jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006429 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP PIETRA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 25 août 2020, 12 décembre 2021 et 20 avril 2022, M. A F et Mme D B, représentés par Me Lê, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2020 par lequel le maire de Peypin a accordé à la société civile immobilière (SCI) Le Puits de l'Etoile un permis de construire neuf maisons individuelles mitoyennes, sur une parcelle cadastrée 73 AZ 120 située 2 chemin du Puits Armand ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Peypin la somme de 2 000 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir contre le permis de construire contesté ;
- le mémoire en défense de la commune est irrecevable dès lors qu'il n'est pas démontré que le maire a bien reçu délégation du conseil municipal pour défendre en justice au nom de la commune ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles R. 431-7, R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que la notice et les documents graphiques du dossier de demande de permis ne permettent pas au service instructeur d'apprécier l'importance du projet et son insertion dans son environnement ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, le SDIS ayant donné son avis en l'état d'un dossier incomplet ;
- elle méconnaît les dispositions des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme, le projet empiétant sur les servitudes de passage permettant la desserte de leur propre maison et l'accès aux emplacements de stationnement prévus étant insuffisant pour les engins de secours ; l'aire de retournement projeté est irréalisable ; le terrain d'assiette se situe en zone d'aléa fort de la carte des aléas des feux de forêts des Bouches-du-Rhône ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors qu'en raison de son importance et son aspect extérieur, le projet porte atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 15 septembre 2021 et 14 mars 2022, la commune de Peypin, représentée par Me Nouis dans le dernier état de ses écritures, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, les requérants ne justifiant pas d'un intérêt à agir au sens des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- le maire a bien reçu délégation du conseil municipal pour défendre la commune en justice ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 juin 2022, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Par une lettre du 26 septembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, que le tribunal pourrait juger que les moyens tirés, d'une part, de la méconnaissance de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, le service départemental d'incendie et de secours ayant rendu son avis sur un dossier de demande de permis de construire incomplet et, d'autre part, de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, le permis de construire ne prévoyant pas une accessibilité et une aire de retournement adaptées aux engins de secours sont fondés, d'estimer que ces illégalités sont susceptibles d'être régularisées et, en conséquence, de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai qu'il aura fixé pour cette régularisation.
En réponse à la lettre d'information relative à l'emploi éventuel de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, des observations présentées pour la SCI Le Puits de l'Etoile ont été enregistrées le 29 septembre 2022, et pour la commune de Peypin le 3 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
- les observations de Me Lê pour les requérants et de Me Dioum pour la commune de Peypin.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 25 juin 2020, le maire de Peypin a délivré à la société civile immobilière (SCI) Le Puits de l'Etoile un permis de construire portant sur la réalisation de neuf maisons individuelles mitoyennes, sur une parcelle cadastrée 73 AZ 120 située 2 chemin du Puits Armand. Par leur requête, M. F et Mme B, voisins immédiats du projet, en demandent l'annulation.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Les requérants, qui sont propriétaires de la parcelle AZ 121 jouxtant le terrain d'assiette du projet litigieux, doivent être regardés comme des voisins immédiats. Ils font notamment état de l'atteinte portée par le projet en litige à l'accessibilité à leur propre parcelle. En outre, le projet prévoit la construction de neufs maisons individuelles mitoyennes pour une surface de plancher de 580 m² implantées en limite parcellaire en vis-à-vis de leur propre maison d'habitation non encore édifiée à la date du permis en litige, mais autorisée par un permis de construire délivré le 20 décembre 2019. Dans ces conditions, et alors que l'atteinte portée à leurs conditions de jouissance de leur propriété, notamment à leur vue, à leur tranquillité et à l'accessibilité de leur terrain n'est pas sérieusement contestée, la commune de Peypin n'est pas fondée à soutenir que les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir.
Sur la recevabilité des conclusions en défense de la commune de Peypin :
5. L'article L. 1222-22 du code général des collectivités territoriales dispose que : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : ()16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal. () ". Contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, la commune justifie que, par une délibération du 10 juillet 2020, le conseil municipal a délégué au maire la défense de la commune dans les actions intentées contre elle, en application des dispositions précitées. Le moyen tiré de ce que les mémoires en défense ne seraient pas recevables doit dès lors être écarté.
Sur les conclusions en annulation :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévues par les lois ou règlements en vigueur. "
7. Les requérants soutiennent que la demande de permis de construire, déposée le 16 janvier 2020, a été complétée le 15 mai 2020, postérieurement à l'avis assorti de prescriptions émis le 19 février 2020 par le service départemental d'incendie et de secours (SDIS). Il ressort des pièces du dossier que les pièces complémentaires ainsi produites par le pétitionnaire, concernaient, d'une part, une modification de plusieurs pages du formulaire Cerfa de demande de permis, notamment celle portant sur la note descriptive du projet ainsi que celle concernant les places de stationnement et, d'autre part, la production pour la première fois du plan de masse relatif aux places de stationnement et au local destiné aux motos et aux vélos, situés sous les maisons projetées, au niveau du terrain naturel de la parcelle, en contre-bas du chemin du Puits Armand. Si la commune fait valoir que ces pièces complémentaires n'apparaissent pas avoir été de nature à influer sur l'avis du SDIS, il est constant que sans ces nouvelles pièces, le service ne pouvait utilement apprécier les conditions d'accessibilité des véhicules au niveau du parking ouvert situé sous les maisons ainsi que les modalités de stationnement et de retournement au sein dudit parking. Dans ces conditions, et eu égard au nombre de places de stationnement projetées, soit 20, et à l'importance des précisions apportées au projet par les pièces complémentaires produites le 15 mai 2020, le maire de Peypin, qui ne pouvait se contenter de reproduire in extenso les prescriptions données par le SDIS dans son avis du 19 février 2020, aurait dû procéder à une nouvelle consultation de ce service afin de s'assurer de l'accessibilité des engins de secours et des modalités de défense et de lutte contre l'incendie s'agissant tant de l'immeuble projeté que des constructions voisines. Par suite, eu égard à la nature et à l'importance de la construction, l'avis du SDIS, doit être regardé comme ayant été émis dans des conditions irrégulières, au vu d'un dossier incomplet. Cette carence est de nature à avoir exercé une influence sur le sens de la décision en litige, l'autorité compétente n'ayant pas disposé des éléments nécessaires pour se prononcer en connaissance de cause. Il en résulte que les requérants sont fondés à soutenir que le permis de construire attaqué a été délivré au regard d'un avis du SDIS irrégulièrement donné.
8. En deuxième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 () ". Aux termes de l'article R. 431-7 de ce code : " Sont joints à la demande de permis de construire : / () / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 de ce code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en
compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles,
notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
10. Si les requérants soutiennent que les pièces du dossier de permis de construire déposé par la SCI Le Puits de l'Etoile ne font pas apparaître leur propre maison individuelle pourtant située immédiatement au droit de la construction projetée, il ne ressort pas des pièces du dossier que la maison de M. F et Mme B, autorisée par un permis de construire délivré le 20 décembre 2019, était déjà construite à la date du dépôt du permis de construire en litige, ni même à la date de la production des pièces complémentaires le 15 mai 2020. Dans ces conditions, il ne peut être reproché au pétitionnaire de ne pas l'avoir fait apparaître dans les photographies d'insertion du projet dans son environnement. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Les risques d'atteinte à la sécurité publique visés par ce texte sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers. En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
12. Si le permis de construire est délivré sous réserve du droit des tiers, il appartient néanmoins à l'autorité compétente et au juge de s'assurer que les caractéristiques physiques d'une voie d'accès sont suffisantes pour permettre l'intervention des engins de secours, que ce soit au projet en cause ou, en raison notamment des modifications apportées par le projet à cette voie, aux autres habitations desservies. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles AZ 121 appartenant à M. E, AZ 122 appartenant à M. F et Mme B et AZ 120 appartenant à la SCI Le Puits de l'Etoile sont toutes trois accessibles depuis l'ancien chemin du Puits Armand par une servitude de passage réciproque grevant les trois fonds et permettant de desservir, dans des conditions de sécurité satisfaisantes, chaque terrain, et notamment celui enclavé des requérants, ainsi que de préserver à la terminaison de cet accès, une aire de retournement, à cheval sur les parcelles 120 et 122. Or, il ressort des documents graphiques que le projet empiète intégralement sur son côté Nord-Est sur la servitude de passage grevant la parcelle du pétitionnaire, de telle sorte que l'accès des requérants à leur propre maison d'habitation ne présente plus qu'une largeur utile de 2,5 mètres et que l'aire de retournement n'offre plus les caractéristiques nécessaires, notamment pour les engins de secours et de lutte contre l'incendie. Si la commune fait valoir que le projet n'empiète pas sur ladite servitude, dès lors que l'espace de stationnement situé sous les neuf maisons mitoyennes ne sera pas clos, mais ouvert sur la parcelle des requérants, une telle allégation n'est pas corroborée par les pièces du dossier, et alors au demeurant que ce parking situé sous les maisons présente une hauteur de seulement 2,25 mètres, inadaptée aux engins de secours. Enfin, le maire de Peypin avait nécessairement connaissance des conséquences que le projet aurait sur l'accessibilité à la parcelle enclavée des requérants, auxquels il avait délivré un permis de construire le 20 décembre 2019, qui faisait état de ladite servitude de passage. Dans ces conditions, M. F et Mme B sont fondés à soutenir qu'en délivrant le permis de construire attaqué, le maire de Peypin a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme, au regard des risques engendrés par l'opération projetée sur les conditions d'occupation de leur bien.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, applicable au projet en litige faute pour le terrain d'assiette d'être couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. ". Il résulte de ces dispositions que les conditions de desserte d'un projet de construction doivent être appréciées, d'une part, au regard de l'importance de ce dernier, de sa destination ou des aménagements envisagés, mais aussi, d'autre part, au regard des risques que présentent les accès pour la sécurité des usagers des voies publiques ou des personnes qui les utilisent, compte tenu notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de la densité du trafic.
14. Il ressort des pièces du dossier et des données du site Géoportail, accessible tant au juge qu'aux parties, que l'ancien chemin du Puits Armand présente une largeur suffisante d'environ 4 mètres. Aucun élément du dossier ne permet d'estimer que les caractéristiques de cette voie rectiligne, qui offre une visibilité satisfaisante aux usagers, ne garantiront pas une desserte suffisante du projet par les véhicules de secours et de lutte contre l'incendie. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que les conditions d'accès et de desserte du projet sur la voie publique créeraient des dangers pour les usagers en méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, utilement invocable en l'absence de plan local d'urbanisme opposable : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales.".
16. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants ou à un paysage urbain de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du secteur sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce secteur. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité des permis de construire délivrés, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés à l'article R. 111-27 cité ci-dessus.
17. Il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies aériennes produites au débat que le quartier du Puits Armand dans lequel s'insère le projet se caractérise par un habitat pavillonnaire, composé pour l'essentiel de maisons individuelles, mais aussi de plusieurs bâtiments collectifs de réalisation récente. Le site d'implantation ne présente pas d'intérêt architectural particulier et ne bénéficie pas de protection particulière. Le projet en litige de neufs maisons mitoyennes de petite surface ne présente pas des dimensions ou des caractéristiques disproportionnées au regard du bâti existant. Enfin, la circonstance que le projet aura, en raison de sa proximité immédiate, un impact sur les conditions de jouissance par les requérants de leur propre bien situé en vis-à-vis, ne suffit pas à démontrer une méconnaissance des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
18. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
19. Les vices dont le présent jugement reconnaît qu'ils entachent d'illégalité le permis de construire en litige, relatif à la méconnaissance des dispositions de l'article R.123-50 du code de l'urbanisme et de l'article R. 111-2 du même code, apparaissent susceptibles de faire l'objet d'un permis de construire de régularisation, sans apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et d'impartir à la commune de Peypin et à la SCI Le Puits de l'Etoile un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement afin de produire la mesure de régularisation nécessaire.
D É C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la SCI Le Puits de l'Etoile et à la commune de Peypin pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant les vices mentionnés aux points 12 et 17 du présent jugement.
Article 2 : Tous droits et moyens sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A F et Mme D B, à la SCI Le Puits de l'Etoile et à la commune de Peypin.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Peyrot, premier conseiller,
Assistés de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
P. C
La présidente,
signé
I. HogedezLe greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026