mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1905565 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BLANQUET |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n°1905565, enregistrée le 24 juin 2019, l'association " les chiens guides d'aveugles de Provence-Côte d'Azur Corse ", représentée par Me Blanquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 avril 2019 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui accorder un dégrèvement de 10 320 euros au titre de la taxe d'aménagement et un dégrèvement de 570 euros au titre de la redevance d'archéologie préventive ;
2°) d'ordonner à titre principal que ces sommes donnent lieu au versement des intérêts moratoires visés à l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, subsidiairement que ces sommes portent intérêt à un taux légal à compter de leur versement, que ce taux soit majoré de 5 points en application de l'article L. 332-30 du code de l'urbanisme et qu'ils soient capitalisés pour porter eux-mêmes intérêts par application et dans les conditions fixées à l'article 1343-2 du Code civil ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle aurait dû être exonérée de la part communale de la taxe d'aménagement en application de l'article L. 331-7 du code de l'urbanisme ;
- elle aurait dû être exonérée de la part départementale de la taxe d'aménagement en application de l'article L. 331-8 du code de l'urbanisme ;
- elle aurait dû être par conséquent exonérée de la redevance d'archéologie préventive en application de l'article L.524-3 du code de l'urbanisme.
Le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas produit de mémoire dans la présente instance en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressé le 21 avril 2021.
Par une ordonnance du 7 octobre 2021, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction au 6 novembre 2021.
II. Par une requête n°1906018, enregistrée le 10 juillet 2019, l'association " les chiens guides d'aveugles de Provence-Côte d'Azur Corse ", représentée par Me Blanquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 avril 2019 en tant que le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui accorder un dégrèvement de 570 euros au titre de la redevance d'archéologie préventive et en tant qu'elle rectifie et augmente cette participation ;
2°) d'ordonner à titre principal que ces sommes donnent lieu au versement des intérêts moratoires visés à l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, subsidiairement que ces sommes portent intérêt à un taux légal à compter de leur versement, que ce taux soit majoré de 5 points en application de l'article L. 332-30 du code de l'urbanisme et qu'ils soient capitalisés pour porter eux-mêmes intérêts par application et dans les conditions fixées à l'article 1343-2 du Code civil ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle aurait dû être exonérée de la part communale de la taxe d'aménagement en application de l'article L.331-7 du code de l'urbanisme ;
- elle aurait dû être exonérée de la part départementale de la taxe d'aménagement en application de l'article L. 331-8 du code de l'urbanisme ;
- elle aurait dû être par conséquent exonérée de la redevance d'archéologie préventive en application de l'article L. 524-3 du code du patrimoine.
Le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas produit de mémoire dans la présente instance en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressé le 21 juillet 2020.
Par une ordonnance du 7 novembre 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code du patrimoine ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'association " les chiens guides d'aveugles de Provence-Côte d'Azur Corse " a obtenu le 4 décembre 2017 un permis de construire un bâtiment technique, autorisant l'extension d'un chenil et d'un bâtiment existant, le tout pour une surface de plancher créée de 238.74 m² sur une parcelle cadastrée C n°149 et 151, sise La Coulade à Lançon-de-Provence. Le 17 janvier 2019, la direction générale des finances publiques établissait deux titres de perception, pour un montant de 570 euros au titre de la redevance d'archéologie préventive et pour un montant de 5 160 euros au titre du règlement de la première échéance de la taxe d'aménagement. Le 12 mars 2019, l'association a adressé une réclamation au préfet des Bouches-du-Rhône aux fins de dégrèvement total des sommes dues. Le 25 avril 2019, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la réclamation et a rectifié les modalités de calcul de la taxe d'aménagement portant la somme à un montant de 13 339 euros. Par la présente requête, l'association demande au tribunal l'annulation de la décision du 25 avril 2019.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°1905565 et n°1906018 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin de dégrèvement du montant dû au titre de la taxe d'aménagement :
3. Aux termes de l'article L. 331-7 du code de l'urbanisme : " Sont exonérés de la part communale ou intercommunale de la taxe : / 1° Les constructions et aménagements destinés à être affectés à un service public ou d'utilité publique, dont la liste est fixée par un décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 331-8 du même code : " Sont exonérés des parts départementale et régionale les constructions et aménagements mentionnés aux 1° à 3° et 7° à 9° de l'article L. 331-7 () ". Aux termes de l'article R. 331-4 du même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 331-7, sont exonérées de la part communale ou intercommunale de la taxe d'aménagement les constructions définies ci-après : / () 3° Les constructions destinées à recevoir une affectation d'assistance, de bienfaisance, de santé, d'enseignement ou culturelle, scientifique ou sportive et édifiées par, ou, dans le cadre d'un des contrats mentionnés au 2°, pour le compte : / ()/ () e) Des associations déclarées qui ont pour but exclusif l'assistance ou la bienveillance ou dont l'objet et la gestion présentent un caractère désintéressé au sens du premier alinéa du 1 bis de l'article 206 du code général des impôts () ".
4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que peuvent être exonérés de la taxe d'aménagement, les constructions ou les aménagements pour la réalisation desquels une autorisation d'urbanisme a été délivrée, affectés à un service public ou à un service d'utilité publique dans le domaine de l'assistance, de la bienfaisance, de la santé, de l'enseignement, de la culture, de la science ou du sport, pour le compte d'une association déclarée ayant notamment un but exclusif d'assistance ou de bienfaisance. Pour apprécier si une association a pour but exclusif l'assistance ou la bienfaisance, il y a lieu d'examiner non seulement son objet statutaire mais aussi la nature de son activité.
5. L'association requérante, reconnue association de bienfaisance depuis 2001, a pour but exclusif d'assister les personnes déficientes visuelles. A cette fin, elle a pour objet de remettre gratuitement à ces personnes un chien guide afin de les accompagner dans leur vie quotidienne et d'aider à leur intégration sociale. Son activité consiste à éduquer les chiens et à dispenser des formations pour l'utilisation de ces chiens, ce qui est de nature à porter assistance aux personnes aveugles. Dans ces conditions, eu égard à la qualité des bénéficiaires des actions de l'association, à ses actions et à ses modalités de fonctionnement, elle doit être regardée comme ayant pour objet exclusif l'assistance et la bienfaisance. En outre, il ressort du permis de construire que celui-ci a pour objet l'extension du chenil et des parties du bâtiment à vocation de logement temporaire des personnes malvoyantes lors de leur formation ainsi que des parties de bureaux dont la destination n'est pas critiquée par la préfecture et qui sont, au regard de leur localisation, destinés au bon fonctionnement des activités qui se déroulent sur le site. Dans ces conditions, ces opérations de construction doivent être regardées comme directement affectées à l'activité d'assistance et de bienfaisance de l'association. Par ailleurs, la circonstance que la circulaire du 18 juin 2013 relative à la réforme de la fiscalité et de l'aménagement indique que l'assistance doit être entendue au sens d'aide physique ou intellectuelle à des personnes malades est sans incidence sur la légalité de la décision contestée dès lors qu'elle n'est, en tout état de cause, pas opposable. Par suite, la construction, objet du permis de construire et générateur des taxes réclamées, est destinée à être affectée à un service public ou d'utilité publique, au sens de l'article L. 331-7 1° du code de l'urbanisme et dans les conditions de l'article R. 331-4 du code de l'urbanisme. Ainsi, l'association est fondée à soutenir qu'elle peut prétendre à l'exonération de la part communale et départementale de la taxe d'aménagement en vertu des dispositions précitées. Par suite, la décision contestée, qui lui refuse ces exonérations, est entachée d'erreur de droit.
Sur les conclusions à fin de dégrèvement du montant dû au titre de la redevance d'archéologie préventive :
6. Aux termes des dispositions de l'article L. 524-3 du code du patrimoine : " Sont exonérés de la redevance d'archéologie préventive : / 1° Lorsqu'elle est perçue sur les travaux mentionnés au a de l'article L. 524-2, les constructions et aménagements mentionnés aux 1° à 3° et 7° à 9° de l'article L. 331-7 du code de l'urbanisme () ".
7. Il résulte des dispositions susvisées et des motifs exposés aux points 3 à 5 du présent jugement que dès lors que le régime de l'exonération de la redevance d'archéologie préventive suit celui de la taxe d'aménagement, le moyen tiré de ce que l'association requérante peut prétendre à l'exonération de la redevance d'archéologie préventive due doit être accueilli.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la décision contestée du 25 avril 2019 doit être annulée.
Sur les intérêts :
9. En l'absence de litige né et actuel opposant l'association des chiens guides d'aveugles Provence Cote d'Azur Corse au comptable concernant le versement des intérêts moratoires, les conclusions tendant au versement par l'administration de ces intérêts doivent en tout état de cause être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à ce que soit ordonnée la capitalisation desdits intérêts sur le fondement de l'article 1343-2 du code civil.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à l'association " les chiens guides d'aveugles de Provence-Côte d'Azur Corse " au titre des frais exposés dans les requêtes et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 avril 2019 du préfet des Bouches-du-Rhône est annulée.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à l'association " les chiens guides d'aveugles de Provence-Côte d'Azur Corse " en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association " les chiens guides d'aveugles de Provence-Côte d'Azur Corse " et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
-19060183
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026