LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2400955

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2400955

jeudi 27 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2400955
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guadeloupe, statuant en juge unique, a rejeté l'opposition formée par Mme A... contre une contrainte émise par France Travail pour le recouvrement d'un indu d'allocation de solidarité spécifique de 7 669,11 euros. La requérante contestait le bien-fondé de la créance en soutenant que son activité au sein de l'entreprise "Le Pain de Jeanne" était bénévole et non rémunérée. Le tribunal a estimé que les éléments fournis ne permettaient pas de remettre en cause la réalité de l'activité non déclarée et le bien-fondé de l'indu. La décision s'appuie sur les dispositions du code du travail relatives au recouvrement des indus d'allocations de solidarité spécifique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juillet 2024, Mme C... A... forme opposition à la contrainte émise le 1er juillet 2024 par le directeur régional de Pôle Emploi Guadeloupe et Iles du Nord, substitué par France Travail, pour le recouvrement de la somme totale de 7 883,78 euros, dont 7 680,43 euros au titre d’un indu de versement d’allocation de solidarité spécifique, pour une activité non déclarée pour la période du 1er juillet 2022 au 31 août 2023, et de 203,35 euros au titre de frais de procédure.

EIle soutient que :
- étant au chômage, elle a voulu se former ; l’entreprise "Le Pain de Jeanne" a accepté de la former à titre gracieux, sans aucune rémunération ou contrepartie financière ; en raison de sa formation de base dans la pâtisserie traditionnelle, elle souhaitait apprendre à faire de la pâtisserie moderne et approfondir la décoration pâtissière ; le gérant lui a précisé qu’elle ne pourrait pas être présente en permanence ainsi que certains mois, sauf lors de prestations pour des mariages, des communions, afin d’appréhender la réalisation de certaines prestations, sans, toutefois, participer aux tâches puisqu’elle n’était pas salariée ; elle était en conséquence bénévole ;
- le gérant de l’entreprise a fait des demandes d’aide et de subvention auprès des différents organismes après avoir constaté, notamment, son investissement et son esprit d’initiative ; il lui a fait part de son souhait de l’embaucher, mais, seulement, après avoir perçu une subvention de la part de la région Guadeloupe, à travers le dispositif ARICE (Aide Régionale à l’Investissement et à la Création d’Emploi), il lui a été proposé, avec son accord, de lui établir des fiches de paie d’un montant de zéro euro pour démontrer la volonté de lui proposer une éventuelle embauche alors qu’elle n’était pas salariée ;
- elle venait en fonction de la demande de l’entreprise puisqu’étant bénévole ; pour des raisons de formation et d’opportunité pour retrouver un emploi, elle a accepté cette modalité d’organisation, d’autant qu’en étant inscrite à Pôle Emploi, cela pouvait lui donner une chance pour être embauchée ; elle était présente au sein de l’entreprise lors du passage de la Région, dont l’agent a souligné sa bonne initiative et formé des encouragements au sein de l’entreprise ;
- le gérant et elle-même ont rompu l’accord par une rupture conventionnelle au montant de zéro euro ; elle ne travaille pas et perçoit seulement une aide au retour à l’emploi de 140 euros par mois et ne peut pas rembourser l’indu qui lui est demandé ; elle n’a perçu aucun salaire ;
- alors que le gérant a perçu sa subvention et a souhaité l’embaucher, elle est tombée malade, ce qui explique qu’il lui a été fait une rupture conventionnelle pour justifier de sa «non-embauche dans l’immédiat» auprès de la Région ; elle a élaboré un dossier auprès de la maison départementale des personnes handicapées ;
- en revanche, elle sera embauchée en tant que travailleur handicapé lorsque son dossier sera finalisé par la maison départementale des personnes handicapées ;
- la créance n’est pas fondée dès lors qu’elle n’a perçu aucune somme de la part du gérant.


Par un courrier du greffe en date du 22 juillet 2025, auquel elle n’a pas répondu, Mme A... a été invitée à régulariser sa requête, dans un délai de 20 jours, en produisant des pièces justifiant qu'une médiation préalable obligatoire (MPO) a été effectuée pour la décision de Pôle Emploi, devenu France Travail, relevant de la compétence du juge administratif.


Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 28 juillet et 19 septembre 2025, France Travail Guadeloupe et Iles du Nord conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme A... à lui rembourser la somme de 7 669,11 euros, correspondant à l’allocation de solidarité spécifique indûment perçue au titre des périodes du 1er juillet 2022 au 31 août 2023.

Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.


Le président du Tribunal a désigné M. Sabatier-Raffin, par une décision du 3 février 2025, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l’audience.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience, fixée le jeudi 13 novembre 2025 à 09 h 00, qui s’est tenue en présence de la greffière d’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de M. Sabatier-Raffin, rapporteur.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après l’appel de l’affaire à l’audience.


Considérant ce qui suit :

Par une contrainte du 13 juin 2024, le directeur régional de Pôle Emploi, devenu France Travail, Guadeloupe et Iles du Nord a demandé à Mme A..., née B..., le paiement de la somme de 7 669,11 euros, pour le recouvrement des allocations de solidarité spécifique indûment versées durant la période du 1er juillet 2022 au 31 août 2023 en raison d’une activité non déclarée, et augmentée de la somme de 11,32 euros correspondant aux frais de recouvrement. Cette contrainte a été signifiée par huissier le 1er juillet 2024, assortie de frais annexes de 203,35 euros. Par la présente requête, Mme A... forme opposition à cette contrainte.

Sur l’opposition à contrainte :

Aux termes de l’article R. 5425-2 du code du travail : «Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée ou non salariée, la rémunération tirée de l'exercice de cette activité est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants. / Tout mois civil au cours duquel une activité même occasionnelle ou réduite a été exercée est pris en compte pour le calcul de cette période.». Aux termes de l’article L. 5426-8-2 du code du travail : «Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par l'opérateur France Travail pour son propre compte, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage mentionné à l'article L. 5427-1, pour le compte de l'Etat ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de l'opérateur France Travail ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire.».

Pour justifier que la créance exigée n’est pas justifiée, la requérante soutient qu’elle était bénévole et venait en fonction de la demande de l’entreprise et avait des fiches de paie à zéro euro. En revanche, France Travail fait valoir que Mme A... a bien exercé une activité salariée du 1er avril 2022 au 31 août 2023 au sein de l’entreprise "Le Pain de Jeanne", conformément à la déclaration d’événement client que France Travail produit. Durant cette même période, Mme A... a perçu l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) pour un montant total de 7 669,11 euros, couvrant la période de juillet 2022 à août 2023. Toutefois, en application des dispositions précitées du code du travail, il n’est pas possible de cumuler le bénéfice de l’allocation de solidarité spécifique avec une activité salariée au-delà de trois mois, ce cumul étant non conforme à la réglementation, ainsi que l’a rappelé Pôle Emploi à Mme A..., par lettre du 6 septembre 2022, produite par cet organisme. A la suite de ce constat, France Travail a établi un trop-perçu et a envoyé une notification correspondante le 12 octobre 2023 et, en l’absence de réponse de Mme A..., une mise en demeure lui a été adressée le 13 novembre 2023, puis, enfin, une contrainte le 13 juin 2024, réclamant le remboursement de la somme due. France Travail fait valoir que si Mme A... soutient avoir travaillé bénévolement pendant onze mois, elle omet de préciser qu’elle a perçu une rémunération sur six mois, qu’il justifie, sans être contesté par la requérante, en produisant le tableau d’événement client, ce qui constitue une omission significative. Il résulte de l’instruction que, par son courrier du 19 juin 2022, Mme A... admet avoir réalisé une période d’essai de trois mois dans la boulangerie "Le Pain de Jeanne". Par ailleurs, les documents de fin de contrat attestent qu’elle a bien effectué une activité salariée comme vendeuse polyvalente du 1er avril 2022 au 31 août 2023, soit pendant près d’un an et cinq mois, et ce dans le cadre d’un contrat ayant pris fin par rupture conventionnelle. Il résulte de l’instruction que les allégations de Mme A... montrent des incohérences lorsqu’elle affirme, d’une part, dans son opposition à contrainte, ne pas avoir exercé d’activité salariée au sein de la société "Le Pain de Jeanne", précisant avoir simplement suivi une formation non rémunérée et, d’autre part, dans son courrier du 19 juin 2022, par lequel elle reconnaît avoir effectué une période d’essai de trois mois. Ces incohérences ou contradictions mettent en évidence le fait que Mme A... a bien exercé une activité salariée, tout en percevant l’allocation de solidarité spécifique en méconnaissance de la réglementation en vigueur.

S’agissant de l’absence de rémunération de Mme A..., et en application des dispositions de l’article R. 5425-2 du code du travail, celle-ci a déclaré avoir effectué une activité bénévole sans percevoir de salaire. Toutefois, elle a bénéficié d’une rémunération pour les périodes suivantes : 921,60 euros du 1er au 31 août 2023 ; 885,00 euros du 1er au 31 août 2022 ; 868,00 euros du 1er au 31 juillet 2022 ; 868,00 euros du 1er au 30 juin 2022 ; 868,00 euros du 1er au 31 mai 2022 et 845,60 euros du 1er au 30 avril 2022, selon l’attestation de l’employeur destinée à Pôle Emploi, substitué par France Travail, alors que Mme A..., ainsi qu’il a été dit au point 3 du présent jugement, a été formellement informée à l’époque par Pôle Emploi de l’impossibilité de cumuler l’allocation de solidarité spécifique avec une activité salariée. Malgré cette notification, elle a poursuivi une activité rémunérée, en totale contradiction avec les règles encadrant le versement de cette allocation. Ce comportement constitue une violation manifeste des conditions d’éligibilité à ladite allocation, telles que définies par le code du travail. En poursuivant une activité professionnelle rémunérée tout en continuant à percevoir cette allocation, Mme A... a bénéficié indûment d’aides publiques sur la période du 1er juillet 2022 au 31 août 2023, ainsi que le fait valoir France Travail. Ceci ne caractérise pas une simple erreur administrative, mais un manquement à une obligation d’information et de transparence vis-à-vis des organismes de protection sociale. Le caractère volontaire de la poursuite d’une activité salariée malgré l’avertissement préalable renforce la légitimité de la demande de remboursement formulée à son encontre. Il résulte de ce qui précède que l’indu de versement, qui fait l’objet de la contrainte contestée, trouve son fondement dans le seul fait que la requérante a omis de déclarer une activité salariée pour une période comprise entre avril 2022 à août 2023 en cumulant avec l’allocation spécifique de solidarité. Par suite, Mme A... ne peut pas utilement se prévaloir de son état de santé, notamment de son dossier élaboré auprès de la maison départementale des personnes handicapées pour s’exonérer du non-remboursement de l’allocation de solidarité spécifique, dès lors que ce motif n’est pas celui qui fonde la contrainte du 13 juin 2024 ; un tel moyen ne peut qu’être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède que l’opposition à contrainte formée par Mme A... doit être rejetée ainsi que les conclusions présentées à fin d’être déchargée de l’obligation de payer les sommes relatives à la contrainte émise le 13 juin 2024.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... A... et à France Travail Guadeloupe et Iles du Nord.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2025.


Le magistrat désigné
Signé
P. Sabatier-Raffin
La greffière
Signé
N. Ismaël



La République mande et ordonne au ministre du Travail et des Solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme
La greffière

Signé

N. ISMAËL


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions