, gérant de la société Sorobat, dans un utilitaire de travail en crédit-bail au profit cette société, et qu'il portait des vêtements de travail tâchés de plâtre, et ce alors que la société requérante est spécialisée dans le " revêtement des sols et murs ". En outre, le gérant de la société Sorobat a reconnu, au cours de son audition, qu'il avait proposé à M. A, d'une part, de venir avec lui à un rendez-vous professionnel à Roquebrune-sur-Argens et, d'autre part, de voir si, éventuellement, il pouvait lui " un peu lui donner de l'argent " en raison de la situation difficile dans laquelle M. A lui avait confié se trouver. Si la société requérante fait valoir que M. D ne faisait que ramener M. A chez lui après l'avoir pris à un point de rendez-vous et que le dossier ne contient pas la preuve d'une relation de travail rémunéré, l'existence d'un lien salarial et de subordination entre la société Sorobat et M. A, dépourvu d'autorisation de travail en France, doit, compte tenu des indices objectifs relevés par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, être regardé comme établie. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il n'est pas établi qu'il existait une relation de travail entre la société Sorobat et M. A doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 8253-2 du code du travail : " I. - Le montant de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est égal à 5 000 fois le taux horaire, à la date de la constatation de l'infraction, du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. / II. - Ce montant est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti dans l'un ou l'autre des cas suivants : 1° Lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ; () "
11. S'il ne saurait interdire de fixer des règles assurant une répression effective des infractions, le principe de nécessité des peines découlant de l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 implique qu'une sanction administrative ayant le caractère d'une punition ne puisse être appliquée que si l'autorité compétente la prononce expressément en tenant compte des circonstances propres à chaque espèce. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire par les dispositions citées au point 2, ou en décharger l'employeur.
12. D'une part, dès lors que les dispositions de l'article R. 8253-2 du code du travail n'autorisent ni l'administration ni le juge, fût-il de plein contentieux, à moduler le montant de l'amende qu'elles déterminent, la société requérante ne peut utilement soutenir que le montant de la sanction aurait dû faire l'objet d'une telle modulation de la part de l'administration et qu'il appartiendrait au juge saisi de la contestation de la sanction d'y remédier en substituant au montant de l'amende prononcée un montant plus faible. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il y a lieu de procéder à une minoration du montant des contributions mises à sa charge doit être écarté.
13. D'autre part, et à supposer que le requérant ait entendu se prévaloir des dispositions précitées du 1° du II de l'article R. 8253-2 du code du travail, il ressort des mentions du procès-verbal du 29 janvier 2019 que les services de gendarmerie ont constaté, à l'occasion du contrôle, la commission de deux infractions constituées par l'exécution d'un travail dissimulé et l'emploi d'un étranger non muni d'une autorisation de travail salarié. Dès lors, la société Sorobat n'est pas fondée à se prévaloir des dispositions du 1° du II de l'article R. 8253-2 du code du travail. Par suite, un tel moyen doit être écarté.
14. Enfin, si la société Sorobat fait valoir que les faits qui lui sont reprochés ont donné lieu à un classement sans suite par le parquet de Draguignan, l'autorité de la chose jugée en matière pénale ne s'attache qu'aux décisions des juridictions de jugement qui statuent sur le fond de l'action publique. Tel n'est pas le cas des décisions de classement sans suite prises par le ministère public, qui ne s'opposent pas, d'ailleurs, à la reprise des poursuites. Par ailleurs, la circonstance qu'aucune autre infraction, notamment aucune infraction au code de la route, n'ait été retenue à l'encontre de la société requérante n'est pas, à elle seule, et au regard de l'exigence de répression effective des infractions, de nature à justifier que la société soit, à titre exceptionnel, dispensée des contributions mises à sa charge. Dès lors, la société Sorobat n'est pas fondée à faire valoir que les sanctions litigieuses sont entachées de disproportion. Par suite, le moyen tiré de ce qu'aucune autre infraction n'a été retenue à son encontre, notamment aucune infraction au code de la route et de ce que le parquet de Draguignan a procédé à un classement sans suite doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation et de décharge présentées par la société Sorobat doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Sorobat est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Sorobat et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mear, présidente,
Mme Kolf, conseillère,
M. Cherief, conseiller,
assistés de Mme Sussen, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur
signé
H. CHERIEFLa présidente,
signé
J. MEAR
La greffière,
signé
C. SUSSEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026