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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2200025

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2200025

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2200025
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantROMEO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 5 janvier 2022 et 26 décembre 2023, Mme B A, représentée par Me Romeo, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 29 octobre 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Nice a refusé de la placer en congé de maladie ordinaire pour la période du 25 janvier au 1er août 2021 et l'a placée en absence non homologuée ;

2°) d'enjoindre au directeur général du centre hospitalier universitaire de Nice de la placer en congé de maladie ordinaire pour la période du 25 janvier au 1er août 2021 ;

3°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Nice de lui restituer les sommes prélevées depuis le mois de novembre 2021 assorties des intérêts au taux légal à compter de cette date, dès la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Nice à lui verser une indemnité de 5 000 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison des fautes du centre hospitalier universitaire ;

5°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Nice la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;

- l'illégalité de la décision la plaçant en absence non homologuée est constitutive d'une faut de nature à engager la responsabilité du CHU ;

- elle a été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral ;

- son préjudice moral pour ces deux fautes s'élève à la somme de 5 000 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés les 8 novembre 2023 et 22 février 2024, le centre hospitalier universitaire de Nice, représenté par Me Gillet, conclut à l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires, au rejet du surplus des conclusions et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de liaison du contentieux ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 28 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 septembre 2024 :

- le rapport de Mme Soler, assesseure,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- et les observations de Me Gillet, représentant le CHU de Nice.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A exerce les fonctions de manipulateur radiologue titulaire au sein du centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice depuis le 1er octobre 2018. Elle a bénéficié d'un congé de maladie ordinaire du 2 janvier au 23 juillet 2020 et d'un congé maternité du 24 juillet au 12 novembre 2020. Elle s'est vue délivrer, pour la période du 25 janvier 2021 au 1er août 2021 un arrêt de travail pour motif médical. Elle a été soumise, le 23 août 2021, à une contre-visite par un médecin agréé, lequel a rendu un avis favorable à son placement en congé de maladie ordinaire sur la période. Lors de sa séance du 7 septembre 2021, le comité médical départemental a rendu un avis défavorable à ce placement, réitéré lors de sa séance du 21 septembre 2021. Par une décision du 29 octobre 2021 jointe à un courrier du 18 novembre 2021, le directeur général du centre hospitalier universitaire de Nice a refusé de la placer en congé de maladie ordinaire pour la période du 25 janvier au 1er août 2021 et l'a placée en absence non homologuée. Mme A a formé, le 15 décembre 2021, un recours auprès du comité médical, rejeté le 13 avril 2022. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 29 octobre 2021 et de condamner le CHU de Nice à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le CHU de Nice tirée du défaut de liaison du contentieux :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ". Et aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / () / 3° Si la demande présente un caractère financier sauf, en matière de sécurité sociale, dans les cas prévus par décret ; / () ". La condition posée par le 2e alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.

3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la requérante a adressé une demande préalable d'indemnisation au centre hospitalier universitaire de Nice par un courrier reçu le 29 décembre 2023. En l'absence de réponse à sa demande, une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration sur celle-ci à l'expiration d'un délai de deux mois. L'intervention d'une telle décision en cours d'instance a régularisé les conclusions indemnitaires présentées par Mme A. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le CHU sur ce point doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article 21 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Les fonctionnaires ont droit à : / () / - des congés pour raison de santé ; / () ". Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 42. / () ". Aux termes de l'article 25 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " Pour obtenir un congé de maladie ainsi que le renouvellement du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse à l'administration dont il relève, dans un délai de quarante-huit heures suivant son établissement, un avis d'interruption de travail. Cet avis indique, d'après les prescriptions d'un médecin, d'un chirurgien-dentiste ou d'une sage-femme, la durée probable de l'incapacité de travail. / () / L'administration peut faire procéder à tout moment à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé ; le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption du versement de sa rémunération, à cette contre-visite. / Le comité médical compétent peut être saisi, soit par l'administration, soit par l'intéressé, des conclusions du médecin agréé ".

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, que Mme A a bénéficié d'arrêts de travail à compter du 25 janvier 2021, prolongés jusqu'au 1er août 2021. L'arrêt de travail initial, établi par son gynécologue, précise qu'elle souffre de nausées et vomissements gravidiques. Elle se prévaut également d'un certificat de ce même praticien, établi le 13 décembre 2021, précisant qu'elle a été arrêtée sur toute la période en raison d'une asthénie importante en lien avec des malaises vagaux à répétition l'empêchant de conduire, qu'elle présentait systématiquement de tels malaises lors des échographies obstétricales et qu'elle a bénéficié d'une consultation cardiologique le 4 juin 2021 attestant qu'elle souffrait d'une hypotension symptomatique. L'administration a fait procéder, en date du 23 août 2021, à la contre-visite de Mme A par le docteur C, lequel a émis un avis favorable au congés de maladie ordinaire de Mme A sur la période en raison des malaises vagaux à répétition de l'intéressée et de l'hypotension constatée. Si le directeur du CHU de Nice, dans la décision contestée du 29 octobre 2021, se fonde sur l'avis du comité médical départemental du 21 septembre 2021 précisant que " les critères médicaux ne sont pas réunis ", il ne ressort pas des pièces du dossier que le comité médical départemental aurait fait procéder à une nouvelle expertise de Mme A, l'avis du comité médical ne précisant pas, par ailleurs, les raisons pour lesquelles il a estimé que les critères médicaux n'étaient pas réunis sur la base des éléments qui lui avaient été fournis. Si le CHU soutient à cet égard, qu'il n'existe aucune preuve que les malaises vagaux de l'intéressée auraient persisté au-delà du mois de janvier, il ressort au contraire du certificat médical produit par la requérante que les arrêts de travail délivrés étaient justifiés d'une part, par cette asthénie importante résultant de ces malaises vagaux à répétition, et d'autre part, par une hypotension symptomatique décelée le 4 juin 2021. Dans ces conditions, et alors que l'administration n'apporte aucun élément médical de nature à contredire à la fois les constatations sur lesquelles s'est appuyé le gynécologue de la requérante pour lui prescrire les arrêts de travail en litige et l'avis du médecin agréé qu'elle a mandaté pour procéder à la contre-visite de l'intéressée, Mme A est fondée à soutenir que la décision du 29 octobre 2021 est entachée d'une erreur quant à l'appréciation de son état de santé.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du directeur général du CHU de Nice du 29 octobre 2021 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Compte tenu du motif d'annulation retenu, d'une part, l'annulation de la décision contestée du 29 octobre 2021 plaçant Mme A en situation d'absence non homologuée pour la période du 25 janvier au 1er août 2021 implique nécessairement d'enjoindre au directeur général du CHU de Nice de placer l'intéressée en position de congé de maladie ordinaire sur cette période et de procéder au rétablissement de ses droits sociaux, s'agissant notamment du paiement des cotisations de sécurité sociale, ainsi que dans ses droits à pension en procédant à la régularisation des cotisations afférentes à la période. D'autre part, il y a lieu d'enjoindre au CHU de Nice de verser à Mme A, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, les sommes correspondant aux retenues irrégulièrement opérées sur son traitement à compter du mois de novembre 2021. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par Mme A.

Sur les intérêts :

8. A l'occasion d'un litige portant sur le versement d'une somme d'argent, les conclusions ayant trait au principal et celles ayant trait aux intérêts sont de même nature. Il en résulte que, lorsqu'un requérant est recevable à demander, par la voie du recours pour excès de pouvoir, l'annulation de la décision administrative qui l'a privé de cette somme, il est également recevable à demander, par la même voie, l'annulation de la décision qui l'a privé des intérêts qui y sont attachés. Lorsque le principal est dû, les intérêts sont dus de plein droit, à condition d'être demandés. Ainsi, dans l'hypothèse où le requérant demande l'annulation pour excès de pouvoir de la décision qui l'a privé d'une somme, il est recevable, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, à demander que soit enjoint, pour l'exécution de cette annulation, le versement des intérêts dus à compter de la réception de sa demande préalable à l'administration ou, à défaut, de l'enregistrement de sa requête introductive d'instance.

9. Mme A a droit aux intérêts au taux légal des sommes correspondant aux retenues irrégulièrement opérées sur son traitement à compter du 5 janvier 2022, date d'enregistrement de sa requête introductive d'instance, pour les sommes prélevées antérieurement à cette date. Pour les sommes prélevées postérieurement à cette date, les intérêts au taux légal des sommes correspondant aux retenues irrégulièrement opérées sur son traitement commencent à courir à compter de la date de ces prélèvements.

Sur les conclusions indemnitaires :

10. D'une part, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.

11. En l'espèce, Mme A soutient avoir subi une situation de harcèlement moral en raison de la tenue de deux séances du comité médical départemental les 7 et 21 septembre 2021 alors qu'elle était dans une situation précaire et hospitalisée à ces dates, qu'elle n'a pas été informée de la tenue de cette première séance et informée seulement la veille de la tenue de la séance du 21 septembre 2021. Toutefois, Mme A ne peut être regardée comme présentant des éléments de fait suffisants de nature à faire présumer l'existence d'agissements de harcèlement moral de nature à engager la responsabilité du CHU de Nice à son égard.

12. D'autre part, Mme A fait valoir que le refus illégal de la placer en position de congés de maladie ordinaire a entrainé des troubles dans les conditions d'existence depuis le mois de novembre 2021 et que les difficultés entrainées par cette situation lui ont causé un préjudice moral. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le CHU de Nice demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du CHU de Nice une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du directeur général du CHU de Nice du 29 octobre 2021 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au directeur général du CHU de Nice de placer Mme A en position de congé de maladie ordinaire sur la période du 25 janvier au 1er août 2021 et de procéder au rétablissement de ses droits sociaux, s'agissant notamment du paiement des cotisations de sécurité sociale, ainsi que dans ses droits à pension en procédant à la régularisation des cotisations afférentes à la période.

Article 3 : Il est enjoint au CHU de Nice de verser à Mme A les sommes correspondant aux retenues irrégulièrement opérées sur son traitement à compter du mois de novembre 2021 avec intérêts au taux légal à compter du 5 janvier 2022 pour les retenues opérées avant cette date et à la date de ces retenues pour celles opérées postérieurement, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le CHU de Nice est condamné à verser à Mme A la somme de

3 000 (trois mille) euros.

Article 5 : Le CHU de Nice versera à Mme A la somme de 1 500 (mille cinq cent) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de Nice.

Délibéré après l'audience du 11 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Soler, première conseillère,

M. Bulit, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

N. SOLER

Le président,

Signé

G. TAORMINALe greffier,

Signé

D. CREMIEUX

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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