vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006897 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2020, M. E D, représenté par la SELARL Sammartano, agissant par Me Sammartano, demande au Tribunal :
1°) de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 8 712,40 euros, en réparation des préjudices subis à la suite de l'accident sur la voie publique dont il a été victime le 11 octobre 2017 ;
2°) de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il était usager de la voie publique et a chuté en raison de la présence de blocs de ciment sur la chaussée ;
- la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence sur le fondement du défaut d'entretien normal de la voie publique est établie ;
- il est fondé à obtenir l'indemnisation de ses préjudices à hauteur de la somme de 8 712,40 euros, déduction faite de la somme de 1 000 euros accordée à titre de provision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2021, la métropole d'Aix-Marseille-Provence, représentée par la SELARL Abeille et Associés, agissant par Me Pontier, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que l'indemnité demandée soit ramenée à la somme de 4 641,50 euros et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la matérialité des faits n'est pas établie ;
- le défaut d'entretien normal n'est pas démontré ;
- le requérant a commis une faute d'imprudence ;
- dans l'hypothèse où celui-ci aurait droit à être indemnisé, le montant de l'indemnité devra être ramené à la somme totale de 4 641,50 euros.
Par une ordonnance du 8 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 août 2021.
Vu le mémoire, enregistré le 22 août 2022, produit après la clôture d'instruction présenté par la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 1900920 du 16 octobre 2019 du juge des référés du Tribunal ;
- l'ordonnance du 10 mars 2020, par laquelle le juge des référés du Tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par le docteur F.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- les observations de Me Pontier pour la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. M. E D, né le 4 juin 1978, expose avoir été victime, le 11 octobre 2017, d'un accident sur la voie publique alors qu'il circulait en scooter au niveau du numéro 434 avenue du Prado à Marseille, en raison de blocs de ciment répandus sur la chaussée. Un rapport d'expertise médicale a été établi le 28 janvier 2020 en exécution d'une ordonnance du juge des référés du Tribunal du 16 octobre 2019. M. D a présenté, par lettre du 3 mars 2020, une demande d'indemnisation des préjudices résultant de cet accident, qui a été implicitement rejetée par la métropole d'Aix-Marseille-Provence. M. D demande au Tribunal de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence à l'indemniser de ses préjudices à hauteur de la somme totale de 8 712,40 euros.
Sur la responsabilité :
2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Dans une telle hypothèse, le maître de l'ouvrage ne peut s'exonérer de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant la preuve que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction, notamment du témoignage de M. C, motocycliste présent au moment de l'accident et qui s'est arrêté pour porter secours à M. D, que l'accident de scooter dont a été victime le requérant le 11 octobre 2017 à 21 heures 40, au niveau du numéro 434 avenue du Prado à Marseille, est dû à la présence de plusieurs blocs de béton fragmentés répandus sur la chaussée. Le requérant produit des photographies des lieux, prises le jour de l'accident, montrant que ces blocs de béton, dont certains apparaissent volumineux, se sont désolidarisés du séparateur de voies conçu pour délimiter le couloir de bus. Le requérant ainsi que M. C, dont le caractère probant du témoignage n'est pas sérieusement remis en cause, précisent qu'ils ont déplacé les obstacles sur le côté de la chaussée afin de sécuriser la voie de circulation. Ces éléments sont corroborés par le constat d'huissier du 18 octobre 2017, indiquant toujours à cette date la présence de huit morceaux de ciment détachés du séparateur de voies. Ainsi, la présence particulièrement dangereuse de ces obstacles au milieu de la voie de circulation urbaine doit être regardée comme excédant les caractéristiques des dangers que les usagers des deux roues doivent s'attendre à rencontrer sur la voie publique et contre lesquels ils doivent se prémunir en prenant les précautions nécessaires. La métropole d'Aix-Marseille-Provence n'apporte aucun élément de nature à démontrer que la portion de cette avenue aurait fait l'objet de la part de ses services d'une surveillance récente et adaptée à sa fréquentation. Par suite, l'accident dont a été victime M. D est imputable à un défaut d'entretien normal de la voie publique de nature à engager la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
4. La métropole d'Aix-Marseille-Provence fait valoir que M. D a commis une faute de nature à l'exonérer en faisant preuve d'un défaut de vigilance. Toutefois, il ne résulte d'aucun élément de l'instruction que l'intéressé aurait roulé à une vitesse excessive et inadaptée. En outre, l'accident est survenu de nuit, à 21 heures 40, ce qui induit, en dépit de la présence de poteaux d'éclairage, une visibilité moindre. Enfin, si le requérant réside à proximité de l'avenue du Prado, il ne résulte pas de l'instruction qu'il avait connaissance de la présence sur la chaussée de ces obstacles non signalés. Par suite, la métropole d'Aix-Marseille-Provence n'est pas fondée à faire valoir qu'une faute de M. D pourrait l'exonérer, même partiellement, de sa responsabilité.
Sur les préjudices :
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'une somme de 340 euros a été laissée à la charge de M. D par son assureur au titre de la franchise contractuelle concernant le préjudice matériel resté à sa charge. Par suite, il y a lieu de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence à verser à M. D la somme de 340 euros au titre de ce chef de préjudice.
6. En deuxième lieu, M. D demande à être indemnisé d'une somme de 450 euros au titre des frais d'assistance à expertise. Le requérant justifie, par la production d'une facture du docteur A complétée par un courrier de son assureur du 4 février 2020, avoir engagé une somme de 450 euros à titre d'assistance à expertise, dont l'utilité n'est pas contestée. Le requérant est par suite fondé à demander à être indemnisé à hauteur de cette somme.
7. En troisième lieu, M. D se prévaut d'une perte de gains professionnels actuels qu'il évalue à la somme de 427,40 euros. Toutefois, il résulte de l'instruction que le requérant a perçu 121,02 euros d'indemnités journalières, qui doivent être déduites de la perte de ses revenus dès lors qu'elles ont la qualité de revenus de remplacement. Par suite, il sera alloué au requérant la somme de 306,38 euros au titre de ce préjudice.
8. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. D, dont l'état a été considéré par l'expert comme étant consolidé au 11 avril 2018, a connu, du fait de l'accident dont il a été victime, des périodes de déficit fonctionnel temporaire partiel de 25 % du 12 octobre 2017 au 27 octobre 2017 et de 10 % du 28 octobre 2017 au 11 avril 2018, date de consolidation de son état de santé. Par conséquent, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à la somme de 263 euros.
9. En cinquième lieu, selon le rapport d'expertise, les souffrances endurées par M. D doivent être évaluées à 2 sur une échelle allant de 1 à 7. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à 1 600 euros.
10. En dernier lieu, il résulte du rapport d'expertise que le déficit fonctionnel permanent de M. D a été évalué à 2 %. Compte tenu de ce taux et de l'âge de l'intéressé à la date de consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à la somme de 2 200 euros.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la métropole d'Aix-Marseille-Provence doit être condamnée à verser à M. D la somme totale de 4 159,38 euros, déduction faite de la somme de 1 000 euros accordée à titre de provision par ordonnance du juge des référés du Tribunal en date du 16 octobre 2019.
Sur la déclaration de jugement commun :
12. La caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, agissant pour la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, mise en cause, a informé le Tribunal qu'elle n'entendait pas intervenir à l'instance. Il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur les frais d'expertise :
13. Il y a lieu de mettre à la charge définitive de la métropole d'Aix-Marseille-Provence les frais et honoraires de l'expertise du Dr F, liquidés et taxés à la somme de 600 euros toutes taxes comprises par ordonnance du juge des référés du Tribunal du 10 mars 2020.
Sur les frais du litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. D, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la métropole d'Aix-Marseille-Provence demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La métropole d'Aix-Marseille-Provence est condamnée à verser à M. D une somme de 4 159,38 euros, déduction faite de la somme de 1 000 euros accordée à titre de provision par ordonnance du juge des référés du Tribunal en date du 16 octobre 2019.
Article 2 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme totale de 600 euros sont mis à la charge définitive de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Article 3 : La métropole d'Aix-Marseille-Provence versera à M. D une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, à la métropole d'Aix-Marseille-Provence et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.
Copie en sera adressée au docteur F, expert.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Markarian, présidente,
M. Secchi, premier conseiller,
Mme Charpy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. B
La présidente,
Signé
G. Markarian
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026