mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006980 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PELGRIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 septembre 2020 et le 24 juin 2022, M. A B, représenté par Me Pelgrin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2020 par laquelle le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a rejeté le recours gracieux tendant à ce qu'il soit procédé au réexamen de sa situation administrative pour l'accès au grade de la hors-classe et à son inscription sur la liste des enseignants proposés par le recteur pour être éventuellement inscrit au tableau d'avancement à la hors classe des professeurs de lycée professionnel ;
2°) d'annuler la liste des enseignants proposés par le recteur pour être inscrit au tableau d'avancement à la hors-classe des professeurs de lycée professionnel pour l'année 2019 ;
3°) d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de réexaminer sa situation et d'accéder à sa demande d'avancement à la hors-classe ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il se trouve dans une situation atypique préjudiciable à sa carrière du fait de l'administration, qui n'a diligenté aucune inspection académique à son égard, ni ne lui a attribué de note pédagogique durant ses cinq premières années de carrière, ou de note d'inspection pendant ses huit premières années de carrière, et sans aucune explication l'a qualifié de " satisfaisant " à l'obtention du 10ème échelon ;
- la motivation de la décision attaquée est erronée, dès lors qu'il n'a jamais eu la moindre inspection académique de toute sa carrière ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'administration ne s'est pas prononcée au vu de ses seuls mérites professionnels ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses notations et activités pédagogiques.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 18 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 8 avril 2022.
Par lettre du 22 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'appréciation portée par le recteur sur la valeur professionnelle du requérant en vue de son avancement au grade de professeur de lycée professionnel hors classe, dès lors que cette appréciation ne constitue qu'une mesure préparatoire insusceptible de recours devant le juge administratif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Pelgrin, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que M. B, professeur de lycée professionnel en fonctions au lycée Pierre Mendès-France à Vitrolles souhaitant bénéficier d'une promotion au grade " hors classe " , doit être regardé, dès lors que la décision attaquée qu'il verse n'est pas un tableau d'avancement à la " hors classe " mais la réponse du recteur de l'académie d'Aix-Marseille à son recours formé par lettre datée du 15 avril 2020, comme ayant demandé audit recteur de réviser l'appréciation " Satisfaisant " portée sur sa valeur professionnelle et maintenue au titre de l'année 2020. Le recteur a rejeté cette demande par une décision datée du 7 juillet 2020, dont M. B demande l'annulation.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne la recevabilité de la requête :
2. D'une part, aux termes de l'article 20-2 du décret susvisé du 6 novembre 1992 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel : " I. -Le recteur d'académie est l'autorité compétente pour évaluer, examiner les demandes de révision de l'appréciation finale de la valeur professionnelle, prononcer les promotions, attribuer les bonifications d'ancienneté, arrêter les tableaux d'avancement et classer :/ 1° Les professeurs de lycée professionnel affectés dans un établissement d'enseignement du second degré ;/() ". L'article 20-3 du même décret dispose : " Le professeur de lycée professionnel bénéficie de trois rendez-vous de carrière dont l'objectif est d'apprécier la valeur professionnelle de l'intéressé. Ils ont lieu lorsque au 31 août de l'année scolaire en cours :/ ()/3° Pour le troisième rendez-vous, le professeur de lycée professionnel est dans la deuxième année du 9e échelon de la classe normale ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 20-7 du même décret : " Le professeur de lycée professionnel peut saisir l'autorité compétente d'une demande de révision de l'appréciation finale de la valeur professionnelle. / L'autorité compétente dispose d'un délai de 30 jours francs pour réviser l'appréciation finale de la valeur professionnelle. L'absence de réponse équivaut à un refus de révision. / La commission administrative paritaire compétente peut, sur requête de l'intéressé et sous réserve qu'il ait au préalable exercé le recours mentionné au premier alinéa, demander à l'autorité compétente la révision de l'appréciation finale de la valeur professionnelle. La commission administrative paritaire compétente doit être saisie dans un délai de 30 jours francs suivant la réponse de l'autorité hiérarchique dans le cadre du recours. / L'autorité compétente notifie au professeur de lycée professionnel l'appréciation finale définitive de la valeur professionnelle ".
4. Il résulte des dispositions précitées, entrées en vigueur le 1er septembre 2017, que la valeur professionnelle des professeurs de lycée professionnel est appréciée lors de trois " rendez-vous de carrière " et que le dernier de ces rendez-vous a lieu lorsque l'agent se situe dans la deuxième année du 9ème échelon de la classe normale. L'appréciation finale de la valeur professionnelle est arrêtée par le recteur et figure dans un compte-rendu établi à l'issue du rendez-vous de carrière. Le cas échéant, les agents peuvent saisir le recteur, puis éventuellement la commission administrative paritaire compétente, d'une demande de révision de l'appréciation finale de leur valeur professionnelle. En tant qu'elle constitue un élément du dossier professionnel de l'agent qui est nécessairement pris en compte pour le déroulement de sa carrière, cette appréciation finale peut également être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'appréciation portée sur la valeur professionnelle de M. B :
5. Il ressort des pièces du dossier, et l'administration ne conteste pas, que M. B n'a bénéficié que de deux inspections durant toute sa carrière, entamée le 1er septembre 1999 : le rapport d'inspection de la première, effectuée le 24 mai 2007 par un inspecteur de l'éducation nationale, est très élogieux sur le travail et l'implication de l'intéressé, ainsi que celui de la seconde inspection effectuée le 6 mars 2013, en dehors de sa matière, dans le cadre d'une séance s'inscrivant dans le cadre du dispositif d'accompagnement personnalisé. Alors qu'à la date de l'appréciation contestée ne lui a été accordé aucun rendez-vous de carrière, et notamment pas le troisième, il ressort de ses notices annuelles de notation administrative que, depuis l'année scolaire 2001-2002 jusqu'à l'année scolaire 2015-2016, il a progressé tous les ans d'un demi-point, et surtout, que son appréciation littérale met constamment l'accent sur le dynamisme de l'intéressé, son investissement " largement au-delà de sa discipline pour le plus grand bien des élèves et du lycée ". Ses compétences multiples, également relevées, sont avérées notamment par son implication dans la spécialité " Cinéma et Audiovisuel ", qui l'a conduit ainsi à être chargé de mission de la délégation académique du numérique pour l'année scolaire 2018-2019 chargé de construire le site académique des options Cinéma Audiovisuel en assumant les fonctions de webmestre.
6. Il ressort également des pièces du dossier que M. B a accédé aux 7ème et 8ème échelons de son grade au " grand choix ", c'est-à-dire avec une ancienneté réduite dans l'échelon précédent, et qu'il est parvenu au 9ème échelon le 1er septembre 2014. Il n'est pas contesté par l'administration qu'en juin 2016, le recteur portait une appréciation " Excellent " sur sa valeur professionnelle, ce que corroboraient les avis très favorables du chef d'établissement et de l'inspection à l'éventuelle promotion au grade de la hors-classe de M. B. S'il ressort des pièces du dossier qu'à partir de 2018 les campagnes de promotion à l'accès à ce grade se sont inscrites dans une modification des parcours professionnels expliquée par la note de service n° 2018-024 du 19 février 2018, cette circonstance ne suffit pas à justifier que le recteur abaisse à " Satisfaisant " son appréciation sur la valeur professionnelle de M. B. Par suite, alors que l'administration ne verse rien au dossier, et notamment aucun élément de nature à expliquer pourquoi le recteur aurait, ce faisant, légalement pu se fonder sur les avis prétendument émis dans le même sens par le chef d'établissement et l'inspection de l'intéressé, M. B est fondé à soutenir qu'en portant sur sa valeur professionnelle l'appréciation finale " Satisfaisant ", le recteur a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, M. B est fondé à obtenir l'annulation de l'appréciation afférente à la campagne de promotion pour laquelle il a formellement, par sa demande en date du 15 avril 2020, demandé au recteur la révision, c'est-à-dire l'appréciation afférente à la campagne de promotion 2020.
Sur les conclusions en injonction :
7. En premier lieu, l'annulation de l'appréciation portée sur sa valeur professionnelle au titre de l'année 2020 ne saurait emporter l'annulation de la liste des enseignants proposés par le recteur pour être inscrit au tableau d'avancement à la hors-classe des professeurs de lycée professionnel pour l'année 2019. Dès lors, les conclusions en injonction à cette fin ne peuvent qu'être rejetées.
8. En deuxième lieu, il ressort des pièces versées par le requérant lui- même qu'il a été promu à la hors-classe dans le cadre de la campagne de promotion 2022. Par suite, et en tout état de cause, les conclusions du requérant tendant à ce qu'il soit enjoint au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de réexaminer sa situation et d'accéder à sa demande d'avancement à la hors-classe, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'appréciation portée sur la valeur professionnelle de M. B au titre de l'année 2020 est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- Mme Arniaud, première conseillère,
assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. HogedezLe greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026