mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2400563 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DEMES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er février 2024, la société à responsabilité limitée Smarin, représentée par Mes Guastella et Dubois, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner conjointement et solidairement la métropole Nice Côte d'Azur et l'office public de l'habitat de Nice et des Alpes-Maritimes à lui payer la somme provisionnelle de 200 000 euros, sauf à parfaire, à titre de réparation des préjudices subis en raison des désordres affectant son local commercial ;
2°) de mettre à la charge conjointe et solidaire de la métropole Nice Côte d'Azur et l'office public de l'habitat de Nice et des Alpes-Maritimes la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle subit un dommage anormal et spécial ; la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur est engagée à la suite des désordres résultant de réseaux publics d'eaux usées ; le local qu'elle loue est dans un état d'insalubrité ; elle subit de multiples désordres.
Par des mémoires en défense, enregistré les 15 février 2024 et 25 et 29 mars 2024, la métropole Nice Côte d'Azur, représentée par Me Jacquemin, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à titre subsidiaire, à ce que la provision demandée soit ramenée à de plus justes proportions. Elle sollicite, en tout état de cause, la condamnation de la société requérante à lui verser la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la matérialité des faits n'est pas établie ; sa responsabilité ne peut pas être engagée en l'absence de lien de causalité entre la canalisation publique et les désordres ; le bailleur devait réaliser des travaux, la faute de la victime est exonératoire ; le défaut d'étanchéité des canalisations et des chambres de tirage de la société Orange confirme l'existence d'une obligation contestable ;
- par ailleurs, sa responsabilité est exclue : les investigations menées démontrent, en effet, que la responsabilité de la société requérante ainsi que celle de la société Orange est engagée ;
- à titre très subsidiaire, le montant de la provision doit être ramené à de plus justes proportions, le chiffrage non justifié étant grandement discutable.
Par un mémoire, enregistré au greffe le 11 mars 2024, l'office public de l'habitat de Nice et des Alpes-Maritimes, ci-après dénommé Côte d'Azur Habitat, représenté par Me Fourcade, conclut au rejet de la requête et demande, à titre subsidiaire, de condamner la métropole Nice Côte d'Azur de la relever et la garantir de l'ensemble des condamnations prononcées à son encontre.
Il soutient que :
- le tribunal administratif est incompétent pour connaître d'un contrat de bail relevant des articles L. 145-1 du code de commerce et donc de la compétence du seul juge judiciaire ;
- la requête est irrecevable : la demande indemnitaire n'a pas fait l'objet d'une demande préalable ;
- à titre subsidiaire, les demandes de la société requérante sont mal fondées : aucune demande n'est formulée à l'encontre de Côte d'Azur Habitat ; cette société a contractuellement renoncé à réclamer une indemnisation au titre du préjudice de jouissance ; Côte d'Azur Habitat n'est pas à l'origine des infiltrations d'eau.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Pascal, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, la société à responsabilité limitée Smarin demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner solidairement la métropole Nice Côte d'Azur et l'office public de l'habitat de Nice et des Alpes-Maritimes dénommée Côte d'Azur Habitat à lui verser une provision d'un montant de 200 000 euros à titre de réparation des préjudices résultant de venues d'eau provenant d'ouvrages publics défectueux.
Sur la compétence du juge administratif :
2. Les litiges relatifs aux baux locatifs conclus par des personnes privées avec les offices publics de l'habitat, qui sont établissements publics locaux à caractère industriel et commercial en vertu de l'article L. 421-1 du code de la construction et de l'habitation, relèvent exclusivement de la compétence des tribunaux de l'ordre judiciaire. Le litige mentionné au point 1 en tant qu'il est dirigé contre Côte d'Azur Habitat qui a loué, le 29 novembre 2013, un local à la société requérante, ne relève ainsi manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, les conclusions dirigées contre Côte d'Azur Habitat ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'octroi d'une provision dirigées contre Métropole Nice Côte d'Azur :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
3. Il appartient à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public dont elle était usager et le dommage dont elle se prévaut. La collectivité en charge de l'ouvrage public peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
4. La société Smarin soutient que des infiltrations d'eaux usées provenant d'un collecteur et de réseaux publics sont à l'origine de l'état d'insalubrité du local commercial qu'elle loue à Côte d'Azur Habitat. Si cette société verse au dossier un procès-verbal de constat établi en novembre et décembre 2021 par un huissier de justice décrivant l'existence d'infiltrations d'eau sur les murs en pierre du local, en plusieurs endroits, ce constat ne permet pas, toutefois, de déterminer l'origine de ces infiltrations. En l'état de l'instruction, aucun élément du dossier ne permet de relier les infiltrations à une canalisation publique. Par ailleurs, la métropole Nice Côte d'Azur fait valoir que l'origine des désordres peut notamment provenir de travaux réalisés pour le compte de la société requérante. Le lien de causalité entre un ouvrage public et les désordres ne peut, dès lors, être regardé comme établi. Par suite, les conclusions de la société Smarin tendant à ce que la métropole Nice Côte d'Azur soit condamnée à lui verser une provision destinée à réparer une partie des désordres résultant des infiltrations d'eau doivent être rejetées.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de la société Smarin tendant à l'octroi d'une provision doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur et de Nice Côte d'Azur Habitat, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme demandée par la société Smarin au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
7. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Smarin la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la Métropole Nice Côte d'Azur et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Les conclusions dirigées contre Côte d'Azur Habitat sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : la société Smarin versera à la métropole Nice Côte d'Azur la somme de 1 000 (mille) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Smarin, à la métropole Nice Côte d'Azur et à l'office public Côte d'Azur Habitat.
Fait à Nice, le 10 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Pascal
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026