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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2202722

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2202722

jeudi 29 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2202722
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantDARMON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 juin 2022, M. B A, représenté par Me David André-Darmon, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 et R. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il justifie d'une présence de plus de 16 ans en France ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour sur laquelle elle se fonde ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par ordonnance du 27 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 juillet 2022 à 12:00.

Par ordonnance du 20 septembre 2022, l'instruction a été ré-ouverte et refermée le 13 octobre 2022 à 12H00.

Par ordonnance du 21 novembre 2022, l'instruction a été ré-ouverte.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 10 mai 2010 relatif aux documents et visas exigés pour l'entrée des étrangers sur le territoire européen et la France, modifié ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mear, présidente-rapporteure ;

- et les observations de Me Darmon, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant algérien, né le 7 décembre 1970, a présenté le 6 août 2019 un titre de séjour pour changement de statut de " commerçant " à " salarié ". Il demande l'annulation de l'arrêté du 12 mai 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des termes même de l'arrêté attaqué que le préfet des Alpes-Maritimes a procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant de prendre cet arrêté.

3. En deuxième lieu, M. A ne peut utilement soutenir que la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 et R. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'accord franco-algérien régit d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de validité des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ;() ".

5. M. A soutient être entré en France en 2006 et justifier ainsi d'une résidence de 16 ans sur le territoire français. Toutefois, par les pièces produites au dossier le requérant n'établit pas de manière suffisamment probante avoir résidé habituellement en France en 2015 et 2016. Par suite, si en faisant valoir qu'il réside en France depuis 2006, M. A entend faire valoir que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour méconnaît les stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, il n'établit pas remplir la condition de résidence depuis plus de dix ans visée par l'article 6 -1) de cet accord.

6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de titre de séjour n'est pas illégale. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours est elle-même illégale comme fondée sur une décision portant refus de titre de séjour illégale.

7. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. M. A, détenteur d'une carte de résidence de longue durée en Italie soutient résider en France depuis 2006, soit depuis 16 ans, y travailler et disposer d'un contrat de travail et de ressources suffisantes. Toutefois, par les pièces produites au dossier, le requérant n'établit pas résider habituellement en France depuis 2006, notamment au titre de 2015 et 2016, années au titre desquelles les pièces du dossier sont insuffisamment probantes. Par ailleurs, le requérant, célibataire et sans charge de famille en France, n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. S'il justifie disposer d'un travail et de ressources suffisantes, il ne prévaut d'aucune insertion particulière dans la société française. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise ni, ainsi, à soutenir que cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, M. A n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 mai 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DE C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet des Alpes-Maritimes.

- Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Mear, présidente,

- Mme Kolf, conseillère,

- M. Cherief, conseiller,

- assistés de Mme Albu, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.

L'assesseure la plus ancienne, La présidente,

Signé signé

S. KOLF

J. MEAR La greffière,

signé

C. ALBU

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière

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