mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2007165 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PELGRIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 21 septembre 2020 et 14 mai 2022, et un mémoire enregistré le 27 mai 2022, non communiqué, M. A B, représenté par Me Pelgrin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 août 2020 par laquelle la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence a prolongé son placement en congé de maladie ordinaire du 5 août 2020 au 31 août 2020, rémunéré à demi-traitement ;
2°) d'enjoindre à la présidente de la métropole de procéder au réexamen de sa situation à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de la métropole une somme de 2 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est irrégulière car la commission départementale de réforme n'a pas été consultée ;
- elle repose sur des motifs erronés dès lors que sa pathologie n'était pas guérie au 9 janvier 2020 et que ses arrêts de travail sont justifiés au titre de son accident de service du 18 juillet 2019 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que ses arrêts de travail sont en lien avec son accident de service ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que, au regard des éléments médicaux versés aux débats, il aurait dû être placé en congé de maladie imputable au service.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 juin 2022, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Le Chatelier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 juin 2022, la clôture de l'instruction a été reportée au 20 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Garron, rapporteur,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- les observations de Me Pelgrin, représentant M. B, et celles de Me Borga, substituant Me Le Chatelier, représentant la métropole Aix-Marseille-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, adjoint technique territorial principal de 1ère classe, occupait les fonctions de ripeur, conducteur d'engins, au sein des services de la métropole Aix-Marseille-Provence. Il a été victime d'un traumatisme à l'épaule gauche lors du déchargement d'un camion, le 18 juillet 2019, reconnu imputable au service, et a été placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 19 juillet 2019. A la suite d'expertises médicales réalisées les 28 octobre 2019 et 9 janvier 2020, la présidente de la métropole a, par une décision du 10 février 2020, fixé la date de guérison de son accident au 9 janvier 2020 et l'a informé que la reprise de son activité professionnelle serait envisagée à compter du 3 février 2020. Par une décision du 7 juillet 2020, il a été placé en congé de maladie ordinaire du 17 janvier au 26 juin 2020, congé qui a été prolongé, par une décision non datée, du 27 juin au 24 juillet 2020, puis qui a été prolongé à nouveau, par une décision du 14 août 2020, du 5 au 31 août 2020. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision du 14 août 2020.
2. D'une part, aux termes de l'article 37-6 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa rédaction alors applicable : " La commission de réforme est consultée par l'autorité territoriale : / 1° Lorsqu'une faute personnelle ou toute autre circonstance particulière est potentiellement de nature à détacher l'accident du service ; / 2° Lorsqu'un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est potentiellement de nature à détacher l'accident de trajet du service ; / () ". Aux termes de l'article 37-10 du même décret, dans sa rédaction alors applicable : " Lorsqu'un fonctionnaire est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service, l'autorité territoriale peut faire procéder à tout moment à une visite de contrôle par un médecin agréé. () / La commission de réforme compétente peut être saisie pour avis, soit par l'autorité territoriale, soit par l'intéressé, des conclusions du médecin agréé ". Il résulte de ces dispositions que la consultation de la commission départementale de réforme n'est pas obligatoire lorsque l'autorité territoriale, après avoir fait procéder à une visite de contrôle d'un fonctionnaire placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service, place l'intéressé en congé de maladie ordinaire.
3. Il ressort des pièces du dossier que, après avoir reconnu l'imputabilité au service de son accident du 18 juillet 2019, la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence a placé M. B en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 19 juillet 2019. Ayant fait procéder, à la demande du médecin agréé, à une visite de contrôle par le professeur C, le 9 janvier 2020, l'autorité territoriale a, par une décision du 7 juillet 2020, placé le requérant en congé de maladie ordinaire du 17 janvier 2020 au 26 juin 2020, congé qui a été prolongé du 27 juin au 24 juillet 2020, puis à nouveau du 5 au 31 août 2020. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de consultation préalable de la commission départementale de réforme doit être écarté.
4. D'autre part, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée, dès lors que les arrêts de travail de M. B sont postérieurs à l'entrée en vigueur de l'ordonnance du 19 janvier 2017 : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, (). / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. (). II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ".
5. Lorsque l'incapacité temporaire de travail d'un fonctionnaire est consécutive à un accident reconnu imputable au service, ce dernier conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite et bénéficie du remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par cet accident. Le droit de l'intéressé à la prise en charge, au titre de l'accident de service, des arrêts de travail et des soins postérieurs à la consolidation de son état de santé demeure toutefois subordonné à l'existence d'un lien direct entre l'affection et l'accident de service, et prend nécessairement fin à la date de guérison des troubles imputables à cet accident.
6. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 25 septembre 2019, l'autorité territoriale a reconnu comme étant imputable au service l'accident dont M. B a été victime le 18 juillet 2019. Pour prolonger le congé de maladie ordinaire du requérant du 5 au 31 août 2020 à la suite de la guérison de son accident fixée au 9 janvier 2020, l'administration s'est fondée sur l'expertise réalisée le 9 janvier 2020 par le professeur C, spécialiste en médecine physique et de réadaptation.
7. Il ressort des conclusions de l'expertise médicale du 9 janvier 2020 que " sur le plan lésionnel, [l'intéressé] présentait d'une part des tendinopathies relativement récentes, d'autre part des atteintes de calcification dégénérative antérieure bien sûr à son accident de service du 18 juillet 2019 " et " qu'il est maintenant guéri de son atteinte de tendinopathie () ". L'expert précise également que la reprise du travail est envisageable à compter du 3 février 2020 " en excluant pendant une période de deux mois des efforts importants de chargement ou déchargement ". Si M. B soutient que la consolidation de son état au 9 janvier 2020 n'implique pas la guérison de son affection, il ressort des termes clairs et précis utilisés par l'expert que celui-ci a entendu fixer au 9 janvier 2020 non la stabilisation de l'état de santé de l'intéressé mais la guérison de son atteinte de tendinopathie, laquelle était consécutive à son accident de service du 18 juillet 2019. S'il ressort de l'expertise que le requérant souffre également d'une calcification dégénérative migrant dans les tissus de son épaule gauche, ces lésions sont antérieures à son accident de service et ne présentent ainsi aucun lien direct avec cet événement. Les pièces médicales versées aux débats par M. B, notamment le certificat de son médecin traitant, le docteur D, du 24 juillet 2020 et les bilans d'imagerie médicale, qui font d'ailleurs état d'une calcification du tendon du supra-épineux, ne sont pas de nature à remettre en cause les conclusions de l'expertise du 9 janvier 2020.
8. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que les troubles de M. B postérieurs au 9 janvier 2020 doivent être regardés comme étant exclusivement imputables à un état préexistant. La circonstance que ses arrêts de travail aient été prolongés au-delà de la date de la décision attaquée, précisément jusqu'au 30 septembre 2020, n'est pas de nature à établir l'imputabilité au service de ses lésions persistantes. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en prolongeant son placement en congé de maladie ordinaire du 5 au 31 août 2020, la décision du 14 août 2020, qui ne repose pas sur des motifs erronés, serait entachée d'une erreur de droit ou d'une erreur d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence du 14 août 2020. Par voie de conséquence, les conclusions de M. B à fin d'injonction doivent également être rejetées.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B une somme à verser à la métropole Aix-Marseille-Provence au titre de ces frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
M. Garron, premier conseiller,
Mme Simeray, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
F. Garron
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
Le greffier,
signé
C. Alves
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026