mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2001600 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | JOURNAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mars 2020, Mme A B, représentée par Me Journault, demande au tribunal :
1°) d'annuler les titres n° 16811 et 16812 émis le 27 novembre 2019 portant sur la somme de 1 000 euros chacun, ensemble la lettre de relance avant exécution forcée correspondante ;
2°) de la décharger des sommes mises à sa charge à ce titre et de condamner le département des Alpes-Maritimes à les lui rembourser ;
3°) d'annuler le titre n°10172 émis le 30 juillet 2019, portant sur la somme de 4 756 euros, ensemble l'ampliation de ce titre ;
4°) de la décharger des sommes mises à sa charge à ce titre et de condamner le département des Alpes-Maritimes au remboursement de la somme correspondante ;
5°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ni la nature des sommes réclamées, ni les bases de calcul des sommes réclamées ne sont précisées sur la lettre de relance correspondant aux titres 16811 et 16812 ;
- elle n'a jamais reçu le titre 2019-10172 ; l'ampliation reçue ne précise pas les bases de calcul de la somme réclamée ;
- le titre du 30 juillet 2019 émis pour un montant de 4 756 euros porte le même objet que le titre émis le 3 juillet 2019 pour une somme de 74 375 euros et poursuit donc le recouvrement d'une somme déjà recouvrée;
- son affectation sur le poste de principale au collège de Ségurane emportait l'obligation pour l'administration de lui attribuer un logement de fonction.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 novembre 2020, le département des Alpes-Maritimes, représenté par Me Pichon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 3 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions de la requérante contre le titre 2019-10172 et l'avis de sommes à payer correspondant font l'objet d'un recours sous le numéro 1904013 ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce qu'il résulte des dispositions de l'article L. 1 617-5 du code général des collectivités territoriales que la lettre de relance qui rappelle au débiteur défaillant son obligation de payer résultant d'un titre exécutoire et l'invite à s'acquitter de sa dette avant l'engagement de poursuites pour son recouvrement forcé, ne constitue ni un titre exécutoire, ni un commandement de payer, que par conséquent, les conclusions aux fins d'annulation de la lettre de relance avant saisie relative au règlement des titres 16811 et 16812 du 27 novembre 2019, qui ne constitue pas un acte faisant grief susceptible de recours, doivent être rejetées comme irrecevables.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guilbert,
- et les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent de direction d'établissement d'enseignement de 2ième classe, a été affectée dans l'emploi de proviseure adjointe au lycée du Parc Impérial à Nice à compter du 1er septembre 2014. Elle s'est vue attribuer à ce titre un logement de fonction pour nécessité absolue de service de type F5. Par un arrêté du 5 avril 2016, la ministre a décidé le retrait à Mme B de ses fonctions de proviseure adjointe au sein du lycée, dans l'intérêt du service. En conséquence, le 18 juillet 2016, l'intéressée s'est vue signifier une mise en demeure de libérer le logement sans délai, sous peine de se voir expulser et appliquer une redevance majorée. Par deux titres de perception n° 10564 et 12565 émis les 14 septembre et 4 novembre 2016, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a mis à sa charge le paiement de la redevance d'occupation majorée du logement au titre, d'une part, de la période courant de mai à juillet 2016, pour un montant de 5 625 euros et, d'autre part, pour la période courant d'août à septembre 2016, pour un montant de 3 750 euros. Le tribunal administratif de Nice a rejeté les conclusions formées par Mme B contre ces titres par jugement n°s1605193, 1702630 et 1701199 du 15 mars 2019. Le même jour, le tribunal, saisi par le département, a ordonné à Mme B, par jugement n°1803079, de quitter le logement du Parc Impérial. Le 27 novembre 2019, le département des Alpes-Maritimes a émis deux titres exécutoires T16811 et T16812 en recouvrement des frais liés aux deux instances précédemment citées. Le département a également émis le 6 juin 2019 un titre exécutoire n° 7695 d'un montant de 74 375 euros correspondant à la redevance d'occupation du logement due par la requérante pour la période du 1er octobre 2016 au 6 juin 2019 et le 30 juillet 2019, un titre exécutoire n°10172 d'un montant de 4 758 euros correspondant à un complément de redevance d'occupation du logement due par la requérante pour la période du 1er avril au 30 juillet 2019. Par un jugement n°s1904011 et 1904013 du 21 mai 2021, le tribunal administratif de Nice, saisi par Mme B, a annulé les titres de perception n° 7695/2019 et 10172/2019 émis par le département des Alpes-Maritimes à son encontre les 6 juin 2019 et 30 juillet 2019 et rejeté ses conclusions à l'encontre des titres de perception n° 10564 et 12565. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de la décharger des sommes mises en recouvrement par l'émission des titres T16811, T16812 et 2019-10172.
Sur la lettre de relance relative aux titres T16811 et T16812 :
2. Aux termes de l'article L. 1 617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. (). Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. 5° () L'envoi de la mise en demeure de payer tient lieu du commandement prescrit par le code des procédures civiles d'exécution préalablement à une saisie-vente. Dans ce cas, la mise en demeure de payer n'est pas soumise aux conditions générales de validité des actes des huissiers de justice. 6° Pour les créances d'un montant inférieur à 15 000 €, la mise en demeure de payer est précédée d'une lettre de relance adressée par le comptable public compétent ou d'une phase comminatoire, par laquelle il demande à un huissier de justice d'obtenir du redevable qu'il s'acquitte auprès de lui du montant de sa dette. ".
3. Il résulte des dispositions de l'article L. 1 617-5 du code général des collectivités territoriales que la lettre de relance qui rappelle au débiteur défaillant son obligation de payer résultant d'un titre exécutoire et l'invite à s'acquitter de sa dette avant l'engagement de poursuites pour son recouvrement forcé, ne constitue ni un titre exécutoire, ni un commandement de payer. Dès lors, les conclusions aux fins d'annulation de la lettre de relance avant saisie relative au règlement des titres 16811 et 16812 du 27 novembre 2019, qui ne constitue pas un acte faisant grief susceptible de recours, doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les titres T16811 et T16812 :
4. Mme B, qui se borne à critiquer la motivation de la lettre de relance précédemment mentionnée, à l'encontre de laquelle, ainsi qu'il a été dit au point qui précède, ses conclusions sont irrecevables, n'articule aucun moyen à l'encontre des titres T16811 et T 16812 eux-mêmes. Ses conclusions à l'encontre de ces titres ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le département s'agissant du titre 2019-10172 :
5. Le département des Alpes-Maritimes qui soutient que les conclusions de la requérante contre le titre 2019-10172 et l'avis de sommes à payer correspondant font l'objet d'un recours sous le numéro 1904013, doit être regardé comme opposant à Mme B l'autorité de la chose jugée attachée au jugement correspondant. Il résulte de l'instruction que par jugement du 21 mai 2021, devenu définitif, le tribunal a statué sur les conclusions de la requérante contre ce titre et son ampliation. Dès lors, les conclusions de Mme B à cet égard doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice s'opposent à ce que soit mise à la charge du département des Alpes-Maritimes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la requérante au titre des frais liés à l'instance. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme B une somme de 2 000 euros à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera au département des Alpes-Maritimes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
G. Taormina La greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026