mercredi 14 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102783 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | PELGRIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 mars 2021 et 24 mai 2023, M. B C, représenté par Me Pelgrin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de La Ciotat lui a infligé un blâme, ainsi que la décision du 29 janvier 2021 portant rejet de son recours gracieux du 12 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la commune de La Ciotat de procéder au réexamen de sa situation administrative ainsi qu'à l'effacement des conséquences que l'exécution de cette décision a pu produire, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Ciotat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions des 12 octobre 2020 et 29 janvier 2021 sont entachées d'incompétence ;
- les faits reprochés sont entachés d'une inexactitude matérielle des faits ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit ;
- la décision du 12 octobre 2020 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une rupture d'égalité de traitement entre agents publics.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2023, la commune de La Ciotat, représentée par Me Singer, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 juin 2023, la clôture d'instruction est intervenue à la même date en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Lombard substituant Me Singer, représentant la commune de La Ciotat.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, agent territorial depuis 2007 au sein des services de la commune de La Ciotat, est titulaire du grade d'adjoint technique principal de 1ère classe, affecté au service de la régie générale où il exerce les fonctions d'agent de salle. Il a fait l'objet, par arrêté du 12 octobre 2020, d'un blâme à l'encontre duquel il a formé un recours gracieux le 12 décembre 2020, rejeté par une décision du 29 janvier 2021. Le requérant demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2020 ainsi que la décision du 29 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2020/614 du 7 septembre 2020, le maire de La Ciotat a donné à Madame D A, adjointe déléguée au personnel de la commune, délégation " sous sa surveillance et sa responsabilité, dans les fonctions inhérentes à () Personnel () pour la signature des documents et pièces y afférents ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté du 12 octobre 2020 et de la décision du 29 janvier 2021 doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Toute faute commise par le fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / l'avertissement ; / le blâme ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; () Parmi les sanctions du premier groupe, seuls le blâme et l'exclusion temporaire de fonctions sont inscrits au dossier du fonctionnaire. Ils sont effacés automatiquement au bout de trois ans si aucune sanction n'est intervenue pendant cette période ".
4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
5. Pour prendre la sanction contestée de blâme à l'encontre de M. C, l'adjointe déléguée au personnel de la commune de La Ciotat s'est fondée, en particulier, sur le rapport établi par la supérieure hiérarchique du requérant à la suite d'un incident qui s'est déroulé le 28 juin 2020, relevant qu'alors que l'intéressé faisait partie de l'équipe logistique " élections ", cette supérieure hiérarchique lui a demandé de recharger le camion frigorifique après répartition des plateaux. Il est reproché à M. C de s'être alors éclipsé aux toilettes, alors que deux autres agents sur place ont répondu à cette demande. Peu de temps après, lors du retour de M. C, sa supérieure hiérarchique a émis une remarque à son encontre à propos de cette absence, ce à quoi l'intéressé a répondu " je n'ai pas entendu, je ne vous rêve pas ", puis a affirmé qu'elle " n'irait pas loin ", lui reprochant également une " ségrégation " à son égard. Si M. C conteste les faits décrits par le rapport du 28 juin 2020, il ressort des pièces du dossier que d'autres agents présents lors de cet incident ont confirmé l'exactitude matérielle des faits reprochés. Par suite, le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits doit être écarté.
6. En troisième lieu, si M. C soutient que les décisions contestées sont entachées d'une " erreur de droit ", en ce que la sanction contestée manquerait d'impartialité, de neutralité et d'objectivité en raison d'inexactitudes comprises dans ce dossier, et qu'elles n'auraient pas tenues compte des écrits de certains agents présents lors de l'incident, ce moyen n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. En quatrième lieu, ainsi qu'il ressort de ce qui a été exposé au point 5, le fait d'avoir manqué à son devoir de réserve ainsi qu'à son obligation d'obéissance hiérarchique et ce, de façon publique, constitue un manquement de nature à justifier le prononcé d'une sanction disciplinaire à l'encontre de M. C, étant précisé que le fait que sa supérieure hiérarchique ne travaille plus au sein de la mairie de La Ciotat depuis 2021 du fait de l'absence de prolongement de sa période d'essai, est sans incidence sur le prononcé de cette sanction. Par ailleurs, compte tenu de la gravité des faits reprochés au requérant et de la circonstance que celui-ci avait déjà fait l'objet, lors du premier tour des élections, d'un avertissement oral de la part de sa supérieure hiérarchique au motif qu'il ne l'écoutait pas quand elle prenait la parole, la sanction disciplinaire portant blâme à son encontre ne présente pas un caractère disproportionné. Dès lors, le moyen tiré l'erreur d'appréciation doit être écarté.
8. En dernier lieu, si M. C se prévaut, en outre, d'une rupture du principe d'égalité de traitement entre agents publics, au motif que sa supérieure hiérarchique n'a pas été sanctionnée, ce principe d'égalité entre les fonctionnaires s'applique quant au déroulement de la carrière ainsi qu'aux conditions de rémunération de ceux-ci, et non aux sanctions disciplinaires qui, par nature, sont personnelles et individuelles. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement entre agents publics doit être écarté comme inopérant.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Ciotat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant une somme à verser à la collectivité au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de La Ciotat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de La Ciotat.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2024.
La magistrate désignée,
Signé
E-M. E
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026