mercredi 12 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2003877 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL G.PALOUX- E.MUNDET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2020, la société Segim Groupe, représentée par Me Mundet, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge totale des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2018 au
31 octobre 2018, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) au titre subsidiaire, de prononcer la décharge, à hauteur d'un montant de
25 000 euros, des rappels de TVA auxquels elle a été assujettie au titre de la période du
1er janvier 2018 au 31 octobre 2018, ainsi que des pénalités correspondantes ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le rappel de TVA mis en recouvrement le 31 janvier 2020 ne tient pas compte du règlement d'un montant de 25 000 euros qu'elle a effectué auprès du service des impôts des entreprises (SIE) de Cagnes-sur-Mer en juin 2018 ; en conséquence, le rappel de TVA mis à sa charge doit être ramené à 12 743 euros (37 743 - 25 000) ;
- l'administration fiscale a manqué à son devoir de loyauté en ne respectant pas les termes de sa correspondance du 3 octobre 2019, confirmés par un courrier électronique du
16 juin 2020, selon lesquels son règlement de 25 000 euros serait imputé sur sa dette de TVA au titre de 2018 ;
- elle a été privée d'une garantie dès lors que, sur les conseils de l'administration, elle s'est désistée de la procédure devant la commission départementale des impôts et des taxes sur le chiffre d'affaires ;
- c'est à tort que le service lui a appliquée la majoration de 40 % pour non dépôt d'une déclaration dans les trente jours suivant une mise en demeure, prévue au b du 1 de l'article 1728 du code général des impôts dès lors que si elle n'a pas déposé de déclarations mensuelles de TVA, elle avait déposé une déclaration trimestrielle de TVA pour le 1er trimestre 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Segim Groupe ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bergantz, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique du 30 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Segim Groupe, spécialisée dans le secteur des activités des sociétés holding, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité concernant la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, étendue au 31 octobre 2018 s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). A l'issue de cette procédure, l'administration a, par une proposition de rectification en date du 17 mai 2019, notifié à la société requérante, d'une part, selon la procédure de rectification contradictoire, des rectifications en matière d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2016 et, d'autre part, selon la procédure de taxation d'office, des rappels de TVA au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 octobre 2018. Par sa requête, la société Segim Groupe demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de TVA ainsi mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : () 2° () sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée () ".
3. La société Segim Groupe soutient que l'administration fiscale aurait dû imputer le règlement d'un montant de 25 000 euros qu'elle a effectué auprès du SIE de Cagnes-sur-Mer en juin 2018, sur sa dette de TVA d'un montant de 37 743 euros due au titre de la période du
1er janvier 2018 au 31 octobre 2018. Toutefois, une telle demande, qui porte sur le montant de la dette fiscale, se rattache au contentieux du recouvrement en application des dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, alors que le présent litige est un contentieux d'assiette. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que l'administration a procédé à une telle imputation, qui est, contrairement à ce que soutient la société requérante, sans incidence sur le bien-fondé des rappels de TVA en litige. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration a méconnu son devoir de loyauté en n'imputant pas la somme de 25 000 euros sur le montant des rappels de TVA exigibles ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales : " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis () de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 du code général des impôts () ". Aux termes de l'article L. 59 A du même livre : " I. - La commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires intervient lorsque le désaccord porte : 1° Sur le montant du résultat industriel et commercial, non commercial, agricole ou du chiffre d'affaires, déterminé selon un mode réel d'imposition (). Ces dispositions ne sont applicables que lorsque les impositions contestées par le contribuable ont été établies selon la procédure de rectification contradictoire définie aux articles L. 57 et suivants du livre des procédures fiscales.
5. La société Segim Groupe soutient qu'elle a été privée d'une garantie dès lors que par un courrier du 3 octobre 2019, l'administration fiscale lui a demandé de se désister de sa saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires " puisque les points en litige sont résolus ". Cependant, d'une part, contrairement à ce que soutient la société, il résulte de l'instruction que cette saisine ne concernait que les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle avait été assujettie au titre de l'exercice 2016, qui ont par la suite été abandonnées par le service. D'autre part, s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée, il est constant que la société requérante a été imposée selon la procédure de taxation d'office et non selon la procédure de rectification contradictoire prévue à l'article L. 55 du code général des impôts. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été privée de la garantie prévue à l'article L. 59 du livre des procédures fiscales.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : () b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; () ".
7. La souscription, par un redevable qui relève du régime réel normal d'imposition, de déclarations prévues pour les contribuables soumis au régime simplifié d'imposition est assimilable à un défaut de déclaration qui justifie le recours à la procédure de taxation d'office.
8. Il n'est pas contesté par la société Segim Groupe que son activité relevait, au titre de la période en litige, du régime réel d'imposition à la taxe sur la valeur ajoutée, et qu'elle était tenue de souscrire des déclarations mensuelles CA3. L'administration fiscale l'a mise en demeure de déposer de telles déclarations par un courrier en date du 29 novembre 2018, reçu le
6 décembre 2019. Or, la société requérante a déposé ses déclarations mensuelles CA3 au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 octobre 2018 que les 14 et 28 février 2018, soit postérieurement au délai de trente jours qui lui était imparti à compter de la notification de la mise en demeure. Par suite, et alors même qu'elle a souscrit une déclaration trimestrielle de TVA au titre du premier trimestre de l'année 2018, l'administration fiscale était fondée à appliquer la majoration de 40 % en application des dispositions de l'article 1728 du code général des impôts.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la société Segim Groupe doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à la société Segim Groupe la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Segim Groupe est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Segim Groupe et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Chevalier, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de M. Crémieux, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
A. BERGANTZ
Le président,
Signé
O. EMMANUELLI Le greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P / Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière
No 2003877
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026