jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100577 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FACTORHY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 avril 2021, le Grand port maritime de la Guyane, représenté par le cabinet Factorhy Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la mise en demeure en date du 11 décembre 2020 de la Directrice des Entreprises, du Travail, de la Consommation et de la Concurrence de la Guyane ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de la Directrice des Entreprises, du Travail, de la Consommation et de la Concurrence de la Guyane du 11 décembre 2020 est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreurs manifeste d'appréciation en fait et en droit, car :
- le cabinet Artelie conseil n'a rédigé un rapport écrit reprenant les conclusions présentées aux salariés un an auparavant que le 9 décembre 2020 ;
- les constats fondant la mise en demeure du 11 décembre 2020 sont erronés car ils ne tiennent pas compte de la taille réduite du GPMG qui a en outre pris des mesures adéquates suite à la mission menée par le cabinet Artelie Conseil, notamment en mettant à jour le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) qui comporte un volet particulièrement détaillé et précis sur la prévention des risques psycho-sociaux et en réagissant au cas par cas pour plusieurs salariés ;
- la Directrice des Entreprises, du Travail, de la Consommation et de la Concurrence de la Guyane lui demande de prendre des mesures qu'il a déjà prises, de sorte que la mise en demeure est injustifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2023, le préfet de la Guyane conclut que le ministre du travail est seul compétent pour défendre.
La requête a été communiquée à la Direction des Entreprises, du Travail, de la Consommation et de la Concurrence de la Guyane et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de Me Favre, représentant le Grand Port Maritime de la Guyane et de Mme B, représentant le préfet de la Guyane
Le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion n'étant pas représenté.
Considérant ce qui suit :
1. L'Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC) Grand Port Maritime de la Guyane (GPMG), a fait l'objet de plusieurs témoignages de salariés faisant état d'une situation de harcèlement moral. Le 18 novembre 2020, une inspectrice du travail de la Direction des entreprises, du Travail, de la Consommation et de la Concurrence (DETCC) de Guyane s'est rendue dans les locaux de l'EPIC, et à la suite de cette visite, le 11 décembre 2020, la directrice de la DETCC a mis en demeure le GPMG de " prendre toutes dispositions de nature à garantir la protection de son personnel en matière de risques psycho-sociaux, en intégrant les principes généraux de prévention dans la mise en œuvre d'action destinées à garantir la santé mentale et physique des travailleurs qui y sont occupés ", en communiquant, dans un délai de deux mois, un " diagnostic sur les sources principales potentielles de tensions " et un " plan de route très opérationnel " de façon à établir un " plan d'actions de prévention muni d'un échéancier destiné à mettre en œuvre les mesures effectives et concrètes propres à prévenir de façon durable les risques psychosociaux ". Le GPMG a exercé un recours hiérarchique devant le ministre du travail le 8 février 2021. Le silence gardé pendant plus de deux mois par la ministre du travail sur ce recours a fait naître une décision implicite de rejet le 8 avril 2021. Par la présente requête, le GPMG demande au tribunal d'annuler la mise en demeure du 11 décembre 2020.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 4723-1 du code du travail : " S'il entend contester la mise en demeure prévue à l'article L. 4721-1, l'employeur exerce un recours devant le ministre chargé du travail. ". Ces dispositions imposent à l'employeur, s'il entend contester une mise en demeure prononcée par le directeur départemental des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi sur rapport de l'inspecteur du travail en application de l'article L. 4721-1 précité ci-dessus, d'exercer obligatoirement un recours auprès du ministre chargé du travail.
3. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de l'excès de pouvoir qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y ait invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
4. Il ressort des pièces du dossier que le GPMG a exercé le recours prévu par les dispositions de l'article L. 4721-1 du code du travail le 8 février 2021, sans que la ministre du travail ne se détermine explicitement sur ce recours. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre la décision initiale du 11 décembre 2020 de la directrice de la DETCC doivent être regardées comme dirigées contre la décision implicite de rejet de la ministre du travail acquise en date du 8 avril 2021, qui s'y est substituée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 4721-1 du code du travail : " Le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, sur le rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1 constatant une situation dangereuse, peut mettre en demeure l'employeur de prendre toutes mesures utiles pour y remédier, si ce constat résulte : / 1° D'un non-respect par l'employeur des principes généraux de prévention prévus par les articles L. 4121-1 à L. 4121-5 et L. 4522-1 ; / 2° D'une infraction à l'obligation générale de santé et de sécurité résultant des dispositions de l'article L. 4221-1. ". Aux termes de l'article L. 4721-2 du même code : " Les mises en demeure du directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, établies selon des modalités déterminées par voie réglementaire, fixent un délai d'exécution tenant compte des difficultés de réalisation. / Si, à l'expiration de ce délai, l'agent de contrôle de l'inspection du travail mentionné à l'article L. 8112-1 constate que la situation dangereuse n'a pas cessé, il peut dresser procès-verbal à l'employeur. "
6. Contrairement à ce qui est allégué dans la mise en demeure litigieuse du 11 décembre 2020, le GPMG produit une note de synthèse établie par le cabinet Artelie Conseil ainsi qu'une note au directoire du 17 décembre 2019, basée sur les constats effectués par ce cabinet de conseil dès 2019 et dont il ressort des pièces du dossier, notamment des échanges de courriels, que tous les salariés de l'entreprise avaient connaissance de cette étude, celle-ci ayant fait l'objet d'une présentation devant les employés du Port le 28 octobre 2019.
7. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le GPMG, mettant en œuvre l'étude du cabinet Artelie, a mis à jour en mars 2020 son Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) en ce qui concerne les risques psycho-sociaux en définissant six axes de travail d'amélioration, qu'il a résolu des conflits entre certains salariés et le premier niveau hiérarchique, que des recrutements en contrats à durée déterminée ont eu lieu en janvier 2020 pour pallier au retrait de certaines missions de personnes identifiées par le cabinet de conseil comme impliquées dans des conflits et qu'enfin le GPMG a pris des mesures concrètes à l'égard d'au moins trois salariés identifiés comme sources de tensions. Dans ces conditions, le GPMG est fondé à soutenir que la mise en demeure initiale, à laquelle s'est substituée la décision du 8 avril 2021, est entachée d'erreur d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que la décision du 8 avril 2021 du ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros au titre des frais exposés par le GPMG et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 avril 2021 est annulée.
Article 2: L'Etat versera au Grand Port Maritime de la Guyane une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au Grand Port Maritime de la Guyane, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, au préfet de la Guyane et à la Direction des entreprises, du travail, de la consommation et de la concurrence.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
E. A
Le président,
Signé
L. MARTIN La greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
S. MERCIER
N°2100577
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026