mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2000135 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | VAILLANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 janvier 2020, 12 juillet et 10 septembre 2022, M. B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2019 par laquelle le maire de la commune de La Salle-les-Alpes a rejeté sa demande de certificat d'urbanisme ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de se prononcer à nouveau sur sa demande ;
3°) de condamner la commune de La Salle-les-Alpes à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- l'arrêté est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que le projet est nécessaire à son activité agricole ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- il est bien fondé à solliciter la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice professionnel.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 28 avril, 13 juin et 11 août 2023, la commune de La Salle-les-Alpes, représentée par Me Vaillant, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.
Un mémoire, enregistré le 23 septembre 2023, présenté pour la commune de La Salle-les-Alpes, n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public ;
- et les observations de Me Vaillant, représentant la commune de La Salle-les-Alpes.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé un dossier de certificat d'urbanisme opérationnel le 14 octobre 2019 auprès de la commune de La Salle-les-Alpes afin de réaliser une miellerie sur le terrain cadastré AD 95 situé lieu-dit chemin des Crozes sur le territoire de la commune. Par un arrêté du 10 décembre 2019, le maire de la commune de La Salle-les-Alpes a opposé un refus à cette demande. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision et de condamner la commune de La Salle-les-Alpes à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus () ". Selon l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de La Salle-les-Alpes : " 3 - La zone agricole, () correspondent à des secteurs de la commune à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. Y sont seules autorisées les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif et à l'exploitation agricole ". Pour vérifier que la construction ou l'installation projetée est nécessaire à une exploitation agricole, l'autorité administrative compétente doit s'assurer au préalable, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la réalité de l'exploitation agricole, au sens de ces dispositions, laquelle est caractérisée par l'exercice effectif d'une activité agricole d'une consistance suffisante.
3. Pour justifier le rejet de la demande de M. A, le maire de la commune de La Salle-les-Alpes a indiqué que le pétitionnaire n'apportait aucune précision quant aux conditions concrètes de son activité, que la construction projetée n'était pas nécessaire à une exploitation agricole et que la réalité et la consistance de l'activité d'apiculture n'étaient pas suffisamment établies. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige porte sur la construction d'une miellerie destinée au stockage de matériels, à l'extraction du miel des cadres et au conditionnement en pots, activité dont il est constant qu'elle présente le caractère d'une activité agricole, dont elle est le soutien nécessaire. Cependant, les éléments produits par M. A ne suffisent pas à établir qu'à la date de la décision attaquée, il avait la qualité d'exploitant agricole ou exerçait effectivement une activité de cette nature suffisamment consistante, alors qu'à cette date, il exerçait encore l'activité d'ingénieur conseil dont il n'a été radié que le 31 décembre 2019 et que la chambre d'agriculture des Hautes-Alpes et la direction départementale des territoires ont rendu, en septembre 2019, deux avis défavorables au projet en indiquant notamment que le pétitionnaire n'était pas répertorié comme chef d'exploitation. Si M. A soutient avoir procédé à des investissements de matériaux nécessaires à son activité, il ne le justifie pas. Les éléments produits par M. A, notamment son inscription à la Mutualité sociale agricole au 19 septembre 2018 puis au 1er janvier 2020 en tant que chef d'exploitation, la détention d'un numéro SIRET et une déclaration de détention et d'emplacements de 154 colonies d'abeilles, s'ils manifestent le projet du pétitionnaire d'exercer une activité agricole, ne sauraient suffire à démontrer, eu égard aux éléments mentionnés plus avant, que cette activité était effective et suffisamment consistante pour rendre la construction nécessaire à l'activité à la date de la décision contestée, les avis favorables des deux instances précitées étant postérieures à cette date. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le maire de la commune de La Salle-les-Alpes a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
4. En second lieu, si le requérant fait valoir que la décision attaquée constitue un abus de pouvoir, en indiquant notamment que certains services ayant émis des avis défavorables ont été " floués ", il n'apporte aucun élément crédible au soutien de cette allégation. Dès lors, le moyen tiré d'un détournement de pouvoir doit être écarté.
5. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la décision contestée, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Les conclusions aux fins d'annulation ayant été rejetées, les conclusions indemnitaires présentées par M. A, qui n'établit pas l'existence d'une faute de la commune de La Salle-les-Alpes de nature à engager sa responsabilité, doivent également, et en tout état de cause, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. L'article L. 761-1 du code de justice administrative dispose : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la commune de La Salle-les-Alpes au titre de ces dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de La Salle-les-Alpes tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de La Salle-les-Alpes.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Arniaud, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
C. Arniaud
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026