mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2009467 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PELGRIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 décembre 2020 et 26 mai 2022, Mme B D, représentée par Me Pelgrin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 octobre 2020 par laquelle le maire de la commune de Marseille l'a affectée dans l'emploi de chargée de gestion en ressources humaines au sein du service des ressources partagées, à compter du 19 octobre 2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de réexaminer sa situation à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable car la décision attaquée ne constitue pas une simple mesure d'ordre intérieur mais une mutation d'office illégale ;
- cette décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle repose sur des faits matériellement inexacts et des motifs erronés ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car elle a été prise pour des raisons étrangères à l'intérêt du service ;
- elle constitue une sanction disciplinaire déguisée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit car elle est contraire au principe " non bis in idem " ;
- la sanction de la mutation d'office est manifestement disproportionnée aux faits reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2022, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que la décision contestée constitue une simple mesure d'ordre intérieur ne faisant pas grief à Mme D ;
- à titre subsidiaire, les moyens tirés de la méconnaissance du principe " non bis in idem " et de la disproportion manifeste de la mesure en litige sont inopérants ;
- à titre subsidiaire également, les autres moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Felmy, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- les observations de Me Pelgrin, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D, rédactrice principale de 2ème classe, occupait les fonctions de responsable du service de l'état civil de la mairie des 4ème et 5ème arrondissements de Marseille depuis le 1er septembre 2018. Après qu'une procédure disciplinaire a été engagée à son encontre le 4 juillet 2019 sanscependant avoir donné lieu au prononcé d'une sanction, le maire de la commune de Marseille l'a affectée sur le poste de chargée de gestion en ressources humaines au sein du service des ressources partagées à compter du 19 octobre 2020 par une décision du 5 octobre 2020 dont Mme D demande l'annulation.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 5 août 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune le 15 août 2020, M. A C, directeur général adjoint des ressources humaines, a reçu délégation du maire de la commune de Marseille à l'effet de signer notamment les arrêtés relatifs aux changements d'emploi et de service pour l'ensemble des agents de catégories B et C. Dès lors, contrairement à ce que soutient la requérante, M. C était compétent pour prendre la décision contestée du 5 octobre 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, par ailleurs et en tout état de cause suffisamment motivée, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment d'une note du 31 janvier 2020 établie par le directeur général adjoint des services de la mairie des 4ème et 5ème arrondissements, que l'affectation de Mme D à l'emploi de chargée de gestion en ressources humaines au sein du service des ressources partagées a été décidée en raison des difficultés relationnelles persistantes de l'intéressée, rencontrées tant envers sa hiérarchie qu'envers ses collaborateurs, et de son comportement managérial inapproprié à l'égard des agents du service, ayant nui au bon fonctionnement du service de l'état-civil et à l'image de la mairie de secteur. Si Mme D conteste la matérialité des faits reprochés et soutient que l'autorité territoriale aurait " inversé les rôles ", son comportement autoritaire et vexatoire est suffisamment établi par le rapport du 31 janvier 2020, corroboré par un courrier du 30 janvier 2020 émanant de cinq agents du service de l'état civil, faisant état de " conditions de travail intolérables " et envisageant de demander un changement d'affectation afin de ne plus être placés sous l'autorité de la requérante. Ni les explications fournies par Mme D, imputant le dysfonctionnement du service à un manque de personnel et au comportement de ses collaborateurs, ni les pièces produites à l'appui de celles-ci, notamment un courriel du 13 janvier 2020 et diverses attestations, ne permettent de contredire utilement les faits relevés par l'administration à son encontre. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision attaquée reposerait sur des faits matériellement inexacts et sur des motifs erronés doivent être écartés.
4. En troisième lieu, une mutation d'office revêt le caractère d'une mesure disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.
5. La requérante fait valoir que l'engagement, par un courrier du directeur général adjoint des services de la mairie de secteur du 4 juillet 2019 d'une procédure disciplinaire à son encontre pour les faits ayant donné lieu à la décision attaquée, révèle une volonté de la sanctionner. Toutefois, d'une part, il est constant que l'autorité territoriale n'a pas réservé de suite à la procédure initiée par le courrier précité, aucune sanction n'ayant été prononcée à l'encontre de l'intéressée à raison du comportement irrespectueux et inadapté qui lui était alors reproché, tant à l'endroit de sa hiérarchie que des agents de son service. D'autre part, la circonstance que Mme D a fait l'objet d'une procédure disciplinaire demeurée sans suite ne privait pas l'autorité compétente de la possibilité de prendre à son encontre une mesure de mutation d'office, dès lors qu'il est suffisamment établi, comme il a été exposé au point 3, que l'intérêt du service faisait obstacle à ce qu'elle continue à exercer ses fonctions de responsable du service de l'état-civil de la mairie des 4ème et 5ème arrondissements. Dans ces conditions, le changement d'affectation de la requérante à compter du 19 octobre 2020 était justifié par l'intérêt du service, compte tenu des difficultés relationnelles qu'elle rencontrait avec les agents et de son comportement inapproprié. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée constituerait une sanction déguisée ni qu'elle serait entachée d'une erreur d'appréciation ou de détournement de pouvoir, dans le but de l'évincer du service.
6. En quatrième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été exposé au point 5 que, la mesure de mutation d'office en litige ayant été prise dans l'intérêt du service et n'étant pas constitutive d'une sanction déguisée, Mme D ne saurait utilement se prévaloir ni de la méconnaissance du principe " non bis in idem " ni du caractère manifestement disproportionné d'une telle mesure.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Marseille, que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du maire de la commune de Marseille du 5 octobre 2020. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.
La rapporteure,
signé
E. Felmy
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026