mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2005265 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 10eme Chambre |
| Avocat requérant | PELGRIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2020, M. A B et Mme C D, représentés par Me Pelgrin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° DP 13 028 20 B0103 du 11 juin 2020 par lequel le maire de la commune de La Ciotat s'est opposé à la déclaration préalable déposée pour la construction d'une piscine de 36 m² sur une parcelle située 407 chemin du vallon de Teisseire cadastrée section BX n° 739 et n°805 ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrête en litige doit être requalifié en une décision de retrait de la décision de non-opposition née tacitement le 17 mai 2020 ;
- il est entaché d'une motivation erronée ;
- le projet ne méconnait pas les dispositions de l'article A2 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) et respecte l'article 25 de la loi du 13 octobre 2014 d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt ;
Par un mémoire enregistré le 21 décembre 2023, la commune de la Ciotat, représentée par Me Singer, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée le 1er août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n°2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Houvet,
- les conclusions de Mme Noire, rapporteure publique ;
- les observations de Me Rosato pour la commune et de Me Pelgrin pour les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 11 juin 2020 le maire de la commune de La Ciotat s'est opposé à la déclaration préalable déposée pour la construction d'une piscine de 36 m². Les requérants demandent l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun est de : a) Un mois pour les déclarations préalables ; () ". Selon l'article R. 424-1 de ce code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable ; () ". L'article R. 423-19 du même code précise que " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. " et l'article R. 423-22 que : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41. ". Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire (), tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. () ". L'autorité compétente ne peut rapporter un permis de construire que s'il est illégal et si la décision de retrait est notifiée au bénéficiaire du permis avant l'expiration du délai de trois mois suivant la date à laquelle cette autorisation a été accordée.
3. D'autre part, aux termes de l'article 12 ter de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, dans sa rédaction résultant en dernier lieu de l'ordonnance du 7 mai 2020 fixant des délais particuliers applicables en matière d'urbanisme, d'aménagement et de construction pendant la période d'urgence sanitaire : " Sans préjudice de la faculté de prévoir, pour les mêmes motifs que ceux énoncés à l'article 9, une reprise des délais par décret, les délais d'instruction des demandes d'autorisation et de certificats d'urbanisme et des déclarations préalables prévus par le livre IV du code de l'urbanisme, y compris les délais impartis à l'administration pour vérifier le caractère complet d'un dossier ou pour solliciter des pièces complémentaires dans le cadre de l'instruction, ainsi que les procédures de récolement prévues à l'article L. 462-2 du même code, qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus. Ils reprennent leur cours à compter du 24 mai 2020. / Le point de départ des délais de même nature qui auraient dû commencer à courir pendant la période comprise entre le 12 mars 2020 et le 23 mai 2020 est reporté à l'achèvement de celle-ci. / () ".
4. En application des dispositions précitées, le délai d'instruction de la demande des requérants réceptionné en mairie le 17 avril 2020 a commencé à courir le 24 mai 2020 pour une durée d'un mois. Il est constant que la décision du 11 juin 2020 a été notifiée aux requérants le 18 juin 2020, pendant le délai allongé prévu par l'ordonnance du 25 mars 2020 modifiée. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision du 11 juin 2020 doit être analysée comme une décision de retrait de la décision de non-opposition née tacitement le 17 mai 2020 et le moyen tiré du défaut de mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable est inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. /Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ". Aux termes de l'article R. 424-5 de ce code : " Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée. ".
6. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le projet a pour objet la construction d'une piscine de 36 m². Cet arrêté vise le plan local d'urbanisme intercommunal approuvé le 19 décembre 2019 et les textes instaurant des délais spéciaux pendant la période du covid. Il mentionne également le classement du terrain d'assiette du projet en zone A1 du PLUi, en précisant que dans cette zone toutes les constructions sont interdites. Cette décision, qui comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement est, par suite, suffisamment motivée.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er du règlement de la zone A du PLUi, " sont interdits les constructions, les activités, usages et affectations des sols qui ne sont ni autorisés ni admis sous condition par les articles 1b et suivants ". Le tableau 1b) précise que les constructions nouvelles en zone A1 ayant pour destination l'habitation et la sous-destination logement sont interdites. En zone A1 sont admises les constructions de la sous-destination " locaux techniques et industriels des administrations publiques et assimilés " ainsi que les châssis et serres, sous conditions. L'article 2 du règlement de la zone A du PLUi, sur l'évolution des constructions existantes, de ce règlement dispose que " les travaux sur une construction existante (extension, changement de destination) créant de la surface de plancher ou de l'emprise au sol en faveur d'une destination ou sous-destination sont : autorisés lorsque cette destination ou sous-destination est autorisée par l'article 1 ; interdits lorsque cette destination ou sous-destination est interdite par l'article 1 ; ainsi : les extensions ne peuvent pas être liées à cette destination ou sous-destination () c) En A1 et nonobstant les articles 1 et 2a, sont également admises les extensions des constructions légales existantes à la date d'approbation du PLUi de la sous-destination exploitation agricole () ". Le lexique précise que les piscines attenantes/ contiguës à une construction par leur plage doivent être considérées comme des constructions annexes, que les constructions annexes ne peuvent avoir une sous-destination autre que celle de leur construction principale, et qu'un local technique n'est pas considéré comme une construction annexe. Ce lexique ajoute que l'extension d'une construction s'entend de l'agrandissement d'une construction légale qui se traduit, par exemple, par l'augmentation de l'emprise au sol (extension horizontale) et/ ou par une surélévation (extension verticale). Elle doit être contiguë, c'est-à-dire attenante, à une construction existante sur un même terrain, présenter un lien physique et fonctionnel avec la construction existante, avoir une surface de plancher et/ou une emprise au sol dont les dimensions ne dépassent pas 100 % de la surface de plancher et/ou 100 % de l'emprise au sol de la construction existante ; ou, dans le cas d'une extension limitée, les seuils définis par le règlement de la zone concernée et qui sont significativement inférieurs à 100 % de la surface de plancher et/ou à 100 % de l'emprise au sol de la construction existante.
8. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe en zone A1 du PLUi et que les requérants disposent sur le terrain d'assiette d'une maison à usage d'habitation. La piscine projetée, de 9 x 4m, devait être édifiée à quatre mètres de la maison, les deux constructions étant reliées par une terrasse. D'une part, il convient de souligner que les requérants ne sont pas exploitants agricoles et que le projet en litige n'entre pas dans l'hypothèse des locaux techniques et industriels des administrations publiques et assimilés, dérogations prévues par le point c de l'article 2 du règlement de la zone A. D'autre part, il convient de qualifier, au regard du PLUi cité au point précédent, la maison des requérants de construction existante, faisant partie de la destination habitation et de la sous-destination logement. Il s'ensuit que la piscine en litige est une construction annexe au sens de ces dispositions et du lexique, et le projet constitue une extension de la construction existante par l'édification d'une construction annexe.
9. Or selon les dispositions du PLUi applicables et précédemment citées, si l'article 2 du règlement de la zone A autorise certaines extensions sur des constructions existantes, il les interdit lorsque leur destination ou sous-destination est interdite par l'article 1, et les extensions ne peuvent pas être liées à cette destination ou sous-destination. Le tableau 1b) de l'article 1er du règlement de la zone A interdit en zone A1 la destination d'habitation et la sous-destination logement.
10. Il suit de là que le projet d'édification d'une piscine, construction annexe d'une construction existante à usage d'habitation, en zone A1 du PLUi de La Ciotat, alors que la sous-destination habitation logement est strictement interdite par le PLUi dans cette zone, méconnait les dispositions précitées. Par suite, c'est à bon droit que le maire de La Ciotat s'est opposé à la déclaration préalable des requérants et ceux-ci ne sont pas fondés à soutenir que le maire de La Ciotat aurait commis une erreur d'appréciation.
11. Enfin, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions abrogées de l'article 25 de la loi du 13 octobre 2014 pour l'avenir de l'agriculture, l'alimentation et la forêt qui a modifié les dispositions de l'article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme. Ce moyen doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants une somme de 500 euros à verser à la commune de La Ciotat sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que la commune de La Ciotat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse aux requérants la somme demandée par eux au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. B et Mme D verseront à la commune de La Ciotat une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de La Ciotat et à M. A B et Mme C D.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Pecchioli, président,
- M. Juste, premier conseiller,
- Mme Houvet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
La rapporteure,
signé
A. HOUVETLe président,
signé
J-L PECCHIOLI
Le greffier,
signé
F. BENMOUSSA
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
N°2005265
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026