mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103305 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BROGINI & GRECH AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 juin 2021 et le 24 mai 2022, la commune de Mougins, représentée par Me Grech, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2021 du préfet des Alpes-Maritimes portant réquisition de la parcelle cadastrée section AP n° 104, sise 1352 avenue du Général De Gaulle à Mougins ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Mougins soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il a été notifié tardivement ;
- il est entaché d'erreurs manifestes d'appréciation ; un autre terrain, préalablement identifié par le préfet, était disponible ; le nombre de caravane autorisé n'a pas été respecté ; l'occupation du terrain génère de nombreux risques ;
- il a été pris en méconnaissance des règles d'urbanisme applicables.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 avril 2022 et le 4 mai 2022, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Le préfet des Alpes-Maritimes fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors que l'arrêté litigieux a été entièrement exécuté ;
- la commune de Mougins ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les autres moyens de la requête sont dépourvus de fondement.
Par ordonnance du 2 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 24 mai 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 mai 2024 :
- le rapport de Mme Chaumont, première conseillère,
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Grech, représentant la commune de Mougins.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la commune de Mougins demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 juin 2021 du préfet des Alpes-Maritimes portant réquisition de la parcelle cadastrée section AP n° 104, sise 1352 avenue du Général De Gaulle.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Si le préfet des Alpes-Maritimes fait valoir que l'arrêté attaqué a cessé de produire ses effets, cet arrêté n'a pas disparu rétroactivement de l'ordonnancement juridique et a reçu exécution. Dès lors, l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale est assurée par le maire, toutefois : () / 4° En cas d'urgence, lorsque l'atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publiques l'exige et que les moyens dont dispose le préfet ne permettent plus de poursuivre les objectifs pour lesquels il détient des pouvoirs de police, celui-ci peut, par arrêté motivé, pour toutes les communes du département ou plusieurs ou une seule d'entre elles, réquisitionner tout bien ou service, requérir toute personne nécessaire au fonctionnement de ce service ou à l'usage de ce bien et prescrire toute mesure utile jusqu'à ce que l'atteinte à l'ordre public ait pris fin ou que les conditions de son maintien soit assurées. / L'arrêté motivé fixe la nature des prestations requises, la durée de la mesure de réquisition ainsi que les modalités de son application. / () ".
4. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci vise les textes dont il fait application et notamment l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales. L'arrêté fait également mention, notamment, de l'arrivée de 70 caravanes le 14 juin 2021 et qu'aucun terrain permettant d'accueillir ce grand passage n'a été proposé par les collectivités compétentes des Alpes-Maritimes. Par ailleurs, l'arrêté identifie la parcelle réquisitionnée comme aire temporaire pour l'hébergement d'urgence et l'accueil des gens du voyage, il précise qu'il cessera de produire ses effets le 21 juin à midi et détermine les modalités de son application. L'arrêté attaqué comporte ainsi les éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement, et en particulier la nature des prestations requises, la durée de la mesure de réquisition ainsi que les modalités de son application. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté aurait été notifié tardivement ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, la commune de Mougins soutient que le préfet des Alpes-Maritimes a commis plusieurs erreurs manifestes d'appréciation en réquisitionnant la parcelle cadastrée AP n° 104 sise 1352 avenue du Général De Gaulle à Mougins. Toutefois, d'une part, aucune disposition législative ou règlementaire ne met à la charge du préfet l'identification des terrains pouvant servir d'aire de grand passage aux gens du voyage. D'autre part, la commune n'établit pas, comme elle l'allègue, qu'un autre terrain était disponible. Il ressort, en effet, des pièces du dossier, en particulier du rapport d'information établi par la police municipale de Mougins, que le terrain envisagé dans un premier temps par la préfecture des Alpes-Maritimes, situé sur le chemin du Font de Currault, est en réalité une aire d'autoroute, laquelle dispose de bretelles d'accès et de dégagements depuis et en direction de l'autoroute A8. En outre, la commune n'établit pas, comme elle l'allègue, que le terrain en litige serait cultivé et qu'il serait exposé à un passage régulier de poids lourds et ce terrain se situe en zone B du PPRIF de la commune, c'est-à-dire en zone de risque modéré et non en zone rouge. Par ailleurs, la circonstance que le terrain se situe à proximité d'une installation classée pour la protection de l'environnement, à savoir une parfumerie, ne permet pas de caractériser une erreur manifeste d'appréciation susceptible d'entacher d'illégalité la décision du préfet des Alpes-Maritimes. De même, si les aires collectives d'accueil ne doivent pas être localisées dans des zones faisant l'objet d'une protection comme les sites inscrits, selon les prescriptions pour la conception, l'aménagement et la gestion des aires d'accueil des gens du voyage, l'installation d'une aire d'accueil temporaire pour une période très courte, ne permet pas d'établir l'illégalité manifeste alléguée. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'erreurs manifestes d'appréciation doit être écarté.
7. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. () ".
8. L'arrêté litigieux réquisitionnant un terrain pour être mis temporairement à disposition des gens du voyage n'a, par lui-même, ni pour objet ni pour effet de procéder à l'exécution de travaux ou activités visés à l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme précité. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de la règlementation d'urbanisme doit être écarté comme inopérant.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées.
Sur les liés au litige :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par la commune de Mougins au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de commune de Mougins est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Mougins et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Chaumont, première conseillère,
Mme Duroux, première conseillère,
Assistés de Mme Antoine, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
La rapporteure,
signé
A-Chaumont
Le président,
signé
F. Pascal La greffière,
signé
P.-B. Antoine
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026