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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2205187

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2205187

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2205187
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantMOHAMED

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 octobre 2022, Mme C A B, représentée par Me Mohamed, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'arrêté par lequel le préfet de Mayotte l'a obligée à quitter le territoire français sans délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il est urgent de mettre fin aux mesures prises à son encontre, qui ont pour effet de l'exposer à un éloignement imminent et durable ;

- les agissements de l'administration, intervenus en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme, sont constitutifs d'une atteinte grave et manifestement illégale portée à une liberté fondamentale.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 octobre 2022, le préfet de Mayotte, représenté par Me Cano, avocat, conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la décision du président du tribunal désignant M. Seroc, conseiller, en qualité de juge des référés.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 20 octobre 2022 à 10 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Seroc, juge des référés ;

- les observations de Me Mohamed, avocat de Mme A B.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".

2. Il résulte de l'instruction que Mme A B, ressortissante comorienne née le 15 juin 1994, réside depuis 2012 à Mayotte où elle a rejoint son père, de nationalité française, et qu'elle a bénéficié de titres de séjour entre 2016 et 2021 en considération notamment de son état de santé dégradé. Elle justifie de sa bonne intégration, notamment à travers ses fonctions exercées à la mairie de Pamandzi. Dans ces circonstances, l'arrêté attaqué par lequel elle a été soumise à une OQTF avec interdiction de retour porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a donc lieu de suspendre l'arrêté du préfet portant OQTF.

4. En l'espèce, il y a lieu d'accueillir les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante et d'enjoindre au préfet de réexaminer la situation de Mme A B, laquelle se verra remettre une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance.

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat à verser à Mme A B une somme de 600 euros au titre des frais exposés.

ORDONNE :

Article 1er : L'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de Mayotte à l'encontre de Mme A B est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de Mayotte de délivrer, dans un délai d'un mois, une autorisation provisoire de séjour à Mme A B.

Article 3 : L'Etat versera à Mme A B la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Mamoudzou, le 20 octobre 2022.

Le juge des référés,

S. SEROC

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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