jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2009513 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CRISANTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 7 décembre 2020 et le 23 mai 2022, Mme C B, représentée par Me Crisanti, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 décembre 2018 par laquelle le directeur de Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur a mis fin au dispositif d'aide au permis de conduire qui lui avait été accordée par décision du 3 décembre précédent ;
2°) d'enjoindre au directeur de Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur de lui allouer l'aide au permis de conduire sollicitée ;
3°) de statuer comme en matière d'aide juridictionnelle sur les dépens et l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- contrairement à ce que soutient Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur, sa requête est recevable ;
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle résulte d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2022, Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur, représenté par Me Andreani, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 novembre 2020.
Par une lettre du 30 septembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 20 décembre 2018, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux dont la requérante a eu connaissance au plus tard le 30 juillet 2019, date des échanges de courriels avec les services de Pôle emploi, présentées après l'expiration du délai raisonnable de contestation des actes administratifs (CE 13/07/2016, n° 384763 - CE 12/10/2020, n° 429185).
Des réponses ont été enregistrées, le 30 septembre 2022 pour Mme B et le 5 octobre suivant pour Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur, et n'ont pas été communiquées.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la délibération n° 2011/13 du 11 avril 2011 du conseil d'administration de Pôle emploi relative au versement d'une aide à l'obtention du permis de conduire automobile à certains demandeurs d'emploi ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Beyrend, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tosi pour Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Considérant ce qui suit :
1. Inscrite sur le fichier des demandeurs d'emplois en dernier lieu depuis le 18 janvier 2017, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 20 décembre 2018 par laquelle le directeur régional de Pôle emploi a mis fin au dispositif d'aide au permis de conduire qui lui avait été accordé par une décision du 3 décembre précédent.
Sur la recevabilité :
2. Aux termes de l'article L. 110-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérées comme des demandes au sens du présent code les demandes et les réclamations, y compris les recours gracieux ou hiérarchiques, adressées à l'administration ". Aux termes de l'article L. 112-3 du même code : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception () ". Aux termes de l'article L. 112-6 de ce code : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation () ". Aux termes de l'article L. 231-4 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / () 2° Lorsque la demande () présente le caractère () d'un recours administratif () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " () Dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, qu'en l'absence d'accusé de réception comportant les mentions des voies et délais de recours, les délais de recours contentieux contre une décision implicite de rejet ne sont, en principe, pas opposables à son destinataire et, d'autre part, qu'un recours gracieux constituant une demande, ce principe s'applique aux décisions rejetant implicitement un tel recours gracieux.
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. Les règles énoncées au point 3, relatives au délai raisonnable au-delà duquel le destinataire d'une décision ne peut exercer de recours juridictionnel sont également applicables à la contestation d'une décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur une demande présentée devant elle, lorsqu'il est établi que le demandeur a eu connaissance de la décision. Ce principe s'applique également au rejet implicite d'un recours gracieux. La preuve de la connaissance du rejet implicite d'un recours gracieux ne saurait résulter du seul écoulement du temps depuis la présentation du recours. Elle peut en revanche résulter de ce qu'il est établi, soit que l'intéressé a été clairement informé des conditions de naissance d'un refus implicite de son recours gracieux, soit que la décision prise sur ce recours a par la suite été expressément mentionnée au cours de ses échanges avec l'administration. S'il n'a pas été informé des voies et délais de recours, l'auteur du recours gracieux, dispose, pour saisir le juge, d'un délai raisonnable qui court, dans la première hypothèse, de la date de naissance de la décision implicite et, dans la seconde, de la date de l'événement établissant qu'il a eu connaissance de cette décision.
5. Mme B a formé, le 5 février 2019, contre la décision du 20 décembre 2018 par laquelle le directeur régional de Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur a mis fin au dispositif d'aide au permis de conduire automobile précédemment octroyé, un recours gracieux, qui a interrompu le délai de recours contentieux. Ce recours gracieux n'a pas fait l'objet d'un accusé de réception comportant les mentions rappelées au point 2 ci-dessus, et informant donc l'intéressée des conditions de naissance d'une décision implicite. Compte tenu de ses échanges ultérieurs avec l'administration, consistant en des échanges de courriels l'informant notamment de l'impossibilité pour Pôle emploi de prendre en charge financièrement sa formation à la conduite d'un véhicule automobile, Mme B doit être regardée comme ayant eu connaissance du rejet de son recours gracieux le 30 juillet 2019. D'une part, la saisine alors facultative du médiateur régional de Pôle emploi le 4 décembre 2019 et du défenseur des droits en mai 2020 n'a pas eu pour effet de suspendre ni d'interrompre le délai de recours. D'autre part, la requérante ne se prévaut d'aucune circonstance de nature à considérer qu'en l'espèce, un délai raisonnable d'un an aurait été insuffisant pour introduire sa requête. La demande d'aide juridictionnelle présentée le 24 août 2020 n'a pas pu davantage proroger le délai de recours. Dès lors, la requête introduite par Mme B le 7 décembre 2020, plus d'un an après la date à laquelle elle a eu connaissance du rejet de son recours gracieux, doit être rejetée comme tardive.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistés de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
A. A
Le président,
signé
J-M. LasoLe greffier,
signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026