mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2001838 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | MONTHEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 février 2020, 13 novembre 2020 et 3 février 2021, M. A B, représenté par Me Montheil, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 janvier 2020 et l'arrêté du 16 janvier 2020 par lesquels la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence (MAMP) a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de la pathologie dont il souffre et l'a placé en congé de maladie ordinaire pour la période allant du 29 janvier 2019 au 17 janvier 2020 ;
2°) d'enjoindre à la MAMP, à titre principal, de reconnaitre l'imputabilité de sa maladie au service à compter du 29 janvier 2019 ou, à titre subsidiaire, de reconnaitre l'imputabilité au service de l'apparition brutale de ses troubles comme accident de service et, dans tous les cas, de lui verser les rémunérations, primes et indemnités comprises, qu'il n'a pas perçues à compter de cette date, ces sommes devant être assorties des intérêts au taux légal ;
3°) de mettre à la charge de la MAMP la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 3 janvier 2020 n'est pas motivée en droit et est insuffisamment motivée en fait en ce qu'elle ne précise pas si sa pathologie est exclue du tableau des maladies professionnelles ou si elle ne répond pas à d'autres critères permettant de la considérer comme maladie professionnelle ; la motivation par référence à l'avis de la commission de réforme est également insuffisante, dès lors que cet avis n'était pas joint à la décision en litige ;
- l'arrêté le plaçant en congé de maladie ordinaire ne mentionne pas la date à laquelle il a été édicté, ce qui implique l'impossibilité de justifier de la compétence du signataire de cet acte ; cet arrêté, qui lui a été notifié le 16 janvier 2020, ne peut s'apparenter à une décision préparatoire dépourvu de caractère exécutoire ;
- l'administration a méconnu le délai de deux mois pour se prononcer sur sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service prévu par l'article 47-5 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ; l'administration ayant mis un an avant de se prononcer sur sa demande, il doit reverser les sommes indûment perçues durant son congé de maladie ordinaire et a subi un préjudice ;
- l'administration a estimé que l'affection dont il souffre ne relève pas du tableau des maladies professionnelles sans examiner si, en dépit de ce qu'elle ne figure pas dans ce tableau, sa maladie pouvait être reconnue comme imputable au service ; dès lors, elle a méconnu les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ;
- ses conditions de travail étant en lien direct avec sa pathologie, la décision refusant de reconnaitre sa maladie comme étant imputable au service est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'administration l'a placé à tort en congé pour invalidité temporaire imputable au service alors que sa demande n'avait pas été instruite ; en tout état de cause, l'administration ne lui a pas notifié la décision le plaçant en congé pour invalidité temporaire, ni même de décision précisant le caractère " temporaire " de l'invalidité.
Par des mémoires en défense, enregistré les 9 juillet et 1er décembre 2020, la MAMP, représentée par Me Sindres, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, par une lettre du 14 septembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi, dès lors que les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 n'étaient pas applicables à la situation du requérant, dont la pathologie est apparue antérieurement à la date d'entrée en vigueur du décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale.
Une réponse à cette communication, enregistrée le 16 septembre 2022, a été présentée pour la MAMP et communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Montheil, représentant M. B et de Me Chavalarias substituant Me Sindres et représentant la MAMP.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, adjoint technique territorial principal de 1ère classe de la MAMP, exerce les fonctions d'agent de nettoiement à Plan-de-Cuques. Souffrant d'une aponévrosite plantaire bilatérale, il a été placé en congé de maladie ordinaire à compter du 29 janvier 2019. Estimant que sa pathologie était en lien avec le service, il a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service de cette maladie. Après avis défavorable de la commission de réforme lors de sa séance du 12 décembre 2019, la présidente de la métropole a, par décision du 3 janvier 2020, refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie. Par un arrêté, non daté et non signé, notifié le 16 janvier 2020, elle a placé l'intéressé en congé de maladie ordinaire pour la période allant du 29 janvier 2019 au 17 janvier 2020. Par un nouvel arrêté du 27 janvier 2020, notifié le 6 février suivant, la présidente de la MAMP a de nouveau placé Monsieur B en congé de maladie ordinaire pour la même période. Ayant perçu durant la totalité de son congé de maladie ordinaire l'intégralité de son traitement, un titre de recettes a été émis le 29 janvier 2020 pour recouvrer les sommes indûment perçues à hauteur de 8 170,61 euros. M. B demande l'annulation de la décision du 3 janvier 2020 et de l'arrêté qui lui a été notifié le 16 janvier 2020.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 3 janvier 2020 portant refus de reconnaissance de la maladie professionnelle :
2. Aux termes de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 qui a institué un " congé pour invalidité temporaire imputable au service " en insérant dans la loi du 13 juillet 1983, alors applicable, un article 21 bis : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. () / VI. - Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités du congé pour invalidité temporaire imputable au service mentionné au premier alinéa et détermine ses effets sur la situation administrative des fonctionnaires. Il fixe également les obligations auxquelles les fonctionnaires demandant le bénéfice de ce congé sont tenus de se soumettre en vue, d'une part, de l'octroi ou du maintien du congé et, d'autre part, du rétablissement de leur santé, sous peine de voir réduire ou supprimer le traitement qui leur avait été conservé ". L'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 a aussi, en conséquence de l'institution du congé pour invalidité temporaire imputable au service à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, modifié l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 applicable au litige.
3. L'application de ces dispositions résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 était manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant, notamment, les conditions de procédure applicables à l'octroi de ce nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles concernent la fonction publique territoriale, qu'à la date d'entrée en vigueur du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale, soit le 13 avril 2019, et ne s'appliquent aux situations en cours que sous réserve du respect des exigences attachées au principe de non-rétroactivité qui exclut que de nouvelles dispositions s'appliquent à des situations juridiquement constituées avant leur entrée en vigueur. Les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie a été diagnostiquée.
4. D'autre part, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 : " Le fonctionnaire en activité a droit :() 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () ".
5. Une maladie contractée par un fonctionnaire en lien direct avec l'exercice de ses fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de cette maladie doit être regardée comme imputable au service, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
6. Il ressort des pièces du dossier que la pathologie dont souffre M. B a été diagnostiquée le 29 janvier 2019. Dès lors, les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ne peuvent, en vertu des principes énoncés au point 4, s'appliquer à la situation juridique du requérant qui s'est constituée avant leur entrée en vigueur. Seules les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 étaient applicables à la situation de M. B.
7. Or, il ressort tant des termes de la décision en litige du 3 janvier 2020, qui se réfère à la reconnaissance éventuelle de la " maladie professionnelle n° 57 E bilatérale ", maladie figurant dans un tableau des maladies professionnelles tel que prévu à l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale, que des écritures en défense, que l'administration n'a entendu appliquer à la demande de l'intéressé que les critères prévus au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, lesquelles instaurent une présomption d'imputabilité au service d'une maladie désignée par un des tableaux mentionnés à l'article L. 461-1 précité ou disposent qu'à défaut de désignation de la maladie dans un tableau, il appartient au fonctionnaire d'établir que sa pathologie est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, soit un taux de 25 %. Ces critères n'étaient toutefois pas opposables à la situation de M. B, dès lors qu'aucune disposition ne rend applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale, qui demandent le bénéfice des dispositions combinées du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 et de l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite cités au point 5, les dispositions de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale instituant une présomption d'origine professionnelle pour toute maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans des conditions mentionnées à ce tableau. Dès lors que la situation du requérant était régie par les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, sa situation ne pouvait être appréciée au regard de la désignation de sa maladie dans un tableau des maladies professionnelles. A supposer même que l'administration ait également apprécié l'existence éventuelle d'un lien direct entre l'exercice des fonctions du requérant et sa pathologie, ce qui au demeurant ne ressort pas des pièces du dossier, elle indique avoir tenu compte de l'exigence supplémentaire d'un taux d'incapacité permanente de 25 % posée à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983. Ainsi, la décision litigieuse, qui a apprécié l'imputabilité de l'aponévrosite plantaire du requérant au regard des critères posés au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 et non pas au regard des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, a méconnu le champ d'application de la loi.
8. Il résulte de ce qui précède, que sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés à l'encontre de la décision du 3 janvier 2020, M. B est fondé à demander l'annulation de celle-ci.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision notifiée le 16 janvier 2020 portant placement en congé de maladie ordinaire :
9. L'arrêté du 27 janvier 2020, notifié le 6 février suivant, plaçant M. B en congé de maladie ordinaire du 29 janvier 2019 au 17 janvier 2020 doit être regardé comme s'étant substitué à l'arrêté notifié le 16 janvier 2020 qui n'était ni daté, ni signé. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté notifié le 16 janvier 2020 doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 27 janvier 2020.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 janvier 2020 portant placement en congé de maladie ordinaire :
10. En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale.
11. L'arrêté du 27 janvier 2020 plaçant M. B en congé de maladie ordinaire en l'absence de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de la décision du 3 janvier 2020 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie.
12. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés à l'encontre de cet arrêté, M. B est fondé à demander l'annulation de celui-ci.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a seulement lieu d'enjoindre à la MAMP de réexaminer la demande d'imputabilité au service de la pathologie dont souffre M. B au regard des dispositions applicables de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
14. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la MAMP la somme de 1 500 euros à verser au requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font en revanche obstacle à ce que le requérant, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la métropole la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 3 janvier 2020 et l'arrêté du 27 janvier 2020 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la MAMP de réexaminer la demande d'imputabilité au service de la pathologie de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La MAMP versera à M. B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la MAMP sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. C
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026