LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2400369

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2400369

mardi 14 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2400369
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS RACINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 22 janvier, 5 mars et 12 avril 2024, la commune d'Hyères demande au tribunal :

1°) de réformer l'ordonnance de liquidation rendue le 9 janvier 2024 par la présidente du tribunal administratif de Toulon ayant mis à sa charge l'intégralité des frais et honoraires d'un montant de 17 750,40 € TTC liée à l'expertise réalisée en raison d'un différend dans le règlement financier du marché de travaux pour la réalisation du Musée municipal des cultures et du paysage ;

2°) de répartir, en équité, cette somme à raison de 1 775,04 € à la charge de la commune, 7 100,16 € à la charge du maître d'œuvre, 8 875,20 € à la charge de la société SPIE Batignolles Energie Grand Sud, constructeur ; correspondant aux 10% de responsabilité imputés à la commune par l'expert judiciaire, aux 40% de responsabilité de la société Prospective et Patrimoine (maître d'œuvre) et aux 50% de la société Renouvo chargée du lot " Plafonds ".

La commune soutient que :

- Il ressort du rapport d'expertise que la responsabilité de la commune d'Hyères dans l'allongement de la durée du chantier est de 10 % quand celle de la maîtrise d'œuvre est reconnue à hauteur de 40 % ;

- que la société SPIE Batignolles Energie Grand Sud n'a pas rapporté la preuve de préjudice en lien avec cet allongement de délai.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, la société SPIE Batignolles Energie Grand Sud conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requérante a sollicité la mesure d'expertise ;

- l'expertise n'a présenté d'utilité que pour la commune responsable de 10% de l'allongement du délai de réalisation des travaux.

Par un mémoire, enregistré le 8 février 2024, M. A, expert, a produit ses observations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2024, la société Prospective et Patrimoine, maître d'œuvre, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise solidairement à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requérante a sollicité la mesure d'expertise, alors qu'elle a, pour sa part, fait valoir que cette mesure était inutile ;

- elle conteste la part qui lui est imputable dans l'allongement des travaux.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 9 janvier 2024, par laquelle la présidente du tribunal administratif de Toulon a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. A.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 avril 2024 :

- le rapport de M. Soli

- les conclusions de Mme Belgueche, rapporteure publique

- les observations de Me Deltort-Linotte, pour la commune d'Hyères et de Me Roussarie, pour la SARL Perspective et Patrimoine.

Considérant ce qui suit :

1. En 2016, la commune d'Hyères a entrepris de transformer les locaux de l'ancienne Banque de France situés avenue Joseph Clotis afin d'y accueillir le Musée des Cultures et du Paysage. A la suite de la réception de l'ouvrage, la commune a reçu des mémoires en réclamation sollicitant l'indemnisation de préjudices résultant de l'allongement de la durée du chantier et notamment de la part de la SPIE Batignolles Energie Grand Sud, titulaire des lots n° 9 et 10, pour des montants de 125 899,54 € HT pour le lot n° 9 et de 156 727,40 € HT pour le lot n° 10. La commune a sollicité une expertise auprès du tribunal administratif de Toulon, expertise confiée à M. A. Par ordonnance du 9 janvier 2024, la présidente du tribunal a taxé les honoraires de l'expert à hauteur de 17 750,40 € qui ont été mis à la charge de la commune d'Hyères.

2. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. / Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. / Dans les honoraires sont comprises toutes sommes allouées pour étude du dossier, frais de mise au net du rapport, dépôt du rapport et, d'une manière générale, tout travail personnellement fourni par l'expert ou le sapiteur et toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission. / Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement, () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert. () ". En vertu de l'article R. 621-13 du même code : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Ces frais et honoraires sont, en principe, mis à la charge de la partie qui a demandé le prononcé de la mesure d'expertise. Toutefois, pour des raisons d'équité, ils peuvent être mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'ordonnance est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. / Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance (). ". Selon le premier alinéa de l'article R. 761-4 du même code : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement ou, en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué. ". Aux termes de l'article R. 761-5 du même code : " Les parties, l'Etat lorsque les frais d'expertise sont avancés au titre de l'aide juridictionnelle ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. / Sauf lorsque l'ordonnance émane du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, la requête est transmise sans délai par le président de la juridiction à un tribunal administratif conformément à un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux. / Le président de la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux est appelé à présenter des observations écrites sur les mérites du recours. / Le recours mentionné au précédent alinéa est exercé dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance sans attendre l'intervention de la décision par laquelle la charge des frais est attribuée. ". Enfin, l'article R. 761-1 du même code énonce que : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties (). ".

3. D'une part, il résulte de l'article R. 621-13 du code de justice administrative que lorsque la présidente du tribunal administratif a pris, sur le fondement du titre III du livre V du code de justice administrative, une ordonnance fixant les frais et honoraires de l'expertise et désignant la partie qui en assumera la charge, celle-ci, en l'absence d'instance principale engagée à l'issue de l'expertise, ne peut remettre en cause la taxation des frais et honoraires que dans les conditions fixées par les articles R. 621-13 et R. 761-5 du code de justice administrative, c'est-à-dire en contestant l'ordonnance de taxation.

4. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, dérogeant sur ce point à l'article R. 761-1 du même code, que la répartition des frais et honoraires de l'expert entre les parties intervient dans les circonstances de l'espèce, compte tenu notamment de l'utilité de l'expertise pour ces parties, sans que cette répartition soit déterminée par la seule circonstance qu'une de ces parties l'a demandée ou, à l'inverse, en a contesté le bien-fondé.

Sur les conclusions tendant à la réformation de la répartition de la charge des frais et honoraires de l'expertise :

5. En premier lieu, il n'appartient pas au président de juridiction, taxant et liquidant les frais d'une expertise par décision administrative, ni au juge, saisi d'un recours contre cette ordonnance, de se prononcer sur la régularité des opérations de l'expertise. Il lui incombe seulement d'apprécier l'utilité et la nature du travail fourni par l'expert.

6. En deuxième lieu, d'une part, il résulte de l'instruction que l'expert estime que le pourcentage de responsabilité de la commune dans l'allongement des délais est de 10%, celle de Prospective et Patrimoine (maître d'œuvre) de 40% et 50% à la société défaillante Renouvo, chargée du lot " Plafonds ". Il ressort des pièces du dossier que l'expertise a été utile à la commune d'Hyères qui l'a sollicitée auprès du tribunal administratif de Toulon, à la société Prospective et Patrimoine ainsi qu'à la société SPIE Batignolles Energie Grand Sud qui a présenté les mémoires en réclamation à l'origine du différend sur le règlement financier du marché en cause. Il y a donc lieu, en l'absence d'instance devant le juge du contrat, de réformer l'ordonnance de taxation et de répartir les frais d'expertise à raison d'un tiers pour la commune, un tiers pour le maître d'œuvre et un tiers pour la société SPIE Battignoles.

7. Dès lors qu'il appartient au juge saisi d'un recours contre une ordonnance de taxation de se prononcer sur l'utilité de l'expertise, il résulte de tout ce qui précède que cette ordonnance doit être réformée en ce qu'elle a de contraire au point précédent du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Les frais et honoraires de l'expertise taxée par ordonnance de la présidente du Tribunal administratif de Toulon du 9 janvier 2024, à hauteur de 17 750,40 € sont répartis à raison d'un tiers pour la commune d'Hyères, un tiers pour la société Prospective et Patrimoine, maître d'œuvre et un tiers pour la société SPIE Batignolles Energie Grand Sud.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la commune d'Hyères-les-Palmiers, à la présidente du tribunal administratif de Toulon, à la société Prospective et Patrimoine et à la société SPIE Batignolles Energie Grand Sud.

Copie en sera adressée à M. A, expert.

Délibéré après l'audience du 23 avril 2024 à laquelle siégeaient :

M. Soli, président-rapporteur ;

Mme, Gazeau, première conseillère ;

Mme Guilbert, première conseillère ;

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.

Le président-rapporteur, L'assesseure la plus ancienne,

signé signé

P. SOLI D. GAZEAU

La greffière,

signé

E. GIALIS

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation, la greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions