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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2008457

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2008457

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2008457
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème Chambre
Avocat requérantSELARL DRAI ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 novembre 2020 et 28 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Pelgrin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2020 par lequel la commune de Salon-de-Provence a retiré l'arrêté n° 2673 du 29 novembre 2019 la plaçant en congé de maladie ordinaire à plein traitement du 29 juin 2019 au 26 septembre 2019 et à demi-traitement du 27 septembre 2019 au 30 octobre 2019 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Salon-de-Provence de procéder au réexamen de sa situation à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Salon-de-Provence la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune a commis une erreur de droit en considérant que la consolidation de son état de santé est un motif suffisant pour requalifier ses congés de maladie en lien avec l'accident de service en congé de maladie ordinaire ;

- elle a commis une erreur d'appréciation alors qu'elle-même a fourni tous les éléments nécessaires pour justifier son placement en congé de maladie imputable au service du jour de son accident le 8 novembre 2018 à sa reprise effective de fonctions le 2 juin 2020 et ne pouvait par suite être placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement du 27 septembre 2019 au 30 octobre 2019 ;

- il est inconcevable que la commune lui ait imposé de travailler alors que son état de santé ne le lui permettait pas ;

- l'administration a ignoré la gravité de sa situation notamment du point de vue financier et elle-même a été contrainte d'accepter la proposition litigieuse de se voir prélever 43 jours de son compte épargne-temps (CET) pour compenser son congé de maladie ordinaire à demi-traitement afin de percevoir immédiatement les revenus nécessaires à ses besoins quotidiens et ne pas aggraver ses problèmes pécuniaires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2022, la commune de Salon-de-Provence, représentée par Me Drai, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 7 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée à la même date en application de l'article R. 611-11-1 et du dernier alinéa de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,

- et les observations de Me Pelgrin, représentant Mme A, et de Me Bail, représentant la commune de Salon-de-Provence.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée en 2001 par la commune de Salon-de-Provence. Le 8 novembre 2018, elle a été victime d'un accident reconnu imputable au service par une décision du 3 décembre 2018. Par l'arrêté n° 2673 du 29 novembre 2019, elle a été placée en congé de maladie ordinaire à plein traitement du 29 juin 2019 au 26 septembre 2019 et à demi-traitement du 27 septembre 2019 au 30 octobre 2019. Par une lettre du 12 mars 2020, elle a accepté que l'administration remplace les jours de congé de maladie ordinaire de la période à demi-traitement par 43 jours de son CET. Par voie de conséquence, l'administration a retiré l'arrêté du 29 novembre 2019 par un arrêté du 30 juin 2020. Mme A demande au tribunal d'annuler ce dernier arrêté et d'enjoindre à la commune de procéder au réexamen de sa situation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Si Mme A soutient que l'administration lui a imposé de reprendre ses fonctions malgré son mauvais état de santé, conteste son placement en congé de maladie ordinaire du 29 juin 2019 au 30 octobre 2019 et fait valoir que la commune de Salon-de-Provence a commis une erreur de droit et d'appréciation en refusant de la placer en congé de maladie ordinaire imputable au service sur la même période, ces circonstances, à les supposer même avérées, sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté du 30 juin 2020. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que Mme A a connu des difficultés financières lors de la transformation de son congé de maladie ordinaire à plein traitement en congé de maladie ordinaire à demi-traitement à compter du 27 septembre 2019 et qu'elle s'en est ouverte à son employeur. Celui-ci a proposé de remplacer les jours correspondant à son congé de maladie ordinaire à demi-traitement par 43 jours de son CET. Si la requérante soutient qu'elle a accepté cette proposition sous la contrainte, elle ne l'établit pas. En tout état de cause, ces circonstances sont également sans incidence sur la légalité de l'arrêté du 30 juin 2020.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 juin 2020 doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

4. Le présent jugement n'appelant aucune mesure d'exécution, les conclusions présentées à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Salon-de-Provence, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Salon-de-Provence.

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rousselle, présidente,

Mme Gaspard-Truc, première conseillère,

Mme Balussou, première conseillère,

Assistées par Mme Faure, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.

La rapporteure,

Signé

E.-M. C

La présidente,

Signé

P. RousselleLa greffière,

Signé

N. Faure

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

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