vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2001065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique |
| Avocat requérant | BOURJAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 novembre 2020, 2 février 2021 et 26 janvier 2022, Mme B, représentée par Me Bourjac, demande au tribunal, aux termes de ses dernières écritures :
1°) d'annuler la décision du 22 juillet 2019 lui refusant l'octroi du revenu de solidarité active ;
2°) d'annuler la décision du " 12 " septembre 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe lui a notifié un indu de revenu de solidarité active sur la période du mois de septembre 2017 au mois d'août 2018 ;
3°) de mettre à la charge du " directeur de la mer " la somme de 10 000 euros sur le fondement des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision du 20 juillet 2019 a été signée par une autorité incompétente ; la procédure contradictoire n'a pas été respectée ;
- la décision du 12 septembre 2019 n'est pas fondée car son activité de restauration n'a pas débuté avant le 20 mai 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2021, le conseil départemental de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire en observation, enregistré le 27 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
-les moyens ne sont pas fondés.
Par décision du 18 février 2021, le bureau de l'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de la Guadeloupe a octroyé l'aide juridictionnelle totale à Mme B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mahé, première conseillère ;
- et les observations des représentants de la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et du conseil départemental de la Guadeloupe.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a bénéficié du revenu de solidarité active à partir du mois de janvier 2016. Par lettre du 22 juillet 2019, le conseil départemental a transmis à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe une décision d'opportunité portant rejet du renouvellement des droits de Mme B au revenu de solidarité active à la suite d'un rapport de contrôle du 10 juillet 2019. Par décision du 5 septembre 2019, la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 6 265,71 euros sur la période des mois de septembre 2017 à août 2018. Elle a exercé un recours administratif préalable contre cette décision qui a fait l'objet d'une décision de rejet le 7 octobre 2020 de la part du conseil départemental de la Guadeloupe.
Sur les conclusions à fin d'annulation du courrier du 22 juillet 2019
2. Le courrier du président du conseil départemental du 22 juillet 2019, intitulé " décision d'opportunité " adressé à la caisse d'allocations familiales par lequel il statue en faveur du rejet du renouvellement des droits au versement du revenu de solidarité active à Mme B ne constitue pas en lui-même une décision statuant définitivement sur la situation de la requérante. Il présente, dès lors, le caractère d'une mesure préparatoire insusceptible en tant que tel de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cet acte sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du " 12 " septembre 2019.
3. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles :
" Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Aux termes de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue en principe à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge. Par suite, il y a lieu de regarder les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B comme étant dirigées contre la décision du 7 octobre 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté le recours préalable obligatoire exercé à l'encontre de l'indu de revenu de solidarité active, qui s'est substituée à celle du 5 septembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 7 octobre 2020
4. D'une part, aux termes de l'article L.262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article L.262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment :1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les modalités d'évaluation des ressources, y compris les avantages en nature. L'avantage en nature lié à la disposition d'un logement à titre gratuit est déterminé de manière forfaitaire ; 3° Les prestations et aides sociales qui sont évaluées de manière forfaitaire, notamment celles affectées au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation ; 4° Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière. ". Aux termes de l'article L.262-15 du même code : " L'instruction administrative de la demande est effectuée à titre gratuit, dans des conditions déterminées par décret, par les services du département ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active. () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article R.262-19 du code de l'action sociale et des familles : " Les bénéfices industriels et commerciaux et les bénéfices non commerciaux s'entendent des résultats ou bénéfices déterminés en fonction des régimes d'imposition applicables au titre de la pénultième année, ou ceux de la dernière année s'ils sont connus, pourvu qu'ils correspondent à une année complète d'activité. S'y ajoutent les amortissements et les plus-values professionnels. ".
6. Lorsque le recours est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération de montants d'allocation de revenu de solidarité active que l'administration estime avoir été indûment versés, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
7. Il résulte de l'instruction que la requérante a signalé au mois d'octobre 2018 au service gestionnaire son inscription au registre du commerce et des sociétés à compter du 20 mai 2018 en tant que travailleur indépendant dans la fabrication et la vente de plats à emporter. Ce changement de situation a entrainé une réévaluation de la situation de la requérante au regard de ses droits au revenu de solidarité active. Or, il ressort du rapport de contrôle du 16 juillet 2019 versé au dossier que l'allocataire n'a pas justifié tenir de documents comptables sur l'activité qu'elle exerçait depuis plusieurs mois. Mme B n'a donc pas permis au service instructeur de vérifier si elle remplissait les conditions de ressources lui permettant d'obtenir l'allocation de revenu de solidarité active. La décision de récupération de l'indu a porté sur la période du mois de septembre 2017 au mois d'août 2018 soit dans la limite du délai de prescription de l'action en recouvrement. Si la requérante soutient qu'elle n'a débuté son activité dans la restauration rapide qu'au mois de mai 2018, il ressort de l'extrait K-Bis qu'elle verse au dossier qu'elle a initialement déclaré un début d'activité le 18 juillet 2017 et qu'elle a fait modifier cette date le 11 juillet 2018 pour la faire débuter le 20 mai 2018. Il ressort par ailleurs de la situation de la requérante au répertoire SIRENE qu'elle est autoentrepreneur depuis le 16 septembre 2016, date de début d'activité qu'elle a mentionnée, en cette qualité, dans ses déclarations déposées auprès de la caisse d'allocations familiales les 25 mars 2017 et 5 avril 2017. Mme B a d'ailleurs déclaré des revenus industriels et commerciaux auprès de l'administration fiscale sous le régime de la microentreprise au titre de l'année 2017. C'est donc à bon droit que les droits au revenu de solidarité active de Mme B ont été clôturés à compter du mois d'août 2017 dans la limite du délai de prescription de l'action en recouvrement, l'organisme gestionnaire n'ayant pas été en mesure d'évaluer son niveau de ressources sur cette période. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 7 octobre 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté le recours préalable obligatoire exercé à l'encontre de l'indu de revenu de solidarité active, présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au conseil départemental de la Guadeloupe et à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La magistrate-désignée,
Signé
N. MAHÉLa greffière,
Signé
N. ISMAËL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Signé
M-L CORNEILLE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026