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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2304395

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2304395

dimanche 19 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2304395
TypeOrdonnance
Avocat requérantKALED

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 novembre 2023, Mme B A née le 5 octobre 1994 actuellement placée au centre de rétention administrative, représentée par Me Kaled, avocat, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n°25801 du préfet de Mayotte du 17 novembre 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, interdiction de retour pendant un an et fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

-la décision est entachée d'incompétence du signataire ;

-elle porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle vit depuis plus de dix ans sur le territoire français et est parent d'enfants français.

Le président du tribunal a désigné Mme Tomi premier conseiller pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante comorienne demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de Mayotte du 17 novembre 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai.

Sur les conclusions fondées sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L.522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1. ".

3. Mme B A a été placée en rétention administrative en vue de son éloignement imminent vers l'Union des Comores. Dans ces conditions, elle justifie de l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour demander la suspension de l'obligation de quitter le territoire français sans délai.

4. Aux termes de l'article 8 de la convention la convention européenne des droits de l'homme : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

5. Mme B A soutient être arrivée à Mayotte en 2015, être la mère de deux enfants français qu'elle élèverait seule. Toutefois par les pièces qu'elle produit qui se résument aux actes de naissance de ses deux enfants mineurs nés respectivement en 2017 et en 2021, dont un seul a été reconnu par son père et à deux factures concernant l'aîné datées de 2021 elle ne justifie ni la qualité de parent d'enfants français, ni l'ancienneté ni la stabilité de liens familiaux sur le territoire ni de manière suffisante, qu'elle contribuerait à l'entretien et à l'éducation de ses enfants alors qu'il n'est pas démontré que la cellule familiale ne puisse se reconstituer aux Comores . Par suite la mesure d'éloignement attaquée ne révèle aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

6. Il résulte de ce précède que les conclusions à fin de suspension de la requête doivent être rejetées. Il y a également lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, et celles présentées au titre des frais du litige.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme Mme B A et au préfet de Mayotte pour information.

Copie pour information sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Mamoudzou, le 19 novembre 2023.

La juge des référés,

N.TOMI

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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