LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2102056

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2102056

lundi 30 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2102056
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat M. RINGEVAL
Avocat requérantSCP ARBOR - TOURNOUD & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 14 avril 2021 et le 21 mars 2022, la société civile immobilière de la Tour d'Opio, représentée par Me Pignier demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018 à hauteur de 275 581 euros en raison des terrains affectés à la pratique du golf au sein de la commune d'Opio ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la compensation opérée par l'administration fiscale n'est pas fondée dès lors qu'il ne peut y avoir de compensation entre une imposition à la taxe sur les propriétés bâties et une imposition à la taxe sur les propriétés non bâties ;

- elle n'est pas fondée dès lors que le village de vacances et les terrains de golf constituent deux propriétés uniques aux modalités d'exploitation distinctes.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Ringeval, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 octobre 2023.

- le rapport de M. Ringeval, rapporteur,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière de la Tour d'Opio a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2018 à raison d'un village de vacances et de terrains affectés à la pratique du golf situés à Opio pour un montant total de 278 145 euros. Elle en demande la décharge.

Sur l'application de la loi fiscale :

2. Aux termes de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales : " Lorsqu'un contribuable demande la décharge ou la réduction d'une imposition quelconque, l'administration peut, à tout moment de la procédure et malgré l'expiration des délais de prescription, effectuer ou demander la compensation dans la limite de l'imposition contestée, entre les dégrèvements reconnus justifiés et les insuffisances ou omissions de toute nature constatées dans l'assiette ou le calcul de l'imposition au cours de l'instruction de la demande. ". Aux termes de l'article L. 204 du livre des procédures fiscales : " La compensation peut aussi être effectuée ou demandée entre les impôts suivants, lorsque la réclamation porte sur l'un d'eux : 1° A condition qu'ils soient établis au titre d'une même année, entre l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés, la contribution prévue à l'article 234 nonies du code général des impôts, la taxe sur les salaires, la taxe d'apprentissage, la cotisation perçue au titre de la participation des employeurs à l'effort de construction. 2° Entre les droits d'enregistrement, la taxe de publicité foncière exigible sur les actes qui donnent lieu à la formalité fusionnée en application de l'article 647 du code général des impôts et les droits de timbre, perçus au profit de l'Etat. ".

3. Il résulte de ces dispositions, qu'à l'exception des hypothèses particulières prévues à l'article L. 204 du livre des procédures fiscales, une compensation ne peut être opérée qu'à la condition qu'elle concerne un même contribuable, une même période d'imposition et une même imposition. Aucune compensation n'est, par conséquent, possible entre la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe foncière sur les propriétés bâties dans le cas où une propriété a été soumise à l'un de ces impôts alors qu'elle était passible de l'autre dès lors qu'il s'agit d'impôts distincts.

4. Il résulte de l'instruction que, par une réclamation préalable du 26 décembre 2019, la société a contesté son assujettissement à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2018 à hauteur de 275 581 euros au motif que les terrains affectés à la pratique du golf devaient être imposés à la taxe foncière sur les propriétés non bâties et non à la taxe foncière sur les propriétés bâties. L'administration fiscale a procédé au rejet de cette réclamation en faisant usage de son droit à compensation. La requérante soutient que la compensation n'est pas fondée dès lors que la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ont été soumis à tort les terrains affectés à la pratique du golfe et la taxe foncière sur les propriétés non bâties constituent des impositions distinctes. Il résulte, toutefois, de l'instruction que l'administration fiscale a compensé les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties qu'elle reconnaît avoir émis à tort concernant les terrains de golf avec les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties qu'elle a omis d'émettre concernant les terrains affectés au village de vacances. La compensation porte, par conséquent, sur le même impôt de sorte que le moyen doit être écarté comme manquant en fait.

5. En deuxième lieu, en vertu de l'article R. 203-1 du même livre : " Lorsque la réclamation porte sur les évaluations foncières des propriétés bâties, la compensation prévue à l'article L. 203 peut s'exercer entre les impositions relatives aux divers éléments d'une propriété ou d'un établissement unique imposés sous l'article du rôle indiqué dans la réclamation, même s'ils sont inscrits séparément à la matrice cadastrale. ".

6. Il résulte de l'instruction que si l'administration fiscale ne conteste pas avoir assujetti à tort les terrains affectés à la pratique du golf à la taxe foncière sur les propriétés bâties, elle fait valoir, sans être contredite factuellement, qu'outre la déclaration modèle CBD du 19 juillet 2017 portant sur ces terrains (invariant n°0982447 U), la société a déposé une autre déclaration le même jour portant sur le village de vacances (invariant n°1097509 X).

7. La SCI de la Tour d'Opio fait valoir que l'administration fiscale ne pouvait effectuer une compensation entre ces deux terrains au motif qu'ils constituent chacun des propriétés uniques aux modalités d'exploitation distinctes. Il résulte toutefois de l'instruction que la société est l'unique propriétaire de ces deux terrains. De plus, la pratique de golf organisée par la société se rattache à l'activité plus générale de village de vacances qu'elle exerce. Ainsi, elle indique dans la rubrique " activité principale exercée dans le local " de la déclaration CBD concernant les terrains affectés à la pratique du golf : " exploitation villages de vacances golf ". En outre, l'administration fiscale relève sans être contredite par la société, que le site internet officiel du village de vacances et d'autres sites internet le référençant indiquent que le golf figure au nombre des activités susceptibles d'être exercées dans le cadre d'un séjour, que les dates de fermetures sont identiques pour le village de vacances et pour le golf et que l'adresse électronique de contact des terrains de golf est une adresse électronique du village de vacances. Dans ces conditions, et quand bien même ils peuvent, par ailleurs, être accessibles à des tiers extérieurs au village de vacances, les terrains affectés à la pratique du golf doivent être regardés comme constituant une propriété unique au sens des dispositions de l'article R. 203-1 du livre des procédures fiscales précitées. La circonstance que les deux terrains soient inscrits sous des numéros distincts au cadastre est sans incidence dès lors que, en application de ces dispositions, les divers éléments composant une propriété unique peuvent être inscrits séparément à la matrice cadastrale.

8. Il résulte de ce qui précède que l'administration fiscale est fondée à demander la compensation entre les cotisations de taxe foncière sur les bâties auxquelles a été assujettie à tort la société requérante au titre des terrains affectés à la pratique du golf et les omissions constatées dans l'assiette au titre du village de vacances.

Sur l'application de la doctrine administrative :

9. Les points 200, 330 et 340 du BOI-CTX-DG-20-40-10 (édition du 12 septembre 2012) et les points 80 et 90 du BOI-IF-TFB-20-10-10-30 (édition du 10 décembre 2012) ne comportent aucune interprétation de la loi fiscale s'écartant de l'application qui en est faite aux points précédents et ne peuvent, par suite, être utilement invoqués par la société requérante sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.

10. Il résulte de ce qui précède que la SCI de la Tour d'Opio n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2018 à raison du village de vacances située à Opio. Il s'ensuit que les conclusions tendant au remboursement des frais d'instance ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société civile immobilière de la Tour d'Opio est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière de la Tour d'Opio et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2023.

Le magistrat délégué,

Signé

B. Ringeval La greffière,

Signé

M.L. Daverio

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions