mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200884 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | HODEBAR-LOUIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 août 2022, Mme A C épouse B, représentée par Me Mathurin-Kancel, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir le courrier du 12 mai 2022 par lequel le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe l'a informée que son contrat de recrutement arrivait à terme le 30 juin 2022 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le courrier attaqué constitue une décision de licenciement ;
- la décision de licenciement a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée de vices de procédure : la décision n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ; la commission paritaire compétente n'a pas été saisie ; le courrier de notification de licenciement ne respecte pas les formes prescrites par les textes afférents au licenciement ;
- elle procède d'une discrimination en raison de l'état de santé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2022, le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe, représenté par Me Louis-Hodebar, conclut au rejet de la requête et à ce que Mme B lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lubrani, conseiller ;
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public ;
- les observations de Me Mathurin-Kancel représentant Mme C, le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par contrat verbal du centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe (CHUG) où elle a commencé à exercer ses fonctions à compter du 25 décembre 2021. Par un courrier du 12 mai 2022, le CHUG l'a informée que son contrat de recrutement arrivait à son terme le 30 juin 2022. La requérante demande au tribunal d'annuler ce courrier.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la nature de l'acte attaqué :
2. Aux termes de l'article 9-1 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, en vigueur à la date de la conclusion du contrat : " II. - Pour les besoins de continuité du service, des agents contractuels peuvent être recrutés pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. / Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an. Il ne peut l'être que lorsque la communication requise à l'article 36 a été effectuée. / Sa durée peut être prolongée, dans la limite d'une durée totale de deux ans, lorsque, au terme de la durée fixée au deuxième alinéa du présent II, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi par un fonctionnaire n'a pu aboutir. "
3. Par ailleurs, les dispositions de l'article 4 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière prévoient que : " L'agent contractuel est recruté par contrat. Le contrat mentionne la disposition législative sur le fondement de laquelle il est établi. / Le contrat précise l'identité des parties, sa date d'effet, sa durée, le poste occupé, le ou les lieux d'affectation ainsi que la catégorie hiérarchique, telle que définie à l'article L. 411-2 du même code, dont l'emploi relève. / Le contrat détermine les conditions d'emploi de l'agent et notamment les modalités de sa rémunération. Il indique les droits et obligations de l'agent, lorsque ceux-ci ne relèvent pas d'un texte de portée générale. / Un modèle de contrat comportant l'ensemble des stipulations requises est fixé par arrêté du ministre chargé de la santé. / Un double du contrat est remis à l'agent. " Il résulte de ces dispositions que le contrat de recrutement d'un agent contractuel dans la fonction publique hospitalière doit être établi par écrit.
4. Enfin, sauf s'il présente un caractère fictif ou frauduleux, le contrat de recrutement d'un agent contractuel de droit public crée des droits au profit de celui-ci. Lorsque le contrat est entaché d'une irrégularité, notamment parce qu'il méconnaît une disposition législative ou réglementaire applicable à la catégorie d'agents dont relève l'agent contractuel en cause, l'administration est tenue de proposer à celui-ci une régularisation de son contrat afin que son exécution puisse se poursuive régulièrement. Si le contrat ne peut être régularisé, il appartient à l'administration, dans la limite des droits résultant du contrat initial, de proposer à l'agent un emploi de niveau équivalent ou, à défaut d'un tel emploi et si l'intéressé le demande, tout autre emploi, afin de régulariser sa situation. Si l'intéressé refuse la régularisation de son contrat ou si la régularisation de sa situation, dans les conditions précisées ci-dessus, est impossible, l'administration est tenue de le licencier.
5. Il est constant que Mme B a commencé à exercer les fonctions de brancardière au sein du CHUG à compter du 25 décembre 2021, dans le cadre d'un contrat de recrutement conclu verbalement avec cet établissement. Le CHUG fait valoir en défense, sans être contesté, que Mme B a été recrutée sur le fondement du II de l'article 9-1 de la loi du 9 janvier 1986, pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. Eu égard au fondement législatif sur lequel ce contrat a été établi, qui n'autorise la conclusion que de contrats à durée déterminée, le contrat verbal passé entre la requérante et le CHUG doit être regardé comme conclu pour une durée déterminée, dont le terme n'est pas précisé mais qui ne pouvait excéder un an, en application de l'article 9-1 précité.
6. Faute d'avoir été établi par écrit, en application des dispositions de l'article 4 du décret du 6 février 1991 précité, le contrat à durée déterminée dont était titulaire Mme B est entaché d'une irrégularité.
7. Il appartenait au CHUG, afin que l'exécution du contrat de Mme B puisse se poursuivre régulièrement, de lui proposer de signer un contrat écrit conforme aux dispositions de l'article 4 du décret du 6 février 1991. Il est constant que le CHUG, par un courrier du 12 mai 2022, a informé Mme B que son contrat arrivait à terme le 30 juin 2022. Si le CHUG soutient que le courrier attaqué constitue une décision de non-renouvellement de contrat, il ressort toutefois des pièces du dossier que le contrat recrutant Mme B a été conclu irrégulièrement verbalement et ne comportait, par conséquent, aucune indication de durée. Dans ces conditions, la décision mettant fin au contrat verbal liant Mme B au CHUG doit être regardée non pas comme une décision de refus de renouveler le contrat à durée déterminée de l'agent, mais comme une décision de licenciement d'un agent recruté par un contrat à durée déterminée.
En ce qui concerne la légalité de la décision de licenciement :
8. Aux termes de l'article 2-1 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière : " III. -La commission consultative paritaire est obligatoirement consultée dans les cas prévus aux articles 17-1,17-2,41-5 et 41-6 ainsi que sur : 1° Les décisions individuelles relatives aux licenciements intervenant postérieurement à la période d'essai () ". Aux termes de l'article 43 du même décret : " Le licenciement ne peut intervenir qu'à l'issue d'un entretien préalable. L'intéressé est convoqué à l'entretien préalable par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre signature. Cette lettre indique l'objet de la convocation. () ". Aux termes de l'article 44 du même décret : " Lorsqu'à l'issue de la consultation de la commission consultative paritaire prévue à l'article 2-1, et de l'entretien prévu à l'article 43, l'administration décide de licencier un agent, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre signature. Cette lettre précise le ou les motifs du licenciement, ainsi que la date à laquelle celui-ci doit intervenir compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis ".
9. Il ressort des pièces du dossier, et il est constant, que le CHUG, estimant Mme B titulaire d'un contrat à durée déterminée au terme fixé au 30 juin 2022, ne s'est pas placé dans le champ d'application des dispositions régissant le licenciement d'un agent contractuel. Par suite, la requérante est fondée à soutenir qu'en ne saisissant pas pour avis la commission consultative paritaire préalablement à la décision du 12 mai 2022, en ne la convoquant pas à un entretien préalable et en ne notifiant pas la décision de licenciement conformément à l'article précité, le CHUG a méconnu les dispositions précitées du décret du 6 février 1991 et entaché le courrier du 12 mai 2022 d'erreur de droit au regard de ces dispositions.
10. Il suit de là, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 12 mai 2022 par laquelle le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe a mis fin au contrat de recrutement de Mme B doit être annulée.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CHUG une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Partie perdante dans l'instance, le CHUG ne peut qu'être débouté de ses conclusions présentées sur le même fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 12 mai 2022 par laquelle le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe a mis fin au contrat de recrutement de Mme B est annulée.
Article 2 : Le CHUG versera à Mme B une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et au centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience publique du 19 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Guiserix, président,
M. Antoine Lubrani, conseiller,
Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé
A. LUBRANI
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au ministre de la Santé et de la Prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. CETOL
4
N° 1901371
9
N° ***
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026