mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2005128 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SAJOUS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 décembre 2020 et 26 janvier 2022, ainsi qu'un mémoire récapitulatif produit le 28 juin 2022 à la demande du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, Mme B A, représentée par Me Sajoux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté son recours préalable du 12 août 2020 à fin de réparation des préjudices subis résultant, selon elle, du refus d'annuler l'arrêté de refus de titularisation du 27 juillet 2017 ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes de lui verser la somme de 42 000 euros au titre de la perte de salaire et préjudices ;
3°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes de la rétablir dans ses droits à titularisation ;
4°) de mettre à la charge du conseil départemental des Alpes-Maritimes la somme de 7 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision rejetant implicitement sa demande préalable est entachée d'un défaut de motivation ;
- cette décision implicite, qui renvoie au refus de titularisation, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, compte-tenu notamment de ses aptitudes et compétences, de son état de santé, de l'absence de formations, de la surcharge de travail et du défaut d'accompagnement ;
- le refus de titularisation est entaché d'un vice de procédure en ce que, d'une part, la durée de la période de stage a été inférieure à un an en raison notamment de l'absence de prise en compte de son état de santé, d'autre part, en l'absence de saisine de la commission administrative paritaire sur la prorogation du stage ;
- les évaluations réalisées pendant sa période de stage sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il y a lieu d'indemniser la perte de salaire subie d'un montant de 34 761,48 euros depuis le 1er août 2017, ainsi que des honoraires d'avocat engagés en première instance d'un montant de 3 467 euros et ceux engagés pour la cour administrative d'appel d'un montant de 3 500 euros.
Par trois mémoires en défense enregistrés les 29 juillet 2021, 1er avril et 12 juillet 2022, le département des Alpes-Maritimes, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en vertu de l'autorité de la chose jugée ;
- à titre subsidiaire, le département n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité en raison, d'une part, de l'absence d'incidence des vices propres dont serait entachée la décision rejetant la demande indemnitaire préalable, d'autre part, de l'absence d'illégalité fautive entachant la décision de refus de titularisation ;
- la requérante ne fournit aucun justificatif s'agissant de la perte de salaire invoquée et des frais d'avocats engagés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2023 :
- le rapport de Mme Gazeau,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me De Soto, représentant le département des Alpes-Maritimes.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er janvier 2008, Mme A a été intégrée dans le cadre d'emplois des techniciens territoriaux au grade de technicien supérieur territorial principal. Par un arrêté du 27 octobre 2014, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a nommé l'intéressée, lauréate du concours externe d'ingénieur territorial, en qualité d'ingénieur territorial stagiaire pour une durée effective d'un an à compter du 1er novembre 2014. Mme A ayant été placée en congé de maladie ordinaire du 11 septembre 2015 au 24 juillet 2016 puis réintégrée à temps partiel thérapeutique du 25 juillet 2016 au 24 juillet 2017, a bénéficié d'une prolongation de son stage. Par un arrêté du 27 juillet 2017, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a refusé de la titulariser dans le cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux et l'a réintégrée dans son cadre d'emplois d'origine. Mme A a déféré cet arrêté à la censure du tribunal administratif de Nice, lequel, par jugement n°1703112 du 6 novembre 2019, a rejeté sa requête. Par un arrêt n°20MA00018 du 15 avril 2021, la cour administrative d'appel de Marseille a confirmé le jugement rendu en première instance et rejeté la requête de Mme A. Par lettre du 6 août 2020, reçue le 12 août suivant, Mme A a demandé au département des Alpes-Maritimes de l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'arrêté du 27 juillet 2017, résultant de la perte de salaires et des frais d'avocat engagés. Mme A demande au tribunal, par le présent recours, l'indemnisation de ces préjudices.
2. En premier lieu, il résulte des écritures de Mme A, qui demande au tribunal de prononcer, d'une part, l'annulation de la décision prise par le département des Alpes-Maritimes en tant qu'elle emporte rejet du recours indemnitaire préalable formé le 12 août 2020 contre l'arrêté du 27 juillet 2017 refusant sa titularisation à l'issue de son stage, d'autre part, la condamnation de cette même autorité à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de cette décision de refus de titularisation au titre de la perte de salaires notamment, et, enfin, d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de la rétablir dans ses droits à titularisation, que la requérante a entendu donner à sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Il en résulte que la décision du président du département des Alpes-Maritimes rejetant la demande indemnitaire préalable de Mme A a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande. Au regard de cet objet, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressée à percevoir la somme qu'elle réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision rejetant implicitement la demande préalable du 12 août 2020 ne peuvent qu'être rejetées.
3. En second lieu, par un arrêt n° 20MA00018 du 15 avril 2021 devenu définitif, la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté la requête d'appel formée par Mme A et confirmé le jugement n° 1703112 rendu le 6 novembre 2019 par le tribunal administratif de Nice rejetant les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2017 refusant la titularisation de Mme A au grade d'ingénieur territorial à l'issue de son stage. Dès lors, en l'absence de toute illégalité fautive commise par le président du département des Alpes-Maritimes en refusant de titulariser Mme A au grade d'ingénieur territorial à l'issue de son stage, les conclusions indemnitaires présentées par l'intéressée tendant à la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de ce refus de titularisation, ne peuvent qu'être rejetées, ensemble ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 000 au profit du département des Alpes-Maritimes, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera la somme de 1 000 euros au département des Alpes-Maritimes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
Le président,
signé
G. Taormina La greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026