lundi 17 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1904907 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 mai 2019 et 12 avril 2021, M. et Mme A et D C demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n°2019-09 du 18 mars 2019 portant approbation du plan local d'urbanisme de la commune de Neffes en ce qu'elle classe la parcelle ZI n° 156 située Lieu-dit Le Rozet à Neffes en zone agricole Aa ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le classement de la parcelle ZI n°156 en zone Aa est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation,
- ce classement est non conforme aux objectifs du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme ;
- le principe du contradictoire n'a pas été respecté en l'absence de réponse écrite du maire de la commune à la lettre qu'ils lui ont adressée le 3 janvier 2018 ;
Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2020, la commune de Neffes, représentée par Me Pontier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 juin 2022, a été prononcée, en application des articles R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction au 30 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 18 mars 2019, le conseil municipal de la commune de Neffes a approuvé son plan local d'urbanisme (PLU). M. et Mme C demandent l'annulation de cette délibération en tant qu'elle classe leur parcelle cadastrée section ZI n° 156 en zone Aa.
2. En premier lieu, aucune disposition législative ou règlementaire ni aucun principe de droit n'impose au maire d'une commune de répondre à une lettre adressée par ses administrés notamment lors de la procédure préalable à l'enquête publique conduite avant l'élaboration du PLU. Les requérants ne sont dès lors pas fondés à soutenir que le maire de Neffes aurait méconnu le principe du contradictoire en ne répondant pas à un courrier de leur part.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend :() ; / 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; / 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ; (). ". L'article L. 151-5 du même code de l'urbanisme, dans sa version applicable, dispose que : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; (). Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain.()". Aux termes de l'article L. 151-8 : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ". Aux termes du point 1 du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme de la commune sur les grands objectifs : " Trois objectifs principaux ont été retenus 1. Assurer un développement harmonieux et maitrisé de la commune. La commune tend à poursuivre son développement mais pas à n'importe quel prix ni n'importe quelle condition. Le maintien d'exploitations agricoles et des projets d'installations renforcent la vocation agricole de la commune (). ". Le document graphique du règlement du plan local d'urbanisme classe la parcelle ZI n° 156 en zone Aa.
4. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le plan d'aménagement et de développement durables compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du plan d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
5. D'une part, il ressort du projet d'aménagement et de développement durables que le premier " grand objectif " de la commune est de maintenir et de renforcer la vocation agricole de la commune. Le rapport de présentation du plan local d'urbanisme précise, en page 115, que le changement de zonage de la parcelle litigieuse a été décidé " afin de préserver les terres agricoles en raison de l'installation d'un jeune agriculteur (arboriculteur) ". D'autre part, la parcelle litigieuse, si elle accueille une maison d'habitation, est pour l'essentiel à l'état naturel. Elle est entourée de tous côtés de parcelles cultivées et de quelques bois, l'ensemble des parcelles contiguës à celle des requérants étant classé en zone Aa. Si, au Nord et à l'Est, il existe quelques constructions, elles sont éloignées de la parcelle, des espaces naturels ou cultivés les séparant. Eu égard aux caractéristiques de la parcelle en cause et la zone l'entourant, les requérants ne sont ainsi pas fondés à soutenir que son classement ne serait pas cohérent avec le projet d'aménagement et de développement durables. Par ailleurs, la circonstance, à la supposer établie, que cette parcelle ait été cédée aux requérants par la famille du jeune agriculteur mentionné dans le rapport de présentation n'est pas de nature à remettre en cause cette cohérence.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
7. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à modifier le zonage ou les activités autorisées dans une zone déterminée, pour les motifs énoncés par les dispositions citées ci-dessus. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
8. Les auteurs du plan local d'urbanisme de la commune de Neffes ont procédé au classement en zone Aa de la parcelle ZI n° 156, alors qu'elle était en zone AUbe sous l'empire du précédent document d'urbanisme. Ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement il ressort des pièces du dossier que la parcelle litigieuse se situe à l'interface de parcelles cultivées et de bois et qu'elle n'est pas située dans une zone urbanisée mais est séparée des hameaux les plus proches par des bois ou des espaces cultivés. La présence d'une habitation individuelle sur la parcelle ne suffit pas à la qualifier de zone urbanisée et à faire obstacle à son classement en zone agricole. Dans ces conditions les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le classement de leur parcelle serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 18 mars 2019.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, les sommes demandées par les requérants sur ce fondement. Dans les circonstances de l'espèce et sur le même fondement, il y a en revanche lieu de mettre à la charge des requérants la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Neffes.
DECIDE :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : M.et Mme C verseront à la commune de Neffes la somme de 1 000 euros.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et D C et à la commune de Neffes.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Salvage, président,
- Mme Le Mestric, première conseillère,
- Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 202 La rapporteure,
Signé
A. BLe président,
Signé
F. SALVAGE
La greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°1904907
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026