jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1907988 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LABI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2019, M. B A, représenté par Me Labi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 19 juillet 2019, par lequel le maire de Marseille l'a mis en demeure d'interrompre les travaux entrepris sur une propriété sise 63 avenue de La Timone/ impasse Masserini, dans le dixième arrondissement de Marseille ;
2°) d'assortir la mesure de suspension de l'indication des obligations provisoires qui en découleront pour la ville de Marseille, au besoin avec injonction ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative, et les entiers dépens.
Il soutient que :
- le procès-verbal d'infraction dressé le 6 février 2019 étant nul et de nul effet à plusieurs titres, l'arrêté est irrégulier ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- sauf si la commune justifie de la délégation du signataire de l'arrêté, celui-ci est entaché du vice d'incompétence ;
- la demande de permis de construire modificatif déposée le 29 août 2019 a régularisé les illégalités soulevées au regard des articles UAr-6, UAr-7 et UAr-11 du plan local d'urbanisme communal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des observations, enregistrées le 15 juin 2022, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance en date du 15 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 30 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- et les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. A a obtenu un permis de construire, en date du 28 novembre 2014, l'autorisant à changer la destination d'un immeuble bâti situé 63 avenue de la Timone dans le dixième arrondissement de Marseille, en un immeuble à usage mixte d'habitation, de commerce et de bureau. Cependant, le maire de Marseille, agissant au nom de l'Etat, lui a ordonné d'interrompre les travaux qu'il avait entrepris sur cette propriété par un arrêté daté du 19 juillet 2019, dont M. A demande l'annulation.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la signataire de l'arrêté en litige, Mme C, adjointe déléguée à l'urbanisme, au projet métropolitain, au patrimoine foncier et au droit des sols, a été habilitée, par une délégation du maire de Marseille qui n'est pas trop générale, à prendre, notamment, toutes les décisions relatives aux droits des sols, aux termes d'un arrêté n° 16/0127/SG, transmis le même jour en préfecture et régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune de Marseille le 1er juin 2016. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Dès qu'un procès-verbal relevant l'une des infractions prévues à l'article L. 480-4 a été dressé, le maire peut également, si l'autorité judiciaire ne s'est pas encore prononcée, ordonner par arrêté motivé l'interruption des travaux ".
4. D'une part, l'arrêté mentionne les articles L. 610-1, L. 480-1, L. 480-2, L. 480-3 et L. 480-4 du code de l'urbanisme. Il vise le procès-verbal dressé le 6 février 2019 par un agent assermenté de la commune de Marseille, et indique les travaux - surélévation de la toiture, création de surfaces de plancher supplémentaire par la réalisation de mezzanines ou la fermeture d'espaces prévus pour être des patios - qui sont exécutés en violation de l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme et contreviennent notamment aux articles UAr-6, UAr-7 et UAr-11 du règlement du plan local d'urbanisme communal. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté en litige doit être écarté.
5. D'autre part, si M. A soutient que le procès-verbal du 6 février 2019, qui a été rectifié le 18 juin suivant, serait irrégulier au motif qu'il aurait été réalisé en dehors de sa présence en méconnaissance de l'article L. 461-2 du code de l'urbanisme et dressé par une personne dont la qualité d'agent verbalisateur ne serait pas établie, ce moyen doit être rejeté dès lors qu'un tel procès-verbal constitue un acte de procédure pénale dont la régularité ne peut être appréciée que par les juridictions judiciaires.
6. En troisième lieu, trois motifs de non-conformité des travaux entrepris, au regard du permis de construire délivré et de trois articles du règlement du plan local d'urbanisme communal, motivent l'arrêté interruptif de travaux attaqué. Si M. A soutient avoir déposé une demande, datée du 29 août 2019, de permis de construire modificatif en vue de régulariser les points reprochés, cette circonstance, postérieure à l'arrêté en litige, est sans incidence sur sa légalité, qui s'apprécie à la date d'édiction de l'arrêté. En tout état de cause, il ressort des écritures non contredites du préfet de Bouches-du-Rhône et de la commune de Marseille qu'aucun permis de construire modificatif n'a été délivré à M. A avant la clôture de l'instruction de la présente affaire. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté serait entaché d'erreurs de droit en raison de la délivrance d'un permis de construire modificatif ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, et par suite celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et en tout état de cause, celles visant à assortir l'annulation demandée d'obligations provisoires à enjoindre éventuellement à la commune de Marseille.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet des Bouches-du-Rhône et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 10 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- M. Peyrot, premier conseiller,
assistés de M. Alloun, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
S. Alloun
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026